Déclaration à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur le partenariat franco-marocain pour la construction d'une première ligne de chemin de fer à grande vitesse au Maroc, à Rabat le 9 octobre 2017.

Texte intégral


Monsieur le Ministre, Cher Ami,
Vous avez dit l'essentiel. Je dois d'abord me réjouir de la qualité des échanges que j'ai pu avoir depuis hier soir. C'est ma première visite au Maroc en tant que ministre des affaires étrangères. C'est ma première visite en tant que ministre d'ailleurs. Vous savez, j'étais ministre de la défense et l'opportunité ne s'était pas présentée de venir ici à Rabat. Cette visite est marquée aussi par la signature de cet avenant, ce contrat global qui permet le financement de la ligne à grande vitesse (LGV). J'ai pu ce matin me rendre compte de la qualité de sa réalisation, de son avancement et le respect global de son calendrier. J'ai pu voir en hélicoptère le TGV franchir la barre des 270 km/h, ce qui en fait le train le plus rapide de toute l'Afrique.
En tout cas, cette coopération est exemplaire. Elle est exemplaire en termes de technologie, en termes de collaboration dans l'infrastructure, de partenariat entre des entreprises, de transferts de savoir-faire et j'ai pu observer avec grand intérêt la reconstruction des gares. Une ligne à grande vitesse est une ligne qui restructure en soi et j'en parle d'autant plus facilement que j'ai été jusqu'à il y a quelques mois président d'une région qui s'est dotée aussi de la dernière ligne à grande vitesse en France et qui a été inaugurée en présence du directeur de l'ONCF (Office national des chemins de fer) il y a peu de temps et qui a eu des résultats immédiats. Quand je pense à ma région, en un mois, l'augmentation de la fréquentation a été de 20% ce qui est tout à fait exceptionnel. Les traductions concrètes en termes de stimulation de transport sont immédiates et je suis sûr que lorsque cette ligne à grande vitesse sera mise en oeuvre, les résultats seront supérieurs à ce que nous imaginons. En tout cas, en ce qui concerne la région que je présidais, c'était le cas.
J'ai proposé au directeur de l'ONCF que nous puissions organiser ensuite une relation plus étroite entre les partenaires des lignes TGV, des lignes à grande vitesse, que ce soit la ligne au Maroc ou les lignes atlantiques en France, celle qui va vers la Bretagne et celle qui va vers l'Aquitaine. Cette proposition conforte en plus cette signature à laquelle nous allons procéder maintenant, qui grâce, en particulier, à l'agence française pour le développement (AFD) a permis à cet énorme chantier d'avancer, de se structurer et d'être au rendez-vous de ses engagements et de ses obligations. C'est le signe de l'excellence de notre relation, de l'exceptionnelle excellence de notre relation que l'on remercie par cet accord. Ce n'est pas seulement une relation mais une phase de relation accrue entre le Maroc et la France puisqu'après la rencontre entre Sa Majesté le Roi et le président Macron, un cycle de rendez-vous va désormais avoir lieu dans les semaines qui viennent avec la réunion de haut niveau qui se tiendra ici au mois de novembre, en présence des deux Premiers ministres. Nous sommes donc dans une relation de confiance et d'efficacité.
Q - Que pensez-vous de la LGV ?
R - Comme j'ai pu le vérifier ce matin, les essais sont concluants. C'est le fruit d'un partenariat basé sur la confiance entre le Maroc et la France, entre les entreprises marocaines et les entreprises françaises, et sur le partenariat qui repose aussi sur des financements apportés par différents acteurs français à hauteur de 50% des besoins de financement, ce qui est le signe d'une collaboration et d'une volonté d'agir en commun sur un équipement tout à fait déterminant pour l'avenir du Maroc. Je me réjouis de cette dernière signature qui met un terme à l'ensemble des financements et qui traduit bien l'esprit qui anime les relations entre nos deux pays, une relation d'exception et qui restera une relation d'exception.
Q - Cette relation d'exception pourra-t-elle bénéficier aux autres pays d'Afrique ?
R - Pour l'instant, la LGV s'arrête à Casablanca. Elle pourra peut-être aller plus loin, elle n'est pas encore achevée. À chaque jour suffit sa peine.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 16 octobre 2017