Déclaration de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations de la France avec les pays d'Amérique latine et des Caraïbes, à Paris le 29 mai 2018.

Texte intégral


Mesdames et Messieurs les Ministres,
Madame la Secrétaire exécutive,
Monsieur le Vice-président,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs, Chers amis,
Nous sommes très heureux de vous accueillir ici au Quai d'Orsay pour la cinquième édition de cette Semaine. L'ancien sénateur que je suis ne peut s'empêcher de souligner le rôle qu'eut le Sénat dans l'institution de cette Semaine, puisque tout cela est parti d'une journée toute particulière, le 31 mai 2014. De fil en aiguille, c'est devenu un véritable rendez-vous, très dense, au cours duquel nous pouvons croiser les regards et c'est heureux. Je dois dire que j'ai un attachement personnel à ce prisme latino-américain et caribéen, puisque comme vous le savez nous avons eu ici des figures comme Philippe Rossillon qui fut secrétaire général de l'Union latine, qui oeuvra des années durant pour développer la latinité en France à travers la création d'outils comme Radio Latina, le cinéma Le Latina... Nous devons creuser ce sillon.
Nous avons tant à partager, tant en commun en termes de racines. Dans le monde que nous connaissons, un monde agité, un monde de crises, nous avons tant à construire ensemble. L'idée est de consolider des liens qui sont déjà très féconds. La France regarde le continent latino-américain avec une attention, une ferveur même, toute particulière. J'ai eu l'occasion de le dire aux ambassadeurs du continent et de la Caraïbe réunis lorsqu'ils avaient tendance à me dire que la France devait se réengager. Sachez que nous avons une foi intacte dans ce lien. La France - c'est une lapalissade - est un Etat américain et caribéen par ses territoires d'outre-mer. Elle se sent donc pleinement partie-prenante de l'avenir de cette zone.
L'année qui s'annonce est une année où nous aurons beaucoup à faire. C'est une année électorale majeure tant en Europe qu'en Amérique latine - le peuple colombine s'est d'ailleurs rendu massivement et pacifiquement aux urnes il y a quelques jours, c'est un exemple de mobilisation citoyenne et j'espère qu'il sera source d'inspiration. Par ailleurs, nous avons un certain nombre de crises régionales à gérer de parts et d'autres : les crises moyen-orientales s'agissant de l'Europe, la crise vénézuélienne sur le continent américain dont l'impact menace de déstabiliser la région.
Et puis, nous avons également un combat commun, qui va être illustré cette semaine à travers la réunion ministérielle à l'OCDE, c'est la défense d'un multilatéralisme, d'instruments de régulation multilatérale, face à une remise en cause et à l'unilatéralisme de nos partenaires américains. Je crois que nous avons en commun ce souhait de la primauté du dialogue, de la coopération, de la négociation entre partenaires. Ce sera l'occasion de l'illustrer, surtout après avoir entendu le président Macri, à l'occasion de la conférence ministérielle de l'OMC, appeler à plus d'OMC, donc à plus de régulation internationale.
Aujourd'hui, vous le voyez à travers le thème qui nous réunit ce matin, le Quai d'Orsay - avec Jean-Yves Le Drian, moi-même, la direction des Amériques - nous avons innové en élargissant encore davantage l'éventail des domaines dans lesquels la Semaine a vocation à intervenir. Nous nous sommes dit que réfléchir à des thèmes comme la transition énergétique ou la ville durable avait beaucoup de sens. Tellement de sens d'ailleurs, qu'au-delà du séminaire de ce matin, j'ai vu que l'AFD et un certain nombre d'acteurs allaient continuer à y réfléchir demain. C'est l'occasion de souligner la mobilisation des acteurs français, notre recherche - CNRS, CEA, INRIA. Nous avons beaucoup à faire également pour conforter les liens de notre mobilité étudiante ; nos entreprises également sont très présentes et je salue le fédérateur, Gérard Wolf qui est ici et qui agit pour la ville durable - ce sont quasiment 8 milliards d'euros d'investissements directs étrangers sur l'ensemble de la région. Cela représente un engagement tout particulier.
Je veux vous dire aussi le voeu que je forme pour que notre relation continue à se nourrir d'événements comme celui-ci, qui permettent de renforcer le dialogue politique, d'intensifier les échanges humains.
Permettez-moi enfin d'adresser un remerciement tout spécial à celle qui fut la cheville ouvrière de cette Semaine, chère Caroline Dumas, en tant que secrétaire générale, ainsi qu'à tous les intervenants présents, à nos amis qui sont venus de loin, qui ont traversé l'Atlantique et qui aujourd'hui nous font l'honneur et l'amitié d'être là. J'insiste sur l'amitié car c'est cela, je crois, le fondement des liens entre la France, l'Europe, l'Amérique latine et la Caraïbe.
Bonne matinée de réflexion, merci à vous tous pour le regard que vous allez nous apporter. Je suis persuadé que nous allons en tirer beaucoup pour la suite. Bon travail et à bientôt.Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 11 juin 2018