Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et l'Ouzbékistan, à Paris le 20 juillet 2018.

Intervenant(s) :

Circonstance : Septième commission économique mixte avec l'Ouzbékistan, à Paris le 20 juillet 2018

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le vice-Premier Ministre,
Messieurs les Ministres,
Monsieur le Secrétaire d'Etat,
Mesdames, Messieurs,
Je voulais d'abord m'excuser, Monsieur le vice-Premier Ministre de n'avoir pu assister à vos travaux. Jean-Baptiste Lemoyne m'a représenté. Même si je n'ai malheureusement pas pu assister à vos travaux je tenais à être personnellement présent pour vous marquer l'importance que nous accordons à la relation avec l'Ouzbékistan et au-delà, avec tous partenaires d'Asie centrale.
Notre relation s'enracine dans l'Histoire puisque nos premiers échanges remontent à l'époque de Charles VI et d'Amir Timour. Il nous revient maintenant d'écrire ensemble un nouveau chapitre. Je crois que nous nous trouvons aujourd'hui dans des circonstances idéales pour y parvenir. D'abord, parce que l'Ouzbékistan s'est engagé sur une voie de progrès et de développement et joue un rôle précieux dans l'équilibre de la région.
De tous les pays de la Communauté des Etats indépendants, c'est celui qui a mis en oeuvre la vague de réformes la plus ambitieuse et la plus profonde depuis plus d'un an. Un processus d'ouverture diplomatique et économique inédit a été engagé. Avec sa politique de bon voisinage, que la France soutient pleinement, Tachkent a su créer une dynamique de coopération sans précédent qui profite à toute l'Asie centrale; sa voix sera ainsi mieux entendue sur la scène internationale et la région pourra plus facilement se positionner de manière autonome dans l'ensemble de la communauté internationale. Et, à ce titre, la politique menée par le président Mirziyoïev et le ministre Kamilov en faveur de la paix, la sécurité et la stabilité régionale, mérite d'être saluée. Leurs efforts, vos efforts ont notamment permis d'avancer dans la stabilisation de l'Afghanistan, qui est un sujet majeur pour l'ensemble de la communauté internationale. La France et l'Union européenne entendent aussi y contribuer, notamment à travers la stratégie sur la connectivité eurasiatique.
Pour reprendre les propos de Jean-Baptiste Lemoyne, vu de Paris, le moment présent semble aussi propice pour écrire une nouvelle page dans l'histoire de nos relations bilatérales. Car, sous l'impulsion d'Emmanuel Macron, la France s'est engagée dans un projet de transformation et de modernisation dans le champ de l'innovation, des nouvelles technologies, de l'attractivité de la place financière de Paris ou encore de l'excellence universitaire et scientifique. Les succès sont au rendez-vous, et je ne parle pas uniquement que de football.
Cette dynamique vertueuse permet à notre pays de répondre aux interrogations qui traversent notre continent, lançant aussi un vaste chantier de refondation de l'Union européenne.
Le contexte est favorable, enfin, car nous sommes aujourd'hui ensemble pour préparer la visite en France de votre président, M. Chavkat Mirziyoïev, à l'automne. C'est une visite que nous voulons ambitieuse. Ambitieuse, car il s'agira de la première rencontre entre deux chefs d'Etat qui croient aux réformes, et qui sont engagés chacun à leur manière dans la transformation de leur pays. Ambitieuse aussi, car cette visite doit donner l'impulsion politique requise pour que nos échanges dans le domaine économique soient à la hauteur de la relation de confiance qui existe entre nos deux pays. À cet égard, Monsieur le vice-Premier Ministre, je tiens à saluer votre implication personnelle dans la préparation de cette visite.
Nous avons sur la table de nombreux projets, dans tous les secteurs stratégiques de l'économie que vous avez évoqués avec Jean-Baptiste Lemoyne. Ils exigent encore du travail pour pouvoir être adoptés lors de la visite du président Mirziyoïev. Les autorités françaises vous ont remis une liste de projets prioritaires à lui soumettre. Nous comptons sur votre soutien, Monsieur le vice-Premier Ministre, pour progresser vers la signature des contrats évoqués aujourd'hui. Votre Premier ministre, M. Aripov, souhaite que nos échanges prennent une nouvelle dimension. C'est un objectif ambitieux que nous partageons.
Tous les projets discutés aujourd'hui sont importants. Je ferai une attention particulière à la coopération spatiale, puisque je sais, Monsieur le vice-Premier Ministre, que vous êtes président du groupe de travail sur la stratégie spatiale de votre pays. Et c'est un enjeu d'une importance singulière qui répond à un impératif de souveraineté nationale. Nous sommes aujourd'hui l'un des seuls pays au monde à pouvoir offrir un partenariat spatial global, qui comprend toutes les dimensions : la recherche scientifique, l'industrialisation, mais aussi la coopération entre secteurs public et privé pour l'organisation d'une filière intégrée, sa régulation et la formation. Sachez que nous sommes prêts à vous accompagner dans le cadre de votre réflexion stratégique sur l'espace.
Vous l'aurez compris, Monsieur le vice-Premier Ministre, je souhaite vivement que la France devienne un partenaire de premier plan en Ouzbékistan. Pour y parvenir, je sais que les administrations, les entreprises ici présentes, que je salue, ne ménagent pas leurs efforts. Permettez-moi de conclure en vous disant de nouveau la détermination qui est la mienne et celle de Jean-Baptiste Lemoyne, à ce que nous unissions nos forces pour faire de la visite du président Mirziyoïev à Paris la première page d'un nouveau chapitre dans l'histoire partagée de nos deux pays.
Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 juillet 2018