Texte intégral
J.-J. Bourdin : Le président de la République souhaite que l'on procède à la révision de la Constitution par la voie parlementaire.
D. Baudis : C'est la solution à la fois de la raison et de la sagesse. C'est la solution de la raison parce qu'il faut effectivement que la France, et pas simplement la France, la France étant partenaire de la Communauté dans le cadre des accords de Schengen, puisse se protéger contre une phénoménale pression migratoire et que le droit d'asile qui est sacré ne soit pas détourné de son objectif et ne devienne pas une brèche immense dans laquelle s'engouffreraient des centaines de milliers de personnes au nom du droit d'asile, mais en réalité pour des motivations de caractère simplement économique. Donc c'est la solution de raison. Il faut que la France et l'Europe se protègent. Mais c'est aussi la solution de la sagesse parce qu'il est inutile de dramatiser le débat.
J.-J. Bourdin : La cohabitation reste courtoise !
D. Baudis : Je crois que notamment sur des sujets comme celui-là, il faut trouver des solutions et ne pas chercher à exciter les passions. On peut trouver des solutions juridiques. Il fallait adapter nos textes fondamentaux, la Constitution, à des règles nouvelles qui s'inscrivent dans le cadre de l'Europe. On l'a fait déjà à plusieurs reprises il y a quelques mois à Versailles, on va le refaire. C'est le travail du Parlement.
J.-J. Bourdin : A. Juppé à la tête d'une liste RPR-UDF aux européennes, ce n'est pas tellement pour vous plaire ?
D. Baudis : Je crois qu'on aborde le problème par l'autre bout. Toute la question est d'abord de savoir quel chemin on veut suivre, l'enjeu de l'élection du mois de juin prochain. Ce qui est en cause, cela peut tenir en deux mots : c'est sauver l'Europe. Parce que l'Europe, depuis des années, paraissait comme une sorte de fait acquis, elle était naturelle comme l'air qu'on respire. On s'aperçoit que depuis l'effondrement du communisme, la guerre dans l'ex Yougoslavie, la crise, le chômage, l'Europe est secouée. Beaucoup doutent de l'Europe. Elle est attaquée, y compris en France, dans toutes les formations politiques. Et donc il faut que ceux qui croient en l'Europe, ceux qui veulent avancer vers l'union européenne sachent regrouper leurs forces.
J.-J. Bourdin : Derrière A. Juppé ?
D. Baudis : Ils doivent se rassembler, et lorsqu'ils auront pris, comme je l'espère, la décision de se rassembler, à ce moment-là il ne sera pas difficile de trouver tous ensemble le chef de file qui sera le mieux à même de se faire entendre des Français.