Déclaration de M. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, sur la reprise du processus de paix au Proche-Orient et la signature de l'accord du GATT, Paris le 16 décembre 1993.

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Circonstance : Rencontre avec M. Shimon Peres à Paris le 16 décembre 1993

Texte intégral

Le ministre : Je suis très heureux d'avoir pu revoir M. Shimon Peres, qui m'a apporté son livre. Du reste, il sait qu'il est toujours ici le bienvenu, comme un ami. On a pu faire un peu le point de la situation et j'ai dit à quel point la France était attachée à ce que le processus de paix qui a été engagé il y a quelques semaines, avant tant de courage et de lucidité, puisse reprendre.

Nous avons également évoqué nos relations bilatérales et les relations avec la Communauté. J'aurai l'occasion de faire le point plus précisément des relations entre Israël et la France lorsque je me rendrai sur place, au mois de février, puisque M. Peres a bien voulu m'inviter à y aller. Nous sommes en train de chercher une date pour ce voyage.

(…)

Question (inaudible)

Le ministre : Les discussions actuellement sur l'ensemble des sujets se passent au Caire, à Paris et puis demain à Washington. Donc, Paris joue tout son rôle dans ce processus.

Question (inaudible)

Le ministre : Oui bien sûr, c'est essentiellement à Paris d'ailleurs que se passe la discussion sur le plan économique dans le cadre des divers groupes que vous connaissez.

Question : La France souhaite le maintien du calendrier. M. Peres vient de dire qu'il y a un accord total.

Le ministre : Il y a accord pour que cela se passe le plus vite possible. Nous aurions souhaité bien entendu que les accords initialement prévus soient respectés. Cela se passe entre les négociateurs des deux parties et, je le répète, le plus tôt sera le mieux car tout enlisement, ou tout pourrissement de la situation sont des éléments très dangereux.

(…)

Question : Est-ce qu'on peut avoir une réaction sur la signature de l'accord du GATT ?

Le ministre : La Communauté a fait son unité, et on a vu à ce moment : là qu'elle savait, qu'elle pouvait peser sur la scène internationale lorsque les Douze parlent d'une seule voix, comme ils l'ont fait depuis le mois de septembre, eh bien on est obligé de nous écouter. Nous avons obtenu l'essentiel des objectifs que nous nous étions fixés, qu'il s'agisse de l'organisation mondiale du commerce, puisque désormais il y aura des règles du jeu valables pour tout le monde, qu'il s'agisse de l'accès aux marchés qui va donner des possibilités d'exportation, d'augmentation de nos parts de marchés plus importantes, qu'il s'agisse de l'audiovisuel qui ne sera pas soumis aux dispositifs habituels du GATT, qu'il s'agisse enfin de l'agriculture, où les garanties communautaires sont venues renforcer les dispositions du GATT.

Question : M. le ministre, que pensez-vous du fait que la Section 301 américaine soit maintenue ?

Le ministre : Ces législations devront être utilisées en conformité avec les règles de l'organisation mondiale du commerce, dispositions contraignantes qui ont été fixées dans l'accord d'hier. Et l'Europe (ça n'a pas été facile, je crois que c'est passé un peu inaperçu, mais la discussion a duré jusqu'à trois heures et demi) l'Europe hier s'est dotée d'instruments de politique commerciale à peu près équivalentes, devant améliorer notamment les dispositions antisubventions et anti-dumping. Il y avait quelques réticences. Il a fallu qu'on aille jusqu'au vote et la thèse de la France a obtenu largement la majorité qualifiée.