Interviews de M. Jean-Pierre Chevènement, député apparenté PS, et président du Mouvement des citoyens, le 2 août 1993, à RMC et TF1 (avec M. Nicolas Sarkozy, ministre du budget) et le 3 dans "Le Figaro", sur la crise monétaire, l'avenir du SME et la politique monétaire.

Prononcé le

Intervenant(s) : 

Circonstance : Décision, le 2 août 1993, du comité monétaire européen d'élargir les marges de fluctuation des monnaies du SME jusqu'à 15 % autour de leur taux pivot

Média : RMC - TF1 - Le Figaro

Texte intégral

RMC : 2 août 1993

P. Lapousterle : Vous venez de terminer un livre ?

J.-P. Chevènement : Qui s'appelle « Le temps des citoyens » et qui parle de tout ce que nous avons à faire ensemble.

P. Lapousterle : À 2 heures du matin, les ministres des finances des douze se sont séparés : le SME s'étire. Les marges de fluctuation ont été multipliées par sept. Le franc par rapport au mark peut maintenant fluctuer entre 2,87 et 3,88. À votre avis, cette décision va-t-elle mettre fin à la spéculation contre le franc ?

J.-P. Chevènement : Le franc a maintenant une grande flexibilité. Le SME, en réalité, a implosé. Lorsque les marges de fluctuation passent à 30 %, on ne peut plus parler de SME. Il n'y a plus de SME en dehors du noyau dur constitué par le mark et le florin. Le franc a rejoint les autres monnaies. Cette solution était rendue inévitable par la nécessité où nous sommes de baisser les taux d'intérêt. L'erreur, c'est de ne pas s'être donné plus tôt des marges de souplesse. Voilà presque 10 ans que je le dis et que je critique la politique de change fixe du franc rapport au mark. C'est une erreur collective de la quasi-totalité de notre classe politique. M. E. Balladur s'est engagé à la légère, mais il n'est pas le seul. Cette politique de « franc fort », de « désinflation compétitive », de taux de change fixe, qui a culminé dans le Traité de Maastricht, dans un univers caractérisé par la libération totale des capitaux, à laquelle on s'est résolu sans aucune précaution en 1990, ne pouvait qu'aboutir au résultat que nous voyons. Il y a une autre erreur : celle de laisser la Banque centrale indépendante. Non seulement nous n'en avons pas tiré de conséquences, mais nous l'avons rendue indépendante par une loi qui reste d'ailleurs soumise à l'avis du Conseil constitutionnel, puisque les députés de gauche ont formé un recours devant le conseil constitutionnel. J'espère que cet événement portera leçon. C'est quand même la Bundesbank qui a donné un signe jeudi dernier en ne baissant pas son taux d'escompte. À partir de là, la spéculation s'est déchaînée. 1 000 milliards de dollars s'échangent tous les jours sur les marchés des changes. En face de cela, les réserves dont disposent les Banques centrales sont peu de choses. Il fallait donc avoir le coup d'œil, apprécier cela. Le gouvernement n'a pas eu ce coup d'œil et s'est laissé pousser dans la nasse. C'est un échec retentissant pour sa politique monétaire.

P. Lapousterle : Vous dites, « le SME a implosé ». Il reste pourtant des cours pivots identiques et le principe d'intervention des Banques demeure aussi. Cela fait deux principes du SME qui restent.

J.-P. Chevènement : Le pivot reste, mais l'essieu peut flotter de 30 % : c'est un véhicule sérieusement avarié ! Si G. Sarre était là, il le ferait réformer au titre du contrôle technique des véhicules ! D'autre part, l'intervention des Banques centrales ont été toujours trop tardives ou insuffisantes à cause de la spéculation, qui est maîtresse du jeu.

P. Lapousterle : En fait, le franc a-t-il dévalué cette nuit ?

J.-P. Chevènement : Oui, puisque vous voyez que les premières cotations au marché de Tokyo font apparaître une très légère décote. On verra cela dans la journée. C'est une dévaluation qui ne dit pas son nom. Tout va être fait par la quasi-totalité du gouvernement et des responsables politiques et financiers pour dire le contraire de ce qui est. S'il y a des Français qui m'écoutent en vacances, je leur dit : regardez seulement le taux auquel vous changez vos francs, et vous saurez ce qu'est la réalité.

P. Lapousterle : Quelle est la conséquence pour la France et le franc de ce qui s'est passé cette nuit à Bruxelles ?

J.-P. Chevènement : Ce ne sont pas forcément de mauvaises conséquences. Il faudrait que le gouvernement choisisse de baisser les taux d'intérêt. La priorité doit être clairement affichée : c'est la priorité à la croissance. Il serait d'ailleurs bon qu'il y ait à l'échelle européenne une initiative de croissance et que cela soit concerté avec les Américains et les Japonais. La priorité c'est celle-là. C'est l'envers de la priorité à la lutte contre l'inflation qui a été suivie depuis 10 ans sur toute autre considération, au nom de la fixité du rapport franc-mark. Il est temps de renverser cette priorité. Le gouvernement a des marges de souplesse. On va voir s'il est capable d'en profiter.

P. Lapousterle : F. Mitterrand et E. Balladur étaient la main dans la main ?

J.-P. Chevènement : Tout à fait. La droite libérale, la gauche établie, ont cheminé de concert. C'est leur erreur commune. C'est la même logique. C'est la logique de Maastricht aujourd'hui. Tout au long des années 80 nous avons payé d'un sérieux ralentissement de notre croissance cette politique monétariste.

P. Lapousterle : Est-ce la fin du volet monétaire du Traité de Maastricht ?

J.-P. Chevènement : Je le pense. Mais il faut le temps que les responsables s'en rendent compte. Pour Bretton woods, il a fallu 10 ans pour qu'on l'abandonne. On l'a abandonné en 1973, quand Nixon a déclaré les taux de change flottants. Mais les premières crises monétaires éclatent en 61-62. Donc, il faut du temps. Je voudrais que nos responsables ne perdent pas trop de temps à regarder la réalité en face. Ce qui compte maintenant, c'est de faire baisser de manière drastique les taux d'intérêt. De relancer la machine économique, de donner la priorité à l'emploi : nous avons actuellement trois millions 185 000 chômeurs. 44 000 de plus que le mois d'avant. Ces chiffres devraient interpeller les responsables. Il faut voir les misères, le drame, les angoisses, qu'il y a derrière. Il y a une responsabilité politique. Il n'est pas vrai qu'on ait tout tenté. Depuis 10 ans, la lutte contre le chômage n'est pas la vraie priorité. Avec ce qui s'est passé, il y a la possibilité de changer de cap.

P. Lapousterle : Vous qui aimez les rapports de forces… Cette nuit, c'est la victoire de qui, et la défaite de qui ?

J.-P. Chevènement : Je n'aime pas les rapports de forces. La vie est faite de rapports de forces. Pour qui la victoire ? C'est trop tôt pour le dire. Si l'affaire est bien gérée, la France peut en tirer parti. Le gouvernement ne va pas baisser les taux tout de suite pour ne pas faire apparaître une décote du franc trop importante. Mais à terme, il devra le faire. Tout cela dépend de son « habileté ». L'Allemagne peut avoir donné le sentiment qu'en mettant bas le SME elle va échapper à cette perspective de la monnaie unique, qui ne réjouit pas vraiment l'opinion allemande. Il faut reprendre la construction européenne sur d'autres bases. Je ne crois que ce soit une défaite. Le système de Maastricht était absurde. Il ne tenait pas compte, ni de la réunification allemande, ni de la conjoncture qui s'était beaucoup dégradée. Ce schéma de monnaie unique était déjà absurde en 1992. Son absurdité a éclaté plus encore maintenant.

P. Lapousterle : Que reste-t-il de la phrase de F. Mitterrand le 14 juillet : « la parité franc-mark est une priorité absolue qui passe avant toutes les autres » ?

J.-P. Chevènement : Il n'en reste rien. La charte de la cohabitation telle que le président de la République l'avait définie est par terre. Le président de la République n'a pas raison. On ne doit pas confondre l'Europe avec un taux de change. Il faut mettre dans le dessein européen une dimension politique, humaine, économique, beaucoup plus riche.


TF1 : 2 août 1993
J.-P. Chevènement et N. Sarkozy 

D. Bromberger : Vous dénoncez une dévaluation qui ne dit pas son nom ?

J.-P. Chevènement : Oui, il faut appeler un chat un chat. Dans la réalité, le SME a implosé. À partir du moment où on tolère des marges de fluctuation de 30 %, qu'est-ce qui reste du SME ? Qu'est-ce que c'est qu'une roue fixée sur un essieu qui pourrait bouger de 30 % par rapport à son axe ? Le véhicule serait bon pour la casse. Il faut dire que le gouvernement a cherché à faire baisser les taux d'intérêt sans toucher à la parité du Franc et du Mark. Il a dû céder devant la pression de la spéculation. Et nous sommes aujourd'hui dans une situation où objectivement, le Franc ne vaut plus tout à fait ce qu'il valait hier.

D. Bromberger : Vous, adversaire du Traité de Maastricht, vous vous réjouissez de cette situation ?

J.-P. Chevènement : Je ne me réjouis pas de cela, parce que voilà 10 ans que je dis que la politique d'arrimage du Franc au Mark dans l'univers de libération des capitaux, où la spéculation est maîtresse, n'est pas une bonne chose, nous oblige à maintenir une politique d'argent cher, qui étouffe l'économie qui créé le chômage. Je trouve qu'on a attendu trop longtemps. Il est dommage qu'il ne puisse pas y avoir un débat plus sérieux sur ces questions monétaires et qu'en définitive on doive s'incliner dans une sorte de séisme devant les réalités. J'aurais aimé que ces choix politiques soient faits bien avant. Maintenant, il faut se tourner vers l'avenir. Le moment est venu pour faire baisser de manière très forte les taux d'intérêt…

D. Bromberger : Quitte à faire baisser le Franc encore ?

J.-P. Chevènement : Le gouvernement fera évidemment ce qu'il voudra mais je pense qu'il faut aller vers une forte baisse des taux d'intérêt. La rentabilité dans l'industrie, c'est 2 à 3 %. Il faut donc que les taux d'intérêt réels ne dépassent pas ce seuil si on veut voir reprendre l'activité économique, si on veut combattre efficacement le chômage : 3,185 millions de chômeurs en juin. Le moment est venu de changer de route. Naturellement, le gouvernement va essayer de couvrir sa retraite. Il va essayer de dire qu'il ne change pas sa politique. Mais je souhaite dans l'intérêt de la France qu'on rompe avec la chimère de la monnaie unique, qui est inaccessible, on vient de le voir et qu'on joue l'intérêt de la France dans l'Europe, pour construire l'Europe sur des bases sérieuses, réalistes, parce qu'il ne s'agit pas de mettre l'Europe en congé. Mais il ne faut pas confondre l'Europe avec un taux de change comme on l'a fait depuis 10 ans. C'est une erreur, je l'ai dénoncée vainement. Il faut penser à donner un contenu différent à l'Europe, penser à une Europe élargie. Le Traité de Maastricht n'a pas vu la fin du communisme, le coût de la réunification allemande, a ignoré ce qui se passait en Yougoslavie. On paye la note. Il faut penser l'Europe autrement et il faut lui donner un contenu dynamique, procéder à une initiative européenne de croissance et aller vers des politiques communes à géométrie variable. C'est le traité de Maastricht qui est à revoir. C'est d'ailleurs prévu dans le texte même du traité. Il est à renégocier.

N. Sarkozy : Je dirais à J.-P. Chevènement qu'il ne faut pas qu'il continue à se battre contre des moulins à vent. La question qui se pose n'est pas la question du Traité de Maastricht. Il pourrait y avoir entre nous un certain nombre de points communs. Quand il dit qu'il faut lutter contre le chômage, je ne suis au gouvernement que depuis 4 mois, vous y avez été depuis tant d'années qui ont conduit au 3 millions de chômeurs.

J.-P. Chevènement : Mais c'est la politique d'argent cher que vous partagez et que j'ai toujours combattu.

N. Sarkozy : Partant J.-P. Chevènement, je voudrais vous dire que le jugement très sévère que vous portez sur les dix années de gouvernement de vos amis, je le partage pleinement…

J.-P. Chevènement : Mais pour des raisons que vous partagez avec eux.

N. Sarkozy : Qu'est-ce qui reste du SME ? Nous avons élargi les bandes mais ce qui compte, c'est que nous avons gardé le principe. Pourquoi ? Parce que le Premier ministre et le gouvernement, nous avions la crainte que détruire le SME, c'était rendre impossible dans quelques mois de recréer autre chose. Et franchement, est-ce que ceux qui nous regardent peuvent penser une seconde que le monde a besoin de davantage de divisions ou davantage d'unité ? Il y a un petit îlot qui est l'Europe, où il y relativement de l'unité. Est-ce que vraiment le but des gouvernements doit être de mettre la pagaille là où l'unité et la concorde a régné pendant un grand nombre d'années. Nous n'avons pas voulu casser ce système. Nous avons voulu lui donner un certain nombre de souplesses pour qu'il résiste davantage aux attaques dont il était la victime.

J.-P. Chevènement : C'est la monnaie unique comme perspective que je critique, parce que je pense que le chemin n'est pas viable. Si vous voulez refaire ce qui a déjà échoué, vous ferez perdre encore du temps à la France. Et je souhaite vraiment, du point de vue de l'intérêt national, que vous choisissiez une autre voie, celle qui consisterait à privilégier la croissance, l'industrie et l'emploi et non plus la lutte contre l'inflation. Il n'y a plus d'inflation en France.

N. Sarkozy : Mais je n'ai jamais été un fanatique de la monnaie unique. Mais pouvez- vous considérer qu'entre ceux qui sont partisans d'une monnaie unique aujourd'hui, dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle n'est pas d'actualité, et ceux qui sont partisans du développement des égoïsmes nationaux, il y a place pour des gens tout simplement qui veulent la modération et l'équilibre en Europe ? Et je me reconnais dans ceux-là.

J.-P. Chevènement : Je ne prône pas l'égoïsme national. Je constate simplement que l'Allemagne a donné la priorité à son unification et je ne la critique pas. Pas plus que M. BALLADUR. Mais je pense que la France doit donner la priorité à sa réunification sociale, à la lutte contre le chômage. L'Europe sera une chose sérieuse quand chaque pays pourra y défendre ses intérêts légitimes. Et la France a un intérêt national légitime qui est la croissance et l'emploi.

N. Sarkozy : Puis-je vous poser une question ? Je comprends que vous disiez : on aurait dû le faire avant. Ce que je ne comprends pas, c'est que vous critiquiez ce qui a été décidé, c'est-à-dire de mettre davantage de souplesse. Pendant des années vous avez indiqué que le système était par trop rigide. Le gouvernement obtient de haute lutte, préservant ainsi les intérêts de la France, qu'on mette davantage de souplesse. On était en droit d'attendre d'un homme comme vous de dire : cela vient un peu tard mais c'est ce que je souhaitais. En foi de quoi, vous arrivez en disant : non seulement cela vient tard mais en plus je le combats. Dans des matières comme cela, vous nous aviez habitué à davantage de sens de l'intérêt national.

J.-P. Chevènement : Je n'ai rien dit de tel. J. Major a dit : le traité de Maastricht est vidé de son contenu. J'ai dit exactement la même chose. Et j'ai au contraire indiqué qu'il y avait des marges dont vous pouviez désormais profiter. Je regrette qu'un gouvernement de la gauche n'ait pas eu ces marges et n'en ait pas profité.


Le Figaro : 3 août 1993

Le Figaro : Comment analysez-vous les décisions monétaires adoptées ce week-end par les Douze ? Que reste-t-il du SME ?

Jean-Pierre Chevènement : Dans la réalité, le Système monétaire européen a été vidé de l'essentiel de son contenu. Avec des bandes de fluctuations élargies à 30 %, on ne peut plus parler d'un vrai SME. Si l'on prend les accords du Louvre, en 1987, ils avaient prévu des marges de fluctuations de 10 % entre le dollar, le yen et l'écu. Avec 30 %, nous sommes bien au-delà de ces accords, dont on connaît le sort, funeste…

Par ailleurs, on peut regretter que le deutschemark ne soit pas sorti simplement du SME, car la Bundesbank maintient et maintiendra durablement des taux d'intérêt élevés, pour des raisons qui tiennent aux coûts de sa réunification. En fait, l'issue adoptée ce week-end était rendue inévitable par la combinaison de quatre erreurs : premièrement, la fixité du lien franc-mark ; deuxièmement, la libération totale et incontrôlée des mouvements de capitaux qui a rendu la spéculation maîtresse des marchés ; troisièmement, la gestion indépendante des taux d'intérêt par les différentes banques centrales (et on s'étonnera au passage de la volonté du gouvernement de rendre la Banque de France indépendante) ; quatrièmement, la « sacralisation » de ce dispositif incohérent, à travers le traité de Maastricht et le projet d'union économique et monétaire. Quatre erreurs, ça fait beaucoup…

Le Figaro : Vous voyez dans la situation actuelle la confirmation de vos analyses ; quelles sont les mesures que vous préconisez pour l'économie française ?

J.-P. Chevènement : Il faut rompre avec la politique d'argent cher. Il faut baisser les taux d'intérêt très fortement. Il faut que les taux d'intérêt réels ne dépassent pas le taux de rentabilité d'un investissement industriel, c'est-à-dire deux à trois pour cent. Ils sont proches de zéro aux États-Unis ! La priorité doit être la croissance et la lutte contre le chômage. Il est temps d'inverser nos priorités.

Depuis dix ans, notre production industrielle a augmenté de 17 %, contre 51 % au Japon, 28 % aux États-Unis et 27 % en Allemagne ! Nous avons sacrifié notre croissance à la lutte contre l'inflation. Il est temps de revenir à l'économie réelle.

Le Figaro : Le devenir de la construction européenne peut apparaître aujourd'hui Incertain. Quelles sont vos propositions dans ce domaine ?

J.-P. Chevènement : Il faut construire une Europe réaliste. Ceux qui ont négocié Maastricht ont méconnu les difficultés de l'après-communisme, les problèmes de la réunification allemande et n'ont pas voulu voir les problèmes posés en Yougoslavie.

Aujourd'hui, il faut aller vers l'élargissement et concevoir une grande Europe, de l'Atlantique à la Russie. Premièrement, il faut abandonner le projet de monnaie unique et y substituer la perspective d'un « Bretton Woods européen », c'est-à-dire un système de parités fixes et ajustables, sur une base réaliste. Deuxièmement, i faut inventer des politiques communes à géométrie variable. Troisièmement, il faut donner un contenu réel à ce qu'on a appelé l'initiative européenne de croissance. Quatrièmement, il faut revoir le dispositif institutionnel des Communautés européennes. Le traité de Maastricht doit être renégocié, comme le prévoit d'ailleurs son texte même pour l'horizon 1996. Mais il serait sage d'anticiper et de réunir pour ce faire un conseil européen dès la rentrée.