Texte intégral
Il ne peut pas y avoir de libre échangisme commercial dans un espace mondial où les salaires varient de 1 à 10 pour un même travail et où certains pays n'ont aucune préoccupation environnementale. Or les négociations du GATT relèvent d'un libre échangisme planétaire à peine tempéré, avec toute une série de conséquences à la clé :
1. Une perte de souveraineté nationale et européenne, c'est-à-dire une moindre capacité pour les pays européens d'adapter leur politique économique et commerciale à leur situation culturelle, sociale et environnementale.
2. Une montée du chômage liée à la perte de secteurs entiers de notre production industrielle et à l'exigence de compétitivité maximale pour les entreprises, fondées sur le dumping écologique et social, sur les délocalisations.
3. La faillite de l'Afrique et de tous les pays du Sud dépourvus de technologie et de main-d'œuvre alphabétisée.
4. La disparition de nos paysans, l'entrave à un aménagement du territoire respectant les zones rurales, l'impossibilité d'une agriculture autonome et économe.
5. Une accentuation de la division internationale du travail avec pour conséquences une perte d'indépendance nationale et une aggravation de la dualisation de la société française.
Le marché mondial doit être encadré par une nouvelle Organisation du commerce international, sous l'égide de l'ONU :
– pour protéger les économies naissantes ;
– pour permettre les innovations sociales et la protection de l'environnement ;
– pour protéger les spécificités culturelles ;
– pour introduire les principes d'équité et de démocratie dans les échanges commerciaux.
C'est pourquoi nous encourageons le gouvernement à faire preuve de fermeté vis-à-vis du GATT et à s'engager résolument dans la construction de l'Europe politique, économique, sociale et environnementale capable de maîtriser ses échanges avec le reste du monde.