Texte intégral
Monsieur le Président,
La négociation de ce projet de résolution n'a pas été facile. Il ne s'agit pas en effet d'une reconduction de routine du mandat de la Forpronu : le Conseil a dû prendre en compte les préoccupations des parties et des nécessités opérationnelles nouvelles.
Lundi dernier le Conseil a entendu le président Tudjman qui a présenté une série de demandes. Le gouvernement français comprend la déception et l'impatience des autorités et de la population croate. La Forpronu est maintenant déployée depuis un an et demi et la situation politique dans les Krajina n'a guère évolué. La Croatie doit toujours faire face à la présence de nombreux réfugiés et autres personnes déplacées sur son territoire. En même temps il faut souligner que la présence de la Forpronu a permis d'empêcher la reprise des combats à grande échelle, ce qui était sa première [illisible], et ce qui n'aurait pas manqué de se produire si les casques bleus n'avaient pas été présents sur le terrain.
Monsieur le Président était-il possible au Conseil de répondre autant que possible aux demandes présentées par la Croatie sans courir le risque de promettre plus qu'il ne pouvait tenir ? C'est précisément ce que le Conseil s'est efforcé de faire. La résolution que nous venons d'adopter établit un équilibre entre les légitimes préoccupations du gouvernement croate et les moyens dont disposent le Conseil et la Forpronu.
Les autorités croates ont eu la sagesse de comprendre que l'amélioration espérée de la situation en Bosnie-Herzégovine, et l'éventuelle mise en place dans ce pays d'une opération de maintien de la paix de grande envergure auraient un impact positif sur la situation dans leur pays. Cela permettrait aussi à la communauté internationale d'avoir une approche globale des étapes nécessaires à la solution des conflits dans l'ex-Yougoslavie.
D'un point de vue opérationnel, le Secrétaire général a proposé d'étendre à la Croatie les dispositions relatives au soutien aérien rapproché s'appliquant à la Bosnie-Herzégovine. Compte tenu d'impératifs dont on nous dit qu'ils sont purement techniques, notre Conseil n'a naturellement pu prendre une décision sur ce sujet dès aujourd'hui. Nous comprenons toutefois qu'il sera en mesure d'agir en tout état de cause cette semaine et nous prenons acte à cet égard des engagements qui nous ont été donnés au Conseil par les pays amenés à mettre en œuvre avec nous cette protection.
Je vous remercie Monsieur le Président.