Texte intégral
C. Hondelatte : Qu'est-ce qui vous gêne dans le principe d'une tête de liste A. Juppé. C'est le choix de l'homme ou celui d'une tête de liste qui reviendrait au RPR ?
C. Millon : Le choix de la tête de liste ne peut être que la conclusion d'une démarche politique. Préalablement à la constitution des listes ou de la liste européennes, préalablement au choix de la tête de liste, il est nécessaire que l'on se mette d'accord sur le programme européen que l'on présentera aux Français. L'UDF a une position qui est très claire. Ses idées sont connues de tous, l'UDF va les approfondir. Elle va préparer un programme, elle mettra au point ce programme, non seulement avec ses amis de la majorité – c'est-à-dire le RPR – mais aussi avec ses partenaires européens, comme la CDU en république allemande, afin qu'il y ait un programme d'action pour les cinq prochaines années qui pourra être présenté aux Français. Si tout le monde est d'accord sur ce programme, il conviendra de discuter de la constitution de la liste et du choix de la tête de liste. C'est la raison pour laquelle ce n'est pas un jugement sur la personne, mais il nous paraît prématuré aujourd'hui de parler de telle ou telle tête de liste.
C. Hondelatte : Sur le principe d'une tête de liste RPR, vous êtes d'accord ? C'est au tour du RPR ?
C. Millon : Ne nous précipitons pas, le problème n'est pas de choisir, aujourd'hui, une tête de liste. Il est de définir un programme européen. Que voulons-nous ? renforcer les institutions européennes, un plus d'Europe, faire évoluer l'Europe politique, définir une politique étrangère, faire évoluer la politique de sécurité, voulons-nous tirer les conclusions des relatifs échecs que nous avons enregistrés durant ces années passées avec la Bosnie-Herzégovine, ou avec les fluctuations monétaires ? Il faut d'abord définir quel type d'Europe nous voulons mettre en œuvre, quelles étapes nous voulons faire passer, quel programme nous voulons présenter aux Français lors de la prochaine échéance européenne.
C. Hondelatte : M. Poniatowski disait : il nous faut une bonne locomotive.
C. Millon : A. Juppé sait très bien l'amitié qui le lie à tous les hommes politiques qui, aujourd'hui, travaillent dans la majorité. Ce n'est pas le problème de la personne. Il est nécessaire de définir, au préalable, le programme européen que nous soutiendrons.
C. Hondelatte : M. Balladur, ou son entourage, sont allés un peu vite ?
C. Millon : Aujourd'hui, il est prématuré de parler de constitution de liste, de tête de liste. Par contre, il est urgent de parler de programme à présenter aux Français lors des prochaines élections européennes.