Texte intégral
Q. : Monsieur le ministre de l'Intérieur, plus de 2,5 millions de musulmans vivent sur le territoire national et la majorité d'entre eux respectent les lois et les valeurs de la République. Pourtant se développent depuis quelques années certaines formes d'activisme islamique. Ces activités insidieuses menées par des professionnels qui se soustraient au respect des lois sont inacceptables. Ces dernières quarante-huit heures, vous avez engagé une vaste opération pour mettre un terme aux agissements de ces officines, notamment le Front islamique du salut, qui sous couvert d'associations infiltrent les quartiers paisibles pour y inciter les jeunes à la haine et au terrorisme – je l'ai vu malheureusement dans la Seine-et-Marne. Que compte faire le gouvernement pour empêcher les ennemis de la liberté de proliférer en notre sein ?
M. Pasqua : La France est un État laïc. Elle garantit le libre exercice du culte. Les Musulmans de France ou établis en France n'ont pas d'inquiétude à avoir. Ce droit leur sera garanti. Cela étant, la République ne saurait accepter que, sous couvert d'associations culturelles, se mettent en place des opérations de type subversif en vue de déstabiliser un pays voisin ou même de conduire ultérieurement des actions subversives ou terroristes en France. Deux ressortissants français ont été assassinés en Algérie, trois représentants consulaires ont été pris en otage. Les responsables de ces actions appartiennent indiscutablement à la mouvance du Front islamique du salut. Cette formation n'existe pas en France mais des associations se réclamant de cette sensibilité existent. Afin de déceler des complicités éventuelles ou des relations avec les organisations ayant conduit en Algérie des actions contraires aux intérêts de la France, des actions policières ont été engagées, sous le contrôle de la justice. Des armes, des sommes d'argent importantes, de faux papiers d'identité ont été découverts ainsi que des documents dont l'exploitation est en cours. J'ai décidé un certain nombre d'assignations à résidence. Il faut que les choses soient claires. J'ai reçu du Premier ministre mandat de veiller à la sécurité des Français. Je n'accepterai pas, le gouvernement n'acceptera pas que se développent, sous quelque couvert que ce soit, des actions subversives, et nous y mettrons un terme.