Message de M. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, lors de la réélection de M. Federico Mayor à la Direction générale de l'UNESCO, Paris le 8 novembre 1993.

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Circonstance : Réélection de M. Federico Mayor à la direction générale de l'UNESCO

Texte intégral

onsieur le directeur général,

C'est en tant que ministre des Affaires étrangères du pays hôte de votre Organisation que je veux vous exprimer le plaisir avec lequel la France accueille votre réélection à la tête de l'UNESCO, et vous en félicite.

Mon pays attache à l'UNESCO un intérêt exceptionnel. L'histoire de mon pays, celle de sa culture l'ont toujours mis au premier rang de ceux qui se battent, à travers le monde, pour que la dignité de la personne humaine et les droits de l'homme soient défendus où que ce soit et par tous les moyens. Or, l'expérience de ces dernières années nous a montré que ce sont précisément l'éducation, la science, la culture et la communication, qui, appuyant et prolongeant une politique de développement, permettent à ces droits, que nous voudrions intangibles, d'être peu à peu et davantage sauvegardés, puis affirmés.

Ainsi, l'UNESCO est-elle aujourd'hui au cœur même de toute politique susceptible de s'inscrire dans cette voie.

Quant au retour au sein de l'Organisation des pays qui l'avaient quittée, nous sommes unanimes à le souhaiter. Il vous revient légitimement, Monsieur le directeur général, de préparer ce retour et d'associer déjà, d'une manière ou d'une autre, les nouveaux venus à l'œuvre menée en commun.

Vous commencez aujourd'hui, monsieur le directeur général, un second mandat. Au cours de votre premier mandat, vous aviez mis, si j'ose dire, « de l'ordre dans la maison » : il s'agit à présent d'en préparer l'avenir. Nul ne pouvait être mieux qualifié que vous pour ce travail dont nous mesurons déjà la difficulté. Permettez-moi, d'ailleurs, de rappeler que la France a été l'un des premiers pays à vous encourager à poursuivre votre tâche et que la Communauté européenne, aujourd'hui l'Union européenne, a toute entière apporté son soutien à votre candidature.

Nous mesurons la difficulté de votre second mandat, il faudra, en effet, poursuivre l'œuvre entreprise dans le cadre, nous l'espérons, de l'universalité retrouvée. Mais il faudra également aller au-delà, dans des domaines bien précis, notamment dans le domaine de l'éducation, essentiel à tant d'égards pour l'évolution de notre planète. Il faudra également développer l'action de l'Organisation en direction de pays douloureusement frappé par des crises, tels que Haïti, certains pays d'Afrique, certains pays d'Europe orientale et, naturellement, le Moyen-Orient. Des hommes de bonne volonté, en Afrique du Sud, des Israéliens et des Palestiniens, ont su faire un immense chemin en avant. Ce sera à l'UNESCO de les aider à le poursuivre.

Monsieur le directeur général, le champ qui s'ouvre devant vous est vaste, nous le voyons tous. L'ère que nous traversons demeure une période de changement à l'échelle planétaire. Il s'agira pour vous de trouver, au cas par cas, pays par pays, et secteur d'activité par secteur d'activité, la meilleure adéquation possible entre cette étendue sans cesse en expansion de votre domaine et les évènements qui, au jour le jour, viennent en modifier toutes les données. Nous savons que vous saurez être à la hauteur de la tâche.

Aussi, après vous avoir encore une fois félicité de votre élection, permettez-moi, à titre personnel, au nom de mon pays, c'est-à-dire aussi du pays hôte de l'UNESCO, de vous souhaiter bonne chance et aussi bon courage.