Déclaration de M. Georges Marchais, secrétaire général du PCF, le 20 octobre 1993, publiée le 23 dans "l'Humanité", sur l'accord Israël-OLP et l'aide de la France à la Palestine.

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Circonstance : Rencontre entre M. Marchais Yasser Arafat, le 20 octobre 1993

Média : L'Humanité

Texte intégral

"Je viens de souhaiter la bienvenue à Yasser Arafat et de lui indiquer une nouvelle fois que la cause palestinienne est pour nous une des grandes causes humaines de ce siècle.

Nous nous sommes toujours fixé comme objectif de contribuer à créer les conditions d'une paix juste et durable au Proche-Orient. Une telle paix implique d'abord la réalisation des droits fondamentaux du peuple palestinien, en particulier son droit à un État, à la dignité et au développement. Elle implique aussi la garantie de la sécurité pour tous les pays de région, notamment Israël.

Nous apprécions l'accord israélo-palestinien récemment conclu comme une étape historique sur cette voie. Certes, nous sommes conscients des difficultés qui demeurent, des questions qui restent ouvertes, des incertitudes même mais dans le monde tel qu'il est, c'est un résultat considérable acquis grâce à la lutte du peuple palestinien et aussi grâce à la solidarité internationale et à l'aspiration grandissante à la paix en Israël même.

Maintenant, la solidarité consiste à tout faire pour que cette nouvelle étape réussisse. De ce point de vue, nous souhaitons que la France se montre à la hauteur de l'attente qui est placée en elle par le peuple palestinien. Dans les coopérations qui vont s'établir entre notre pays et la Palestine, les décisions ne doivent pas être guidées par des considérations mercantiles mais par le seul souci qui vaille, en l'occurrence: améliorer les conditions de vie de la population, développer les services de santé et d'éducation, construire des logements, des infrastructures routières et portuaires. Sans oublier ces hommes et ces femmes légitimement honorés par leur peuple et qui, nous l'espérons et nous le demandons, vont recouvrer leur liberté les prisonniers dont la pleine réinsertion dans leur société doit être favorisée par tous les moyens. Membre du Conseil de sécurité des Nations unies, la France peut en outre contribuer à une garantie internationale des accords signés afin qu'ils s'inscrivent bien dans la perspective de la pleine réalisation des droits nationaux du peuple palestinien.

Si la coopération officielle de la France est naturellement très importante, elle ne suffit pas à nos yeux. Le peuple français dans son ensemble peut apporter sa part au développement de nouvelles relations avec la société palestinienne. C'est au développement de ces relations d'individu à individu, de localité à localité, de communauté humaine à communauté humaine que nous sommes en train de travailler."