Déclaration de M. Jean Puech, ministre de l'agriculture et de la pêche, sur le rôle et l'importance du SIAL (Salon international de l'alimentation) pour l'industrie agroalimentaire, Paris le 27 septembre 1994.

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Intervenant(s) : 
  • Jean Puech - Ministre de l'agriculture et de la pêche

Circonstance : Conférence de presse pour le lancement du SIAL (Salon international de l'alimentation) à Paris le 27 septembre 1994

Texte intégral

Monsieur le Président,
Messieurs les Ambassadeurs, 
Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureux de pouvoir participer ce soir à cette manifestation de lancement de notre Salon International de l'Alimentation. Cette année marque en effet plusieurs étapes majeures dans l'histoire de ce qui est peu à peu devenu le salon mondial de l'alimentation : ce salon est celui du 30e anniversaire du SIAL ; anniversaire qui coïncide avec une évolution importante pour la société qui le gère.

En trente ans, l'agro-alimentaire s'est imposé comme l'un des secteurs industriels les plus performants de notre économie. Par l'importance de son chiffre d'affaires et ses emplois, il est même devenu la première industrie du pays. Il continue à animer nos régions rurales où il joue un rôle irremplaçable.

Il tire l'agriculture dont il transforme 70 % des produits bruts. Les évolutions de la consommation, toujours plus avide en produits élaborés, prêts à l'emploi, faisant une place croissante aux innovations de toutes natures, ne peuvent que renforcer la part des industries alimentaires dans l'ensemble de la filière qui va, selon un mot désormais bien connu, "de la fourche à la fourchette". La valeur ajoutée des industries agricoles et alimentaires a désormais dépassé celle de l'agriculture.

En trente ans, la France a conservé son statut de grande puissance agricole, mais elle a aussi acquis le rang de premier exportateur mondial de produits transformés. La puissance de l'industrie alimentaire s'exprime aussi dans le fait que, désormais, les produits alimentaires transformés apportent une puissante contribution au solde du commerce extérieur français, contribution supérieure à celle des produits de base. Les six premiers mois de 1994 confirment brillamment cette tendance : notre solde positif en produits transformés s'est accru de 20 % par rapport à l'an passé.

Ces succès reposent bien entendu sur le dynamisme des entreprises et des hommes qui les composent. De son côté, le SIAL joue un rôle considérable d'appui pour nos industries alimentaires dans leur stratégie de conquête de parts de marché il leur procure, tous les deux ans, une vitrine commerciale irremplaçable ; il met l'accent sur le caractère toujours innovant des industries alimentaires, et suscite de ce fait une émulation positive qui accroît la notoriété des entreprises ; enfin, il est au cœur de l'internationalisation du secteur, puisqu'il attire à Paris un nombre croissant d'exposants et de visiteurs étrangers venus des cinq continents.

Nous ne devons pas oublier qu'au SIAL proprement dit s'ajoutent, pendant la même semaine, trois autres salons professionnels qui se dérouleront à la porte de Versailles, axés sur les équipements et les procédés agro-alimentaires : GIA (Groupement International de l'Alimentation), MATIC et SIEL (Salon International des Équipements Laitiers).

Paris sera donc une nouvelle fois, du 23 au 27 octobre prochains, le lieu central de l'alimentation mondiale. Grâce à l'équipe du SIAL, toujours très efficacement unie autour du Président Violot, grâce au travail patient de prospection mené en concertation avec elle par les équipes de SOPEXA, du Centre Français du Commerce Extérieur et de nos attachés agricoles, grâce aussi à la mobilisation des responsables très professionnels, que je remercie et félicite tous cordialement, Villepinte accueillera certainement un nombre accru de professionnels.

Nous espérons tous que les records de 1992 (plus de cent mille visiteurs, environ 4 000 exposants) seront largement dépassés cette année, et que la place des étrangers notamment, sera accrue.

J'ai souhaité pour ma part que l'accent puisse être mis sur plusieurs points. Au moment où quatre nouveaux candidats frappent à la porte de l'Europe, j'ai voulu que les ministres de l'Agriculture de l'Autriche, de la Finlande, de la Norvège et de la Suède, puissent être associés à l'invitation que j'ai lancée à mes onze collègues du Conseil des ministres Agricole de l'Union Européenne, cordialement conviés à participer à mes côtés à l'inauguration du Salon. J'ai également souhaité que quelques-uns de mes collègues de pays tiers puissent mettre à profit cette opportunité de resserrer les liens commerciaux et amicaux que leurs pays entretiennent avec la France : c'est le cas notamment des ministres de l'Argentine, du Canada, du Chili, de la Hongrie et de la Pologne.

La diversité de ces pays est le signe que la France et l'Union Européenne, maintenant que les règles du commerce mondial sont arrêtées, entendent continuer à tenir une place active dans le domaine des échanges agricoles et alimentaires. Cette volonté rejoint le souhait récemment exprimé par la France à travers le mémorandum que j'ai déposé à Bruxelles à la mi-septembre "pour une agriculture européenne ambitieuse".

Je me réjouis aussi que ce 16ème SIAL offre prochainement l'occasion de mettre l'accent sur une des plus importantes réalités des dernières années : la part prise par les préoccupations de qualité dans l'ensemble de nos industries.

Un effort sans précédent a été accompli par nos entreprises dans le domaine de la certification des usines : l'assurance-qualité s'est très largement répandue en France, ce qui met notre pays au premier rang dans ce domaine. Le mouvement s'accroît et, contribuant à l'excellence dans la maîtrise industrielle des fabrications, joue un grand rôle dans le rayonnement commercial de nos produits. Il ne touche pas seulement les grands groupes implantés également à l'étranger mais aussi un très grand nombre de PME qui ont vu quels avantages en termes commerciaux et en termes de rentabilité elles pouvaient retirer de cet investissement. Les visiteurs du SIAL seront surpris de voir la diffusion rapide et très large des certifications d'entreprises parmi les exposants français.

L'innovation sera également à l'honneur à Villepinte, comme c'est la tradition depuis plusieurs éditions du salon. Je souhaite appeler votre attention sur le fait qu'elle non plus n'est pas l'apanage de très grandes entreprises dotées de moyens puissants. Elle est l'affaire de tous, comme le montrent les choix du jury des SIAL d'or. Dans un secteur où moins d'une entreprise sur vingt dispose de moyens propres de recherche, ceci montre la capacité d'accéder au savoir- faire technique de presque toutes les catégories d'entreprises, même petites. Le Gouvernement s'emploie à faciliter l'accès de ces entreprises à ce que j'appelle la "filière du progrès". Nous allons nous employer à accroître les retombées de la recherche fondamentale ou de la recherche appliquée sur les entreprises, bien convaincus que l'une des clés de leur compétitivité internationale tient dans leur aptitude à mettre au point des produits nouveaux toujours mieux adaptés au besoin du consommateur.

Je voudrais aussi appeler l'attention sur la place que les organisateurs du SIAL ont voulu donner à ces deux secteurs très importants et largement complémentaires que sont la restauration hors foyer et les produits alimentaires intermédiaires. Ce choix est particulièrement pertinent.

La restauration collective joue un rôle croissant dans l'évolution de l'agro-alimentaire, en raison de ses multiples facettes. La restauration hors foyer ne peut que se développer avec la modification des rythmes du travail ; ce type de restauration appelle la mise en œuvre de procédés d'assemblage qui mettent en œuvre des produits intermédiaires. Ces produits, parfois très sophistiqués, peuvent nous éloigner de l'univers agro-alimentaire traditionnel et nous rapprocher de l'industrie chimique ou des bio-technologies je pense notamment aux arômes, aux levures, aux produits sucrants, au cracking du lait, aux exhausteurs de goût. Contrairement à ce que l'on croit souvent, beaucoup de ces produits ont un caractère nature ! et le SIAL permettra de prendre conscience de leur grande étendue.

Je ne serais pas complet si je ne faisais pas allusion au rayonnement futur du SIAL ; c'est une question dont l'intérêt va très au-delà de la seule manifestation de cette année, en raison du caractère stratégique du Salon International de l'Alimentation pour l'industrie alimentaire de notre pays.

Notre monde change, et ceci se matérialise par des changements d'échelles. L'organisation des salons professionnels fait de plus en plus appel à la mise en commun des compétences qui permettent de renforcer leur capacité d'attraction sur le plan international. Les grandes fédérations professionnelles qui composaient l'actionnariat de la société SIAL ont fait cette analyse et jugé souhaitable de nouer un partenariat accru avec un grand organisateur de salons, le groupe CEP. Ce partenaire a dans le passé montré son aptitude à collaborer avec l'industrie, et notamment avec l'industrie alimentaire à travers les salons GIA, MATIC et SIEL que j'évoquais tout à l'heure. Il dispose des moyens humains et financiers propres à augmenter le rayonnement du SIAL. L'accroissement prévisible de ses implantations internationales et les efforts qui sont envisagés dans ce domaine doivent du reste renforcer l'efficacité du SIAL quant à la prospection des exposants et des visiteurs.

En parfaite association avec les organisations professionnelles et mettant à profit le savoir-faire bien connu de l'équipe du SIAL réunie par M. Violot, CEP contribuera, j'en suis certain, à ce que la renommée et l'efficacité du SIAL soient en progrès constant. Nous en espérons des retombées positives sur l'agro-alimentaire français et sur la fréquentation de Paris, dont l'attrait international ne saurait démentir.

Je souhaite en terminant que la 16e édition du SIAL connaisse le brillant succès des éditions précédentes et que se nouent à Villepinte des contacts prometteurs pour tous les exposants qui ont décidé d'y consacrer une part de leurs investissements commerciaux.

Je vous remercie de votre attention.