Lettre de M. Jack Lang, député européen PS, au journal "Le Monde" le 15 décembre 1994, publiée le 20 dans "Le Monde", sur sa carrière et son action passée comme ministre de la culture et de l'éducation nationale, en réponse à un article qualifiant son action de "politique-spectacle".

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Texte intégral

Dans un courrier en date du 15 décembre, répondant à un article paru dans Le Monde du même jour sur les divisions au sein du PS, alimentées par « l'hypothèse » de sa candidature, Jack Lang affirme « qu'à aucun moment, [il] ne s'est porté candidat à l'élection présidentielle ». Il entend surtout revenir « sur la question de fond » qui était évoquée : « la politique spectacle, dont [il] serait, avec Bernard Tapie, le champion ».

« Mes sens ont dû s'égarer, écrit l'ancien ministre de la Culture et de l'Éducation nationale. Je croyais pourtant que ma vie avait été principalement construite non par des simagrées, mais par des actions, des réalisations, des écrits, des recherches universitaires. Illusion que tout cela !

« Mes livres de droit : politique-spectacle. L'agrégation de droit : politique-spectacle. La direction de la faculté de droit de Nancy : politique-spectacle. La création sans un sou à Nancy du plus important festival mondial de théâtre : politique-spectacle.

« Nul doute que soient logés à la même enseigne de la politique spectacle les onze mois de changement à l'éducation nationale (avril 1992-mars 1993). La réforme du bac : politique-spectacle. La réforme des lycées : politique-spectacle. L'établissement de la paix scolaire : politique-spectacle. La modernisation du premier cycle universitaire : politique-spectacle. La création de dix mille postes d'enseignant : politique-spectacle.

« L'œuvre accomplie par le maire de Blois mérite la même qualification. (…). À l'évidence, on peut placer sous la même rubrique « politique-spectacle » la construction de mille deux cents bibliothèques publiques, la réalisation du Grand Louvre, la rénovation de cinq-cents musées, l'adoption de la loi sur le livre et de la loi sur les droits d'auteur, la création d'ARTE, le projet de chaîne éducative, la réforme du dépôt légal, et toutes les autres broutilles qui font que la France est citée en exemple dans les autres pays.

« Tout cela est bien triste. »