Déclaration de M. Jean-Claude Gayssot, ministre de l'équipement des transports et du logement, sur l'action de M. Claude Quin à la présidence de la RATP, Paris le 14 septembre 1998.

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Circonstance : Remise des insignes d'Officier de la Légion d'Honneur à M. Claude Quin, ancien président de la RATP

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Texte intégral

Messieurs les ministres,
Messieurs les Présidents,
Mesdames, messieurs les élus,
Mesdames, messieurs,
Mon cher Claude,


Je veux d’abord vous dire à tous, et à toi particulièrement, que c’est pour moi un vrai moment de bonheur ce partage d’honneur et de plaisir que nous allons ensemble vivre ce soir.

Bien sûr il y a aussi cette émotion que je ressens. Elle tient au titre qui t’échoie. Elle tient aussi, vous le comprendrez aux liens qui m’unissent depuis longtemps à Claude. Lorsque le Parti communiste m’a demandé il y a plus de 20 ans d’assumer des responsabilités en son sein, – je me souviendrai toujours de la réplique de Gaston Plissonnier me proposant de travailler à la section économique du Comité central et à qui je disais « que mes connaissances en ce domaine étaient de caractère syndicales », « c’est pour cela qu’on souhaite que tu viennes à la section économique » me dit-il.

Je soupçonne d’ailleurs Charles Fiterman d’y être pour quelque chose aussi.

Mais dès le début avec Paul Boccara, Philippe Herzog, Anicet Le Pors, Jean-Claude Poulain, et bien d’autres, une des premières personnes décisives avec qui j’ai eu l’occasion de travailler, de parler, qui m’a beaucoup appris : c’est Claude Quin !

On n’oublie pas ces moments de passion et de débat, de construction et de recherche.

Aujourd’hui, au travers de cet ordre prestigieux, la nation en t’élevant au grade d’officier de la Légion d’Honneur reconnaît tout particulièrement et honore des personnalités qui, quelque soit leur domaine d’activité, ont choisi de placer leur vie au service du bien commun.

Mettre ainsi en communion les choix qui constitue une vie singulière et ceux qui contribuent au bien public, déployer d’un même pas, ses engagements personnels, et chacun sait ici la force des convictions du récipiendaire et ceux qu’appellent quelques grandes valeurs universelles, c’est choisir ce qu’il y a de plus noble dans l’affirmation du progrès humain.

C’est ce choix, cet engagement notamment pour le service et le bien public, pour la justice sociale que nous avons voulu distinguer en honorant aujourd’hui Claude Quin.

Permettez-moi d’ailleurs de donner mon sentiment sur une question qui touche à la Légion d’Honneur et aux raisons qui conduisirent à la créer.

Il faut se souvenir que c’est un consul à vie, rêvant déjà de devenir empereur, qui l’institua le 29 floral de l’an X, autrement dit le 19 mai 1802. Je n’ignore pas non plus qu’il appela cette décoration « Légion d’Honneur » en référence à Montesquieu pour qui l’honneur était le principe du gouvernement monarchique en ce qu'il constitue une demande de « préférences » et de « distinctions ». Et qu’ainsi la Légion d’Honneur préluda, à l’institution de la noblesse impériale.

Mais ce n’est qu’un aspect des choses. Car dès son origine la Légion d’Honneur fut accordée – je cite les textes officiels – aux citoyens « qui par leurs talents, leur savoir, leurs vertus avaient contribué à établir ou à défendre les principes de la république ». Il y avait donc bien là une volonté républicaine et démocratique évidente.

De plus, chacun le sait bien, c’est en allant vers la mer que le fleuve est fidèle à sa source. Autrement dit : c’est en s’épanouissant dans la devise républicaine : Liberté, égalité, fraternité, que la Légion d’Honneur allait échapper à l’étroitesse de ses origines et au caractère qu’en attendait son créateur.

Pour ma part, j’aime à rappeler que quelques années auparavant, dans ce monument de volontés et d’aspirations populaires que constituent « les cahiers de doléances » de 1789, celui du Tiers-État de Paris était réclamé, je le cite « l’établissement d’une récompense honorable et civique, purement personnelle et non héréditaire, décernée sans distinction (…) aux citoyens de toutes les classes qui l’auront méritée par l’éminence de leur vertu patriotique ou l’importance de leurs services ».

Eh bien, par-delà l’enflure propre au vocabulaire de ce temps qui le rend un peu désuet, je crois qu’une telle exigence correspond tout à fait à la démarche qui nous anime aujourd’hui. Et je suis fier que ce soit un homme particulièrement attentif au peuple, au service public, à la justice, aux valeurs de l’humanisme que la Nation honore ce soir d’une de ses plus hautes distinctions.

J’y vois pour ma part la preuve que défendre ce que l’on croit juste, convaincre, par la souveraineté des arguments, avoir l’audace de mettre ses convictions à l’épreuve de la pratique concrète en sachant toutes les contradictions qui vont naître, avoir le courage d’affronter pour réussir, constituent ben le ferment toujours actuel qui doit nous stimuler à chaque heure de notre vie.

Reconnaissons que ces motivations n’ont rien de banal, quand, de toutes parts on nous dit actuellement qu’un destin aveugle et inexorable règne sur ce monde, qu’il faut se résigner à ce que l’on n’a pas voulu et que l’histoire se joue pour l’essentiel dans le dos des peuples.

Et pourtant chaque fois que la fatalité semble devoir l’emporter, l’espoir, la confiance en l’avenir de l’humanité trouvent la force et la volonté de renaître.

Ceux qui comme toi mon cher Claude ont tant agit, écris et fait écrire sur les crises financières, leurs origines, leurs dégâts, leurs possibles dénouement soit dans les désastres que paient lourdement les peuples, soit dans de nouvelles avancées de civilisation doivent, ces jours-ci, avoir quelques raisons supplémentaires de ne pas croire en cette éternité du capitalisme que certains ont voulu conjuguer avec une prétendue fin de l’histoire.

Comment dans ces conditions, ne pas retenir tout particulièrement le rôle de celles et ceux qui se sont battus et se battent pour faire prévaloir la civilité et la citoyenneté sur l’isolement et la soumission ; le droit sur la violence ; la solidarité sur la rivalité et son exaspération dans la haine ; la fraternité de la main tendue sur l’indifférence de la porte fermée ; l’épanouissement humain dans chaque individu sur l’égoïsme des inégalités.

Eh bien je crois que chacune, chacun connaît ici suffisamment Claude pour savoir que ses responsabilités et ses engagements illustrent à leur manière tout cela, et notamment ce « sens des autres », ce pari sur l'humain et sur sa capacité à l'emporter contre toutes les forces qui s'y opposent.

J’ai actuellement dans mon cabinet – très pluriel – beaucoup de personnes qui connaissent et apprécie Claude Quin. Je vois Pascal Auzannet qui approuve, il n’est pas le seul. Francis Rol-Tanguy directeur de cabinet, aussi. Je crois que vous avez fait ensemble la réforme de la carte orange.

Claire-Hélène Coux, qui est à présent à mes côtés me disait ce matin, tout le bien qu’elle pensait de la qualité des cours aux Ingénieurs de la Fonction publique d’État ou Territoriale.

Elle avait suivi en 95/96 ce mastère que tu dirigeais à l’École Nationale des Ponts et Chaussées.

Quelles que soient nos origines professionnelles ou nos convictions politiques, nous avons tous eu conscience de faire une rencontre exceptionnelle en rencontrant Claude Quin, me disait-elle.

Cette année-là, nous avons eu maintes fois l’occasion de dialoguer à bâtons rompus avec lui, ces dialogues étaient d’ailleurs des modèles du genre car il savait à la fois raconter ses expériences personnelles avec beaucoup d’humilité et faire preuve d’une écoute fine, attentive et sensible à l’égard de chacun d’entre nous.

Le sujet principal de nos discussions était le service public : sujet a priori normal quand on s’adresse à des fonctionnaires mais sujet en fait très rarement abordé au cours de leur formation. Nous avons pu ainsi débattre avec lui, et avec les intervenants de grande qualité dont il savait s’entourer, des notions d’efficacité, de rentabilité, de communication de changement et d’évolution dans le secteur public.

Parmi tous ces thèmes de discussion, nous nous souvenons en particulier des débats sur la question de savoir si les utilisateurs du service public en sont des « clients », des « bénéficiaires » ou des « usager-citoyens », avec des droits et des devoirs. Ce sont là des questions qui, au-delà de la sémantique, touchent au choix de société.

Claude Quin, ce fut pour nous ajoutait-elle un pédagogue hors pair du management public. Loin de nous présenter le service public comme un dinosaure sclérosé, il nous le décrivait comme un dispositif devant évoluer vers toujours plus d’efficacité au service de la population. Les cadres devant être les moteurs de cette évolution, il nous montrait l’intérêt du management-recettes de cuisine. Pour lui, pas de solution miracle mais la recherche d’une solution adaptée au contexte et aux hommes en place, à trouver avec ces derniers et non contre eux. Et c’est sans doute là la plus belle leçon que nous ait prodiguée Claude Quin : le respect des hommes, le dialogue à tous les niveaux hiérarchiques sans condescendance ni démagogie, pour trouver ensemble la voie du changement pour un service public plus efficace.

Chacun comprendra que j’ai pour ma part des souvenirs nombreux, croisés, avec l’activité de Claude et singulièrement durant cette période où il a exercé ses talents et ses compétences de « docteur es-sciences économiques » à la direction de la revue « Économique et politique » en même temps d’ailleurs qu’il était de 1997 à 1981 Conseiller de la Ville de Paris pour les 2e et 3e arrondissement. Je me souviens encore des débats suscités pour votre livre collectif « Changer l’économie » dans lequel avec Philippe Herzog, Anicet Le Pors, Paul Boccara, vous défendiez déjà le moteur que constitue pour la croissance la satisfaction des besoins sociaux. Et puis aussi de cette étonnante avancée, des nouveaux critères de gestion, construite avec Paul Boccara par la section économique du PCF et dont on peut dire que Claude Quin fut le premier expérimentateur, dans le contexte tourmenté de la période 1981-1986 et d’une grande entreprise comme la RATP. Je ne vais pas citer tous les ouvrages et encore moins faire un commentaire avisé sur chacun, encore que leurs titres indiquent parfois bien le cheminement de la pensée et de l’expérience. Je pense à « Mêlez-vous de vos affaires » publié en 85 ou plus récemment encore en 1995, à l’ouvrage collectif publié chez l’Harmattan « Nouvelles approches des gestions d’entreprises » coordonné par Jean-Claude Louchart avec Marcel Lepetit et Alain Dubourg.

Forcément le ministre que je suis trouve-là, dans ce que vous écrivez à propos de la RATP, comme dans la préface de Paul Boccara, votre ami en dialogue de si longue date, une mine d’informations et de réflexions infiniment précieuses pour qui veut indissociablement développer et donc transformer le service public et les entreprises publiques en ne négligeant jamais la place des hommes et des femmes qui le fait vivre.

Je voudrais maintenant évoquer votre rôle à la tête de la RATP de 1981 à 1986. Charles Fiterman, alors ministre des Transports et dont je salue la présence parmi nous, avait eu l’excellente initiative de proposer que te soit confiée cette mission ; ô combien difficile.

Il s’agissait évidemment d’une responsabilité particulièrement lourde. La RATP, avec son réseau RER, de métro et d’autobus, ses 8 millions de voyageurs quotidiens et ses 38 000 agents (36 000 à l’époque, je crois) joue un rôle vital pour la région Île-de-France. Je crois, avec le recul, que tout le monde s’accordera pour dire que vous avez réussi à faire bouger les choses dans le bon sens et qu’aujourd’hui chacun s’en souvient.

Votre travail à la RATP s’est en effet traduit par une création nette de plus de 2 000 postes de travail, une croissance de 12 % du trafic en 5 ans et une amélioration de la situation financière de l’entreprise.

En 1981, la ligne A du RER était encore toute récente puisque le tronçon central n’avait été mis en service que depuis 1977.

Et pour le RER B, vous êtes encore plus totalement impliqué dans sa réalisation puisque le tronçon Châtelet-gare du Nord a été ouvert le 10 décembre 1981 et que l’interconnexion a été amorcée en 1984 et complétée progressivement en 1985 et en 1986.

Homme de RER mais homme de métro avec plusieurs prolongements de ligne :
Homme de tramway enfin puisque c’est de cette époque que date le projet de tramway Saint-Denis - Bobigny – et dieu sait si aux côtés de Georges Valbon, de Jean-Louis Mons et Robert Clément, nous fûmes nombreux à nous battre pour sa réalisation – qui sera mis en service quelques années plus tard et connaîtra le très grand succès que nous savons tous avec un trafic dépassant nettement les prévisions initiales.

C’est avec opiniâtreté et beaucoup d’efficacité que tu as défendu le tramway. Il le fallait car cette option était loin d’être acquise. Pourtant les résultats l’on bien montré : c’était le bon choix. Moins coûteux, non polluant, le tramway permet également une requalification urbaine. Ses atouts sont considérables et je pense que pour les prochains contrats de plan, ce sont 40 à 60 kms de tramway qui seront réalisés. Cher Claude, ta contribution pour le renouveau du tramway Île-de-France aura été d’une grande utilité, d’une grande lucidité, et n’a pas fini de marquer le présent et l’avenir.

Simultanément à la réalisation de ces investissements, un plan commercial était lancé pour développer le service public des transports collectifs. Dans le plan d’entreprise 1983 – 1987, vous définissiez deux priorités d’action : la reconquête de la banlieue et la recherche de services nouveaux pour ce plan commercial. Ces objectifs étaient les bons, vous savez qu’ils sont encore aujourd’hui d’actualité.

Vous aviez de même prévu dès cette époque un programme concernant l’accueil, l’information et la sécurité des voyageurs. C’est de 1982 que datent les premiers agents chargés spécifiquement de l’accueil des usagers. Ces ambitions nous paraissent aujourd’hui naturelles même si nous savons, ce n’est pas le Président Bailly qui me démentira, que ce n’est pas toujours facile. Mais je rappelle qu’elles ont été formulées il y a quinze ans, témoignant alors d’une vision d’avenir que le Président avait su faire partager.

Je voudrais enfin souligner l’importance de la dimension sociale de votre action à la présidence de la RATP qui a tout à la fois concerné l’emploi, les conditions de travail, la sécurité et la formation du personnel. Je voudrais citer le plan d’entreprise 1985-1989 : « l’effort de modernisation et de développement mené par la RATP pour améliorer le service qu’elle rend à la collectivité est aussi bien d’ordre social tel que d’ordre socio-économique. En effet, quelque soit le domaine où elle s’applique, organisation, politique commerciale, progrès technologique, cet effort sert nécessairement l’intérêt des agents et la meilleure utilisation des implications de chacun. Progrès économique et progrès social sont liés : les actions de productivité et plus généralement l’amélioration de l’efficacité de l’entreprise offrent des opportunités pour le développement individuel du personnel, pour l’amélioration, de sa qualification et pour le renforcement des rapports humains dans l’entreprise ». Vous souligniez la nécessité d’une grande concertation avec le personnel avec la mise en place de nouvelles institutions représentatives du personnel : les délégués du personnel, les comités économiques de direction, les comités d’hygiène et de sécurité et des conditions de travail.

Dans le même temps, vous développiez la décentralisation qui tend à rapprocher le niveau de la décision de celui de l’action à engager en le situant au premier niveau où sont réunies la compétence et la connaissance des faits tout en définissant parfaitement les conditions de mise en œuvre : l’adhésion du personnel et sa formation, la définition du cadre général dans lequel doivent s’inscrire les décisions des divers acteurs, un contrôle de gestion efficace et un système d’information pour l’exercice de ces contrôles qui soit adapté et pertinent.

Enfin, votre culture et l’intérêt que vous portez à l’économie ont marqué cette entreprise. Aux critères de rentabilité financière, vous avez substitué ceux qui reposent sur l’efficacité économique et sociale. Pendant votre mandat de Président, le processus décisionnel a ainsi modifié, ce qui a permis des choix de gestion d’une nature différente. En cela, vous avez contribué à démontrer l’efficacité du secteur public et les résultats en termes d’emploi, de trafic et de développement du réseau que j’ai rappelé en sont la confirmation.

Au moment de quitter la RATP, vous disiez au personnel qu’il pouvait être fier des cinq années passées, tout en ajoutant qu’il restait beaucoup à faire et en rappelant les valeurs essentielles auxquelles vous êtres attachés : le service public le pluralisme des opinions, la responsabilité personnelle. J’ajouterai simplement qu’il pouvait être fier de leur Président Claude Quin.

Après votre départ de la RATP, dans des conditions qui auront permis de mettre en évidence votre attachement au service public et à la défense de l’emploi, vous êtes nommé au Conseil Général des Ponts et Chaussées où, en tant qu’inspecteur général de l’équipement, vous allez poursuivre votre engagement dans les domaines des transports.

Vous allez présider un comité d’échange d’expérience sur le tramway regroupant les autorités organisatrices, les constructeurs, les exploitants, les associations d’usagers.

Toujours, au Conseil général des Ponts et Chaussées, vous vous impliquerez dans l’ensemble des problèmes qui concernent les conditions de transport des usagers. Ainsi, vous apporterez des éléments de réponse aux intervenants du transport pour améliorer l’accueil et l’information. Autant de questions qui, vous l’imaginez bien, sont au cœur de l’action que je souhaite développer car elle répond véritablement à l’attente des usagers.

Vous avez été à l’initiative de la démarche des comptes transport en France, c’est-à-dire la réalisation des rapports de comptabilité portant sur tous les modes et leur financement. Déjà, à la RATP, vous aviez demandé la réalisation d’une application sur l’Île-de-France afin de mettre à disposition des décideurs un outil de diagnostic et d’aide à la décision présentant l’ensemble des coûts directs et indirects des transports avec l’objectif de favoriser la complémentarité entre les modes. Ensuite, d’autres régions et agglomérations s’impliqueront dans cette demande.

C’est donc tout naturellement que, lorsque fut décidé la réalisation d’un compte transport national – c’était en 1994 –, la présidence du comité vous a été confiée. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai souhaité vous confier à nouveau la Présidence du Comité qui est en charge de son actualisation. Je sais pouvoir compter sur votre audace pour, une fois encore, faire avancer la recherche en économie de transports. Nous en avons besoin. Il est effectivement nécessaire que les décideurs, à tous les niveaux, disposent d’éléments d’évaluation pour la mise en œuvre d’une politique de transport reposant sur l’efficacité économique et sociale.

La distinction que nous allons vous remettre mon cher Claude t’honore ; elle honore ta famille, elle honore aussi tous ceux qui, en ces temps où les dogmatismes de l’ultralibéralisme et de la pensée unique prétendent représenter la fin de l’histoire, considèrent que la seule logique des marchés financiers ne peut gouverner le monde. Elle nous honore aussi, nous qui te la remettons.

Encore une fois, merci et félicitations pour tout ce que tu as fait et ce que tu fais aussi au service de l’intérêt général.

J’en arrive, mon Cher Claude, au moment solennel où je dois prononcer la formule consacrée :

« Au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Officier de la Légion d’Honneur ».