Editorial et article de M. Jean Gandois, président du CNPF, dans "Entreprises" de septembre - octobre 1997, intitulés "Convaincre" et "Ma détermination est sans faille" et interviews à France Inter, Europe 1 et France 2 le 10 octobre, sur la vocation et les missions du CNPF et sur la politique économique du gouvernement et notamment la réduction du temps de travail à 35 heures.

Intervenant(s) :

Circonstance : Conférence nationale sur l'emploi, les salaires et la réduction du temps de travail, avec les partenaires sociaux, à Matignon le 10 octobre 1997

Mots-clés :

Prononcé le 1er septembre 1997

Texte intégral

La revue des entreprises - CNPF - septembre 1997

Convaincre !

Réduction de la durée légale du travail, augmentation des prélèvements, contrôles accrus des licenciements. Jamais le fossé n’a été si profond entre la logique de l’entreprise et celle du Gouvernement et d’une majorité de l’opinion. La montée du chômage, la peur de la mondialisation expliquent sans doute cette recherche fébrile de « remèdes miracles ». Nous croyons que la potion appliquée sera pire que le mal, et nous le disons haut et fort. Tous ensemble sachons nous faire comprendre, sachons convaincre !

Devant de telles interpellations, devant la perspective d’un tel combat, était-il bien opportun de se pencher sur la réforme interne du CNPF et de convoquer sur ce thème une assemblée générale exceptionnelle ? Sans hésitation, je dis « oui, plus que jamais ».

Certes, les deux sujets évoqués ne s’inscrivent pas dans la même échelle de temps mais si le patronat veut peser durablement sur le cours des choses, il lui faut l’expertise, la crédibilité, la légitimité, la représentativité. C’est la condition pour que notre organisation soit plus cohérente et plus respectée. Les entreprises doivent pouvoir se déclarer solidaires de ce que nous faisons. Il faut qu’elles soient plus associées et qu’elles puissent davantage peser sur les orientations et sur l’action. Il ne s’agit pas, bien sûr, de minimiser le rôle des fédérations professionnelles et des unions patronales. Il reste capital : nous souhaitons seulement, si elles le désirent, qu’elles redéfinissent en même temps leur mission qui est irremplaçable. Ensemble, nous pouvons jouer un rôle essentiel dans les transformations de la société française, mais il nous faut pour cela nous réformer. Notre organisation n’est pas construite pour définir et appliquer des stratégies à long terme. Elle est sous la pression constante de l’urgence, des intérêts particuliers, qui lui interdisent une véritable liberté de décision.

Le CNPF ne s’est pas suffisamment remis en cause depuis un quart de siècle alors que le monde, autour de lui, et singulièrement les entreprises, ont complètement changé. Dès son arrivée, j’ai confié à Victor Scherrer, président de l’ANIA, une mission de réflexion sur l’organisation patronale et son avenir. Un travail de fond a été effectué. Les informations rassemblées par cette mission donnent un état des lieux très éclairant sur la situation patronale française.

Mais il s’agit maintenant de répondre essentiellement à deux questions :
- quelles doivent être, pour la période allant de 1998 à 2010 la vocation et les missions du CNPF ? Cette question, les patronats allemand et japonais se la posent aussi. Nous ne devons pas forcément transposer en France leur approche, mais il est clair qu’elle nous interpelle ;
- la deuxième question est, en partie, la conséquence des réponses à la première. Comment le fonctionnement et les moyens doivent-ils être adaptés pour répondre de manière efficace à la nouvelle vocation et aux nouvelles missions du CNPF ?

Cette réforme va être profonde. Les propositions ne peuvent être faites que sur la base d’une légitimité incontestable. C’est pourquoi, avec l’accord unanime du conseil exécutif, nous avons décidé de charger un « Comité pour la réforme » de faire ces propositions. La légitimité de ce comité vient de ce que ses 27 membres sont tous des chefs d’entreprise représentant toutes les activités économiques et toutes les tailles d’entreprises et qu’ils ont été désignés par l’Assemblée générale. La création de ce comité ne retarde pas d’un an la réforme du CNPF. En réalité, elle seule la rend possible dans des délais réalistes.


La revue des entreprises - CNPF - Septembre 1997

Spécial Assemblée générale exceptionnelle

Ma détermination est sans faille

Dès la mise en place du nouveau Gouvernement, nous avons rappelé que nous étions respectueux du suffrage universel, mais que nous n’avions pas changé d’opinion le 2 juin au matin. Les priorités que nous avions indiquées à un gouvernement de droite demeurent les mêmes avec un gouvernement de gauche.

Trois points sont essentiels :
- nous ne rétablirons pas durablement la croissance sans une réduction importante des dépenses publiques ;
- nous n’assurerons pas durablement la compétitivité de nos entreprises sans une diminution du coût du travail ;
- la réduction de la durée du travail n’est pas un moyen efficace pour réduire le chômage. C’est même un moyen certain de l’augmenter, si l’on veut ou si l’on ne peut la réaliser que sans réduction des salaires.

Ces positions n’ont pas de couleur politique. Je connais beaucoup de pays européens où la gauche est au pouvoir, seule ou en coalition, et où ces principes font l’objet d’un consensus.

Gagner. Toute entreprise exerce son activité en concurrence et la mondialisation ne cesse de l’accroître. Il faut le répéter sans cesse, car nous vivons au milieu d’une opinion qui considère souvent que la compétition n’a aucune valeur morale, voire qui la condamne. Pour gagner, l’entreprise doit d’abord tirer sa compétitivité d’elle-même, de sa créativité et de ses compétences. Elle doit aussi participer aux dépenses de la collectivité dans laquelle elle vit. Mais elle ne peut gagner si ces charges constituent des handicaps qui la défavorisent par rapport à ses concurrents.

Gâchis. L’entrepreneur n’a pas le droit d’investir pour développer un marché s’il sait à l’avance que le coût de ses produits rend l’opération sans espoir. Le contraire conduirait à un gâchis financier et humain. Quelle tristesse pour un patron français de voir que dans certains domaines, il ne peut plus investir aujourd’hui dans son pays !
Nous nous trouvons placés devant quatre orientations sur lesquelles nous devons nous exprimer.

Stabilité. D’abord, l’environnement monétaire et les taux d’intérêt. Nous avons besoin, pour être compétitifs, d’une stabilité des charges avec les autres monnaies européennes. La volonté de faire la monnaie unique qu’a le gouvernement actuel, poursuivant en cela la politique du précédent, ne peut être accueillis par nous que de manière favorable. Il en est de même pour les taux d’intérêt qui peuvent être maintenus bas du fait de la stabilité des prix et de la réduction des déficits publics.

Inquiétudes. Nous sommes, par contre, très inquiets sur la méthode suivie, une fois de plus, pour diminuer les déficits. Les dépenses de fonctionnement sont contenues, mais pas réduites. N’oublions pas que nous partons du niveau le plus élevé parmi les pays avancés. Qu’on ne vienne pas me dire que c’est déjà difficile de rester dans ces limites, quand on a posé comme principe de départ - purement idéologique - que le nombre de fonctionnaires ne diminuerait pas !
Les mesures fiscales les plus importantes concernant les entreprises ont été prises en juillet avec l’augmentation de l’impôt sur les bénéfices et sur les plus-values. La charge est lourde. Jusqu’ici, nous avons évité l’augmentation des cotisations sociales « employeurs », en particulier la cotisation vieillesse, et je souhaite que le Gouvernement maintienne cette position.
On nous dit « de quoi vous plaignez-vous ? Il faut bien atteindre les critères de Maastricht et les suppléments que nous vous demandons sont bien moindres que ceux qui vous ont été imposés par le gouvernement précédent. » Ce raisonnement, pour exact qu’il soit, ne peut être accepté. Les entreprises françaises supportent déjà un taux de prélèvement parmi les plus élevés au sein des pays avancés. La coupe est pleine.

Sévérité. Sur un autre plan, nous ne pouvons qu’être sévères sur les modalités de création des 350 000 emplois publics du « plan emploi-jeunes » de Mme Aubry. Une partie de ces emplois sont des créations d’emplois de fonctionnaires déguisées. Pour ceux qui sont nécessaires, il aurait mieux valu les créer vraiment et supprimer les postes excédentaires et inutiles ailleurs. Les autres emplois de services à la personne vont être la plupart du temps directement en concurrence avec des emplois privés existants ou que nous étions en train de développer. Il n’est pas tolérable que l’on crée des emplois publics en tuant des emplois privés. Ni d’éliminer toute contribution personnelle, même marginale, des clients. Nous développons ainsi dans notre pays un esprit passif d’assistance.

Idéologie. Pour sérieux qu’ils soient, ces points ne sont pas les plus graves. La mesure qui risquerait d’infliger à nos entreprises et à notre pays un handicap quasi-insurmontable, c’est évidemment la réduction généralisée de la durée du travail à 35 heures hebdomadaires. Ce serait dramatique si cet horaire était le même pour tous et avec maintien du salaire. Cela équivaut à une hausse du coût du travail de 11,5 %, ou encore à plus de cinq semaines de congés supplémentaires.
Mais sans maintien du salaire, cette mesure serait très grave. Je connais de nombreux secteurs où, socialement, une réduction de salaires n’est pas négociable.
Nous n’avons jamais été hostiles à l’aménagement du temps de travail négocié entreprise par entreprise, souvent établissement par établissement, pour plus d’efficacité et pour créer des emplois. Nous sommes prêts, si on nous laisse le faire et si on nous donne la souplesse nécessaire, à reprendre cette démarche et à l’amplifier. Mais l’effet sur l’emploi d’une décision générale ne peut être que négatif. Elle distraira notre pays du type de dialogue social nouveau qui devrait s’y instaurer pour faire face ensemble aux mutations du monde.
Nous ne poursuivons pas une idéologie. Si nous soulignons l’effet totalement pernicieux des 35 heures généralisées, c’est parce que nous pensons que ces mesures vont affaiblir gravement notre pays. Une telle attitude nous paraît en totale contradiction avec les deux autres objectifs poursuivis et annoncés : l’abaissement du chômage et l’entrée dans la monnaie unique au 1er janvier 1999.

Détermination. Le moment que nous vivons est sérieux. Nous devons nous mobiliser. Nous avons depuis longtemps, nous allons la développer ces prochaines semaines. Si nous parvenons à convaincre, cela nous conduira à nous engager encore plus pour développer l’emploi. J’aurai besoin de vous pour cela. Si par malheur nous devions échouer, nous serions amenés à nous rassembler pour voir comment faire face à la situation nouvelle, très grave, ainsi créée.
J’ai besoin de votre engagement, de votre confiance et de votre appui. Vous pouvez compter, vous-mêmes, sur ma détermination sans faille et sur ma volonté de gagner. L’heure est plus que jamais à la solidarité des entreprises. Elle constitue notre force et notre chance de succès.


France Inter le vendredi 10 octobre 1997

J. Gandois (président du CNPF)

Nous avons perdu complètement une bataille. En effet, l’idéologie a triomphé de la raison. Malgré tous les avertissements que nous avons donnés, malgré la manière, je crois, raisonnable et sérieuse dont nous avons cherché à faire ce qu’il fallait pour que les entreprises vivent, la décision de l’horaire légale hebdomadaire de 35 heures avant le 1er janvier 2000 a été prise par le Premier ministre. Nous avons été bernés tout au long de la journée. Il va sans dire que nous avons perdu une bataille mais que nous n’avons pas perdu la guerre. Nous allons nous battre jusqu’au bout contre une mesure qui est très mauvaise pour l’emploi, qui va créer beaucoup de chômage et qui est très mauvaise pour l’Europe et pour l’euro. Il sera très difficile à ce pays de faire l’euro avec des décisions de ce genre et qui est bien entendu très mauvaise pour le dialogue social.


Europe 1 le vendredi 10 octobre 1997

L’idéologie a triomphé de la raison. Malgré tous les avertissements que nous avons donnés, la décision de l’horaire légal hebdomadaire de 35 heures avant le 1er janvier 2000 a été prise par le Premier ministre.
Nous avons été bernés tout au long de la journée. Il va sans dire que nous avons perdu une bataille mais que nous n’avons pas perdu la guerre. Nous allons nous battre jusqu’au bout contre une mesure qui est très mauvaise pour l’emploi, qui va créer beaucoup de chômage, qui est très mauvaise pour l’Europe et pour l’euro. Il sera très difficile à ce pays de faire l’euro avec des décisions de ce genre et qui est, bien entendu, très mauvaise pour le dialogue social. Par conséquent, je vous laisse, je vais me battre, au revoir.


France 2 le vendredi 10 octobre 1997

France 2 : Si on se réfère à ce que vous disiez avant la conférence, vous ne vouliez pas de loi-cadre sur les 35 heures, vous ne vouliez pas non plus de date-butoir et c’est exactement le contraire qui vous arrive. Pourquoi dites-vous que vous êtes berné ?

J. Gandois : Je dis que je suis berné, en réalité, je crois que je suis déçu et triste. Je suis déçu parce que personne ne m’avait promis qu’il n’y aurait pas de loi sur les 35 heures, mais j’ai tellement parlé, j’ai tellement essayé de convaincre, avec les gens qui semblaient m’écouter que, à la fin, vous avez l’impression d’avoir été berné. Je ne reproche rien, on ne m’a pas fait de promesses encore. Je suis triste parce que je crois vraiment qu’aujourd’hui, c’est de la poudre aux yeux. Je crois, hélas, que ce n’est pas du tout, contrairement à ce que disait Mme Notat, qui a oublié ce qu’était une entreprise, si elle l’a jamais su d’ailleurs, que c’est un mauvais coup pour l’emploi. Je crois que vraiment nous allons augmenter le chômage ; je crois que vraiment nous allons donner l’impression, une fois de plus, à tous nos collègues étrangers de l’Europe entière, au moment où on veut faire l’euro, que nous sommes le pays le plus archaïque, le plus retardataire du monde entier.

France 2 : Les 35 heures étaient annoncées par la gauche avant qu’elle arrive au pouvoir. Ça avait été redit à l’Assemblée nationale par M. Jospin. Ce n’est pas une surprise pour vous ?

J. Gandois : Non, ce n’est pas une surprise, comme l’abrogation de la loi Debré-Pasqua, comme la non-privatisation de France Télécom, comme des tas d’autres choses ça avait été annoncé. Mais on pouvait penser que quand on a fait des erreurs dans une campagne électorale, on en rectifie quelques-unes. Il y en avait d’autres qui avait été rectifiées. Par conséquent, j’espérais que cette erreur grave pourrait être rectifiée. Malheureusement, elle ne l’a pas été. Je n’ai pas été berné ; personne, encore une fois, ne m’a promis. J’ai voulu dire que j’étais déçu. Quand vous parlez les yeux dans les yeux avec un certain nombre de personnes du Gouvernement et que vous avez l’impression qu’elles vous écoutent, vous pensez que vous les avez convaincues. C’est pour ça que j’ai l’impression…

France 2 : … On a un petit peu l’impression ce soir que vous êtes seul parce que tous les syndicats, y compris même les cadres, se félicitent visiblement de l’accord qui est trouvé là.

J. Gandois : Je représente ici les entreprises. Je regrette que nous ayons des syndicats aussi rétrogrades parce qu’il n’y a pas d’autres pays en Europe où les syndicats dans leur profondeur - je ne parle pas de certains leaders que je connais bien aussi parce que je travaille dans tous les pays d’Europe - puissent exprimer ce qu’expriment nos syndicats ce soir. Je regrette surtout qu’ils se trouvent, dans un an et demi ou deux ans, devant de très grandes déceptions. À quoi joue-t-on actuellement ? On dit qu’on se reverra trois mois avant. Pour quoi faire ? Pour parler des heures supplémentaires.

France 2 : Dans ce schéma, il y a des rendez-vous qui sont prévus, il y a du temps qui est prévu pour discuter. Que va-t-il se passer ? Qu’allez-vous faire concrètement ? Vous allez entrer en dissidence ?

J. Gandois : Non, je ne vais sûrement pas entrer en dissidence ou en rébellion. Les entreprises qui croiront devoir négocier négocieront mais il est évident qu’en ce qui concerne les négociations interprofessionnelles - sauf pour les jeunes parce que ça, ça me paraît un problème capital pour tout le monde dans ce pays, par conséquent, on ne va pas bouder sur un problème capital - et pour tout ce qui a été annoncé par le Premier ministre sur les grilles de salaire, sur le problème des préretraites pour ceux qui ont 40 ans de cotisations, il est bien évident que là, nous ne négocierons pas. C’est tout à fait clair.

France 2 : Est-ce qu’il y a des menaces par ailleurs, parce que je vois que D. Kessler, votre vice-président, menace de se retirer des organismes sociaux paritaire ?

J. Gandois : Moi, je n’ai jamais fait une menace de ce genre, et je laisse à M. Kessler la responsabilité de ses déclarations. Il me semble en partie irresponsable et pas très lié à ce qu’on vient de faire de se retirer des organismes paritaires. Je vous ai dit ce que nous ne négocierons pas, parce que ça, il suffit que nous le disions et nous ne le ferons pas. Le retrait des organismes paritaires est facile à dire mais plus difficile à faire, surtout quand on a accepté d’y exercer certaines responsabilités, on ne les quitte pas comme ça du jour au lendemain.

France 2 : Vous ne négociez pas sur les salaires, mais allez-vous négocier sur les 35 heures ou, pour vous, c’est acquis ?

J. Gandois : Non, c’est un problème terminé mais ça ne veut pas dire qu’une entreprise déterminée ne va pas négocier. Moi, je laisse - c’est bien normal - toutes les entreprises libres de faire ce qu’elles considèrent comme leur intérêt personnel.

France 2 : C’est ce que vous avez fait récemment dans votre entreprise à vous, en Belgique, puisque vous êtes passé aux 34 heures.

J. Gandois : Tout à fait, mais quel est le problème des 35 heures ? Ce n’est pas 35 heures le problème. Le problème c’est qu’on veut donner le même costume à tout le monde. Moi, à Cokerill Sambre, qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai négocié avec les ouvriers qui sont restés à 37 heures parce qu’ils voulaient avoir des augmentations de salaire qui continuent. J’ai négocié avec des employés et des techniciens qui acceptaient de bloquer leurs salaires pendant plus de quatre ans si on diminuait leur horaire de 37 heures à 34 heures. Ça suppose qu’on se mette au diapason des gens et au diapason des entreprises.

France 2 : Entreprise par entreprise, c’est toujours ce que vous préconisez de toute façon.

J. Gandois : Je lisais aujourd’hui même qu’un commerçant qui travaille internationalement avec Tokyo ou Los Angeles, vous croyez qu’il a des horaires de travail qui sont ceux des autres ? Les horaires de travail vont être de plus en plus différenciés.