Article de M. François Hollande, premier secrétaire délégué du PS, dans "L'hebdo des socialistes" du 21 novembre 1997, sur l'action et l'avenir du Parti socialiste, intitulé "Faire vivre nos idées".

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Média : L'Hebdo des socialistes

Texte intégral

Le congrès qui s’ouvre aujourd’hui a été l’occasion d’un débat entre tous les socialistes. Par la forte mobilisation lors des votes dans les sections, les militants ont montré qu’ils étaient attachés à notre démocratique.

Les socialistes sont donc aujourd’hui rassemblés sur une orientation claire et cohérente, largement approuvée. Cette unité était nécessaire et souhaitable. Le gouvernement de Lionel Jospin ne réussira pas tout seul, et les socialistes ne gagneront pas en restant à côté du gouvernement. Pour être acteur de la transformation sociale, le Parti socialiste doit être uni sur l’essentiel. C’est le cas aujourd’hui.

Vouloir peser sur notre société pour la transformer suppose de partir de la réalité. Celle-ci n’est pas une donnée immuable, et les évolutions sont multiples et de plus en plus rapides. Celles-ci font naître de nouvelles interrogations. Les socialistes doivent y apporter leurs réponses et préciser leurs solutions.

Prendre en compte la réalité ne signifie donc pas renoncer à la transformation sociale. Bien au contraire, cette démarche donne un nouveau souffle à cette perspective, en se donnant les moyens de changer notre société. Preuve a été faite depuis six mois que nous pouvons à la fois proposer une alternative économique et sociale et la mettre en œuvre une fois aux responsabilités.

Le réformisme introduit un élément fondamental de l’action politique, celui de la durée et du temps. Lionel Jospin l’a souvent rappelé, nous sommes aux responsabilités pour cinq ans. La théorie des cent jours ou le slogan du « tout, tout de suite » ignorent cette réalité fondamentale : il y a de transformation durable et profonde que dans la durée. C’est pourquoi le réformisme de gauche est éminemment volontariste. Il ne s’abrite pas derrière des contraintes. En les prenant en compte dès à présent, il se donne au contraire les moyens de les dépasser, de les modifier.

C’est dans ce champ-là que doivent se situer nos débats. Ceux-ci sont des moments privilégiés où s’ordonnent démocratiquement nos discussions. De celles-ci doivent émerger nos idées pour demain.

Il nous faut, à Brest, définir ensemble les contours d’un socialisme résolument ancré dans la perspective d’une Europe économique, sociale et politique, d’un socialisme soucieux de reconstruire des mécanisme de justice et de redistribution sociale, d’un socialisme qui sache faire revivre l’esprit républicain. C’est pourquoi j’ai proposé l’organisation de cinq conventions nationales qui devront, au travers des débats entre les militants, définir des positions des socialistes pour les années à venir.

Le Congrès de Brest doit être le point de départ de cette réflexion. Il doit être le congrès qui fera entrer les socialistes dans le troisième millénaire.