Texte intégral
Michel Giraud : « il ne s'agit pas de faire la danse du scalp autour du Président de la République. »
La constitution ne fait pas obligation au Président de la République de partir. S'il décide de rester, il restera. Mais à une condition : c'est de laisser cette nouvelle majorité vraisemblablement large gouverner en fonction des objectifs clairement annoncés aux français. Il ne s'agit pas de faire la danse du scalp autour du Président de la République, mais de ne pas nous laisser empiéter sur les pouvoirs légitimes qui seront ceux de cette majorité. Le paysage politique est aujourd'hui très différent de 1986. Je souhaite que dans ce contexte nouveau, François Mitterrand ne cherche pas à interférer dans la ligne politique de cette majorité. Je souhaite une cohabitation qui permette à la majorité de respecter ses engagements, de répondre à l'attente des français et de créer un courant de confiance qui seul peut permettre de transformer la défaite de l'actuelle majorité en véritable victoire de l'actuelle opposition. Tant que ce courant de confiance n'est pas créé, les choses restent fragiles. Pour le moment, le vote de Dimanche est d'abord un vote de rejet. Je constate qu'il y a un électorat flottant et contestataire qui, tant qu'il existe, laisse le champ libre à un déficit de confiance. Il reste à créer un vrai courant de confiance qui permette à la nouvelle majorité d'engager son action sur la durée.
Michel Giraud et le choix du futur Premier ministre : « le Président de la République ne pourra pas jouer au plus fin »
Le Président de la République a le choix pour désigner le Premier ministre. Mais la règle et la décence veulent qu'il fasse le choix d'un Premier ministre au cœur de la majorité, dans la famille la plus nombreuse de cette majorité. Je souhaite que François Mitterrand fasse le choix d'un homme particulièrement préparé pour conduire le gouvernement. Si le RPR a un certain nombre de sièges de plus que l'UDF, il est tout à fait évident qu'Édouard Balladur est un candidat de qualité pour assurer les lourdes responsabilités de la conduite du gouvernement. Les marges de jeu du Président de la République seront vraisemblablement faibles le 29 Mars. Je ne crois pas qu'il puisse jouer au plus fin et proposer des schémas très compliqués : ceci étant, il a la liberté de choix. De la même façon qu'il exercera cette liberté, l'opposition exercera sa liberté de se concerter.