Texte intégral
La Tribune : Jacques Chirac estime que le prochain gouvernement français ne devra pas se considérer comme lié par l'accord du volet agricole du GATT, quitte à provoquer une crise européenne. Êtes-vous du même avis ?
Hervé de Charrette : Il faut se référer à la plate-forme que nous avons rédigée avec le RPR. Le projet de l'Union pour la France dit : « le pré-accord du GATT n'est pas acceptable en l'état ». L'accord de Blair House doit être modifié, c'est clair. Les commissaires européens qui ont négocié cet accord ont pris des largesses, nous devrions en corriger les effets défavorables.
La Tribune : La remise en cause de l'accord de Blair House ne risque-t-elle pas de provoquer une crise politique dans la Communauté européenne ?
Hervé de Charrette : L'objectif n'est pas de provoquer une crise européenne. Nous avons surtout besoin d'une union forte en Europe pour surmonter nos difficultés. Nous devrions donc d'abord consolider l'axe franco-allemand.
Cela est crucial à tout point de vue et pas seulement en ce qui concerne les négociations du GATT.
La consolidation de l'axe monétaire franco-allemand sera certainement essentielle pour avancer dans de bonnes conditions vers l'union économique et monétaire. Une Europe plus forte sera ensuite nettement mieux armée pour négocier avec nos amis américains.
La Tribune : Vous feriez donc tout pour éviter une crise au sein de la Communauté à cause du GATT ?
Hervé de Charrette : Personne n'a intérêt à voir se développer un conflit commercial.
Ni les Américains, ni la CEE. Avec intelligence, nous devrions parvenir à des arrangements sans choquer ou offenser quiconque.
La Tribune : Pensez-vous que la CEE sera en mesure de reprendre les négociations avec les Américains en vue d'une modification du « préaccord » comme le dit le projet de l'UDF sur le volet agricole du GATT ?
Hervé de Charrette : Nous devons y parvenir, nous saurons parvenir à un accord équilibré.