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Grenoble : ville nature
Au lendemain du sommet de Rio de Janeiro, l'appréhension des problèmes d'environnement semble se situer à l'échelle planétaire les décisions appartenir aux chefs de Gouvernement. Effectivement, en matière de développement économique et technologique, de maintien des grands équilibres biologiques, un consensus international doit se dessiner. Mais, au-delà de ce travail nécessaire au plan mondial, la prise en compte de l'environnement doit se traduire à travers les différents niveaux d'intervention pour être finalement intégrée à la vie quotidienne des populations. Ancien ministre de l'Environnement, je me suis attaché à travers mes fonctions de maire de Grenoble et de président du conseil général de l'Isère, à intégrer cette dimension dans les politiques locales.
Depuis 1983, des actions diverses ont été engagées dans ce sens à la ville de Grenoble, renforcées en juin 1989 par l'adoption d'un plan de réalisation quinquennal de quarante mesures pour l'environnement. Six domaines d'actions prioritaires ont été retenus dans ce programme intervention : lutte contre la pollution atmosphérique, valorisation de la ressource en eau, gestion des déchets, poursuite du plan antibruit, amélioration du cadre de vie, risques majeurs. Parallèlement, d'autres domaines ont été développés : dynamisation des transports en commun par la mise en service du tramway, poursuite des aménagements cyclables, épuration performante des eaux usées, limitation hivernale des rejets polluants industriels à l'atmosphère… qui ont nécessité des investissements lourds de la collectivité et de ses partenaires.
Mais au-delà des réalisations techniques inscrites dans le plan vert, la préservation de l'environnement passe également par une mobilisation générale des citoyens afin d'adopter des gestes plus sains, plus respectueux du milieu de vie. En effet, l'environnement est l'affaire de tous. Chacun au quotidien peut œuvrer pour protéger le bien commun : économies d'eau, récupération du papier, du carton, du verre… utilisation de produits moins polluants. Il n'est ni salutaire, ni responsable de laisser croire que tous les problèmes se règleront à l'échelon national et international. Nous devons tous nous sentir concernés et nous mobiliser.
Des actions de sensibilisation sont donc menées en direction des enfants : récupération des bouteilles plastiques, classes d'éveil sur l'eau, classes nature, interventions sur le bruit… En liaison avec la Fondation Ushuaia, une opération est initiée pour développer des outils pédagogiques favorisant l'introduction de l'écologie à l'école et ainsi former les générations futures à la préservation de la planète. Des campagnes d'information visent plus particulièrement les adultes, "Moteur propre" pour le contrôle antipollution des véhicules particuliers. "Se déplacer autrement" pour la promotion de moyens de déplacement autres que la voiture particulière. De plus, la ville de Grenoble, riche d'un milieu associatif dynamique et créatif, développe largement l'action partenariale et s'ouvre aux industriels en devenant notamment un terrain d'expérimentation pour les laboratoires de Renault et Elf qui testent des carburants moins polluants.
Enfin, dotée d'un fort potentiel de recherche et de formation dans le domaine de l'environnement, l'Université grenobloise a été reconnue dans cette vocation avec la création d'un pôle universitaire européen, qui éclairera, entre autres, les choix des décideurs locaux et continuera à faire de Grenoble une ville-phare en matière d'environnement, d'innovation et de qualité de vie.