Texte intégral
La Tribune : Comment réagissez-vous à l’annonce du gouvernement de reporter d’un mois la privatisation partielle de France Télécom ?
François Hollande : Le Gouvernement n’avait pas le choix dès lors que son avenir est en suspens. Ce n’est qu’à l’issue des élections qu’il conviendra de reprendre le dossier. Si nous l’emportons, nous ne procéderons pas à la privation, même partielle, de France Télécom.
La Tribune : Pouvez-vous envisager de vous passer de la recette tirée de la vente d’une partie du capital de France Télécom ?
François Hollande : Cette recette ne serait pas, de toute façon, comptabilisée, selon les normes européennes, comme une des recettes publiques permanentes. Elle n’était qu’un moyen, commode mais contestable, pour financer des opérations exceptionnelles, alors que l’ouverture du capital d’un service public ne doit pas se faire dans le souci de trouver de l’argent.
La Tribune : Êtes-vous favorable à une alliance capitalistique entre France Télécom et Deutsche Telekom ?
François Hollande : Rien n’empêche, dans le statut actuel de France Télécom, de passer des alliances ou de constituer des filiales communes avec d’autres opérateurs. Mais, il ne faut pas prendre ce prétexte pour ouvrir son capital à des fonds de pension américains. Quand un fonds de pension investi dans une entreprise de service public comme France Télécom, il vise exclusivement un rendement. La privatisation entraîne alors un changement de nature du service public.
La Tribune : Quelle est la position des socialistes sur les projets gouvernementaux en matière d’industrie de défense ?
François Hollande : Nous sommes favorables à un regroupement dans un grand ensemble des industries de défenses, si cela se fait de façon cohérente et sous statut public ou semi public. Nous sommes favorables au regroupement de [Illisible] et d’Aérospatiale, mais nous contestons la privatisation de l’ensemble. On ne peut à la fois réaliser une opération industrielle qui a un sens et rechercher de l’argent via la privatisation.
La Tribune : Quelle solution proposez-vous pour [Illisible] ?
François Hollande : La position adoptée par le britannique CBC a ramené le dossier au point initial. Si, demain, nous sommes aux responsabilités, nous aurons le souci de garder un contrôle public sur la filière nucléaire, même si ce contrôle peut prendre différentes formes.