Article de M. Bruno Gollnisch, secrétaire général du Front national, dans "Français d'abord" de la deuxième quinzaine d'octobre 1996, sur les affaires de corruption des partis politiques traditionnels, intitulé "L’irrésistible ascension du Front national".

Prononcé le 1er octobre 1996

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Média : Français d'abord

Texte intégral

La corruption généralisée de la classe politique apparaît au grand jour. Voici maintenant Hue et Marchais mis en examen, et dans le même temps Jean-François Mancel, secrétaire général du RPR.

Toulon, Chaville, Nice, Gardanne… nous assistons à l’irrésistible ascension du Front national. Rien d’étonnant à cela, la classe politique qui baigne dans le marigot de la corruption n’a plus la confiance du peuple français. Pas un jour, pas une heure où une nouvelle dépêche ne tombe sur les téléscripteurs pour annoncer la mise en examen d’hommes politiques. Ça tombe comme à Gravelotte. Les dernières et plus spectaculaires sont celles de Hue et Marchais, au titre de leurs fonctions à la tête du PCF.

Le juge Vichnievsky enquête sur la destination finale de plus de dix millions de francs de factures douteuses payées au bureau d’études Sicopar, filiale du groupe GIFCO, proche du PCF, par la Compagnie générale des eaux (CGE) entre 1992 et 1994, lors de la passation du marché des eaux à la CGE par près de 70 communes, de gauche principalement. Hue a beau s’indigner, pleurer sur les vendeurs de muguet du PCF, le voici enfin avec l’appareil tout entier du PCF, dans de beaux draps. Le « Parti de la classe ouvrière », les patriotes le savaient et l’avaient dénoncé depuis belle lurette, a extorqué des milliards aux entreprises, à travers ses bureaux d’études, lors de l’obtention des marchés publics. Le Parti socialiste n’a fait qu’imiter le PC dans tout cela !

La gauche corrompue

C’est tout l’appareil occulte du Parti communiste et de ses municipalités qui est mis en cause. Les langues de ses exclus commencent à se délier. Aussi, cette fois-ci, avec les concours de juges courageux, c’est l’édifice dans son ensemble qui est au bord de l’écroulement. On ne le répètera jamais assez, le Parti communiste a une façade légale et a tissé à côté d’elle une vaste toile d’araignée dans le but, à l’époque de l’Union Soviétique, de prendre le pouvoir en France.

C’est un état dans l’État. Mais ce que savaient des militants politiques avertis, c’est aujourd’hui, grâce à la mise en examen de ses chefs, l’opinion publique tout entière qui l’apprend. Pas étonnant que, dans cette effervescence de la Ve République finissante, les corrompus se tiennent par la main et que la classe politique, affolée, tente de se protéger par la pratique du Front républicain plus ou moins avoué ou honteux, mais un véritable FRIC, Front Républicain pour l’immigration et la corruption.

L’exemple de Gardanne, entre les deux tours, après la déconfiture du politicien sans frontières Kouchner, en est une vibrante illustration. Ne voit-on pas Gaudin aller au secours du maire communiste Meï, et le mis en examen Mancel « ne donner aucune consigne de vote » dans le seul but d’obtenir l’élection du candidat stalinien.

Cela sent la fin…

À la vérité, cela sent la fin : PC, PS, RPR, UDF, sont tous rattrapés par la justice, les magouilles, les malversations, les trafics d’influence, tandis que le pays sombre dans le chômage, la récession économique, que l’insécurité gagne partout dans les villes et les campagnes, que l’immigration enfle et que la terrible politique de Maastricht à l’horizon du 1er janvier 99 doit aboutir à la suppression du franc, en attendant la suppression de la France !

C’est dans cette situation que s’explique la spectaculaire ascension du Front national, seule alternative possible au système politique actuel discrédité et incapable. C’est dans ce contexte que je parcours la France en me rendant dans nos congrès départementaux, en vue de notre Congrès national qui se tiendra fin mars à Strasbourg et qui doit être le congrès de l’alternative nationale.

J’invite chaque adhérent de notre mouvement à se rendre, à l’invitation de leurs dirigeants locaux, à ces assemblées générales extraordinaires pour participer activement à la vie interne de notre mouvement, à l’élaboration de notre plate-forme électorale pour 1998 et à nos actions de défense des libertés face au projet de loi Chirac-Toubon. Contre cette loi scélérate, il convient de se mobiliser, d’entrer en résistance et de rappeler que ceux qui auront voté ou fait appliquer ce projet se désigneront comme les collaborateurs de la nouvelle occupation, comme les coupables d’atteinte à la sûreté extérieure et intérieure de l’État.

Que tous nos militants, que tous nos adhérents sachent, que quels que soient les modes de scrutins retenus par la classe politique aux abois, rien n’empêchera notre progression ; notre vocation est désormais, à moyen terme, de devenir majoritaires dans notre pays. Malgré la « lex lepenia » voulue par Toubon et Juppé (loi qui ne saurait nous arrêter de clamer la vérité), nous franchirons, pas à pas, les obstacles dressés sur notre route, afin de rétablir demain les libertés. Tous unis, tous ensemble, préparons ce congrès de Strasbourg, étape indispensable vers la victoire tant attendue.