Texte intégral
Encadrement Magazine - juin 1996
Entre l'organisation de l'encadrement et la technologie, les relations sont anciennes, naturelles et... tumultueuses lorsqu'il s'agit des conséquences sur l'emploi !
Mais elles sont d'essence : maitriser la technique pour la mettre au service de l'homme a toujours été la fonction première de l'ingénieur comme du technicien, et cette préoccupation exprimée au niveau collectif a toujours été celle de la CFE-CGC.
Ce qui a pu être vérifié sur les cinquante premières années de notre organisation continue à l'être aujourd'hui. Vous savez que la Confédération a choisi de travailler, lors de son XXXe congrès à Deauville les 26, 27 et 28 juin prochain, sur les conséquences économiques et sociales de ce que l'on appelle la « Société de l'information ».
Il ne s'agit pas de se perdre dans je ne sais quel rêve (ou cauchemar) orwellien, pendant que d'autres, les mains dans le cambouis seraient attachées aux dures réalités...
Il s'agit, comme la CFE-CGC l'a toujours fait, de surveiller les évolutions de fond de notre société, de nos entreprises et d'intervenir suffisamment en amont pour en maîtriser les conséquences.
Qui peut aujourd'hui sérieusement prétendre que les nouvelles technologies de l'information et de la communication ne bouleversent pas aujourd'hui déjà, et demain encore plus, l'organisation du travail dans nos entreprises, la structure même de la population active, le rôle et les attentes de l'encadrement, la diffusion du pouvoir, des savoirs, etc. ?
C'est à tout cela que nous allons nous atteler fin juin et, pour bien montrer qu'il ne s'agit pas de pures spéculations intellectuelles, la CFE-CGC passe à l'acte et crée son site WEB sur INTERNET (adresse : http://www.cgc.fr) ainsi qu'un courrier électronique accessible par : cfecgc@cgc.fr.
Un dossier d'information complet vous est proposé dans ce numéro d’« Encadrement Magazine ». En attendant, de partout en France, d'Europe et du monde, branchez-vous sur le WEB et retrouvez la CFE-CGC !
Le cyber syndicalisme est en marche ! Ce qui ne nous empêchera pas de nous battre pour qu'adapter ne soit plus précariser et pour rétablir des pôles de stabilité sociale par de nouvelles garanties collectives face aux nouveaux métiers et aux nouvelles formes d'exercice de nos missions.
La cohérence de notre pensée sociale transcende les évolutions technologiques.
La Lettre Confédérale CGC - 17 juin 1996
33 mois
Cela fait trente-trois mois que d'Issy-les-Moulineaux à Deauville, j’aurai dirigé, avec celles et ceux qui ont été élus avec moi, la CFE-CGC.
Trente-trois mois de vie intense, trente-trois mois d'action, de réflexion, de propositions.
Rappelons-nous : de séminaires studieux avec le gouvernement en fête joyeuse de notre cinquantenaire, de rencontres et négociations âpres avec le patronal, en sommets sociaux tendus à Matignon, de réformes de fond en défense quotidienne de nos militants dans les entreprises...
Nous avons été sur tous les fronts, de tous les combats, sur tous les terrains.
Je veux ici rendre l'hommage qu'elle mérite à cette équipe issue du XXIXe congrès et qui s'est investie à mes côtés.
Trente-trois mois, pendant lesquels, tous ensemble, nous avons maintenu la cohésion de l'organisation, la cohérence de nos idées et de notre expression.
Trente-trois mois pendant lesquels, tous ensemble, nous avons accru l'influence de la CFE-CGC dans le concert des organisations intervenant dans le champ du social et de l'économique, jusque et y compris dans la réorganisation de la sécurité sociale.
Mais nous voici à l'aube du trente-quatrième mois ! Celui de l'avenir...
Je ne connais qu'un objectif pour la CFE-CGC : GAGNER ! Gagner ses combats, progresser encore en adhérents et encore en influence.
Pour cela, j'ai arrêté une stratégie en quatre pôles et défini des actions, du niveau le plus global à la mesure la plus immédiate : UNIR (pour rassembler les forces), AGIR (pour maîtriser le social et l'emploi), OUVRIR (pour un syndicalisme d'encadrement en phase avec son temps), CONQUÉRIR (pour une audience élargie, une légitimité renforcée et un encadrement revalorisé).
C'est l'ambition que je formule pour toute la CFE-CGC.
C'est le challenge que je proposerai au congrès pour un nouveau mandat.
À bientôt donc pour notre rendez-vous de juillet.
Pour la CFE-CGC !
Passionnément !
La Lettre Confédérale CGC - 17 juin 1996
Permanence, persévérance et cohérence
Il y a maintenant des années que la CFE-CGC a défini ses positions et ses priorités en matière d’organisation et de gestion de la sécurité sociale.
Constamment affirmés et votés, les principes de contractualisation des rapports État/caisses, de séparation des opérations et du financement entre solidarité nationale et assurance des risques, de maîtrise de dépenses de santé, sous-tendent notamment notre projet.
Réformer la sécurité sociale pour la sauvegarder et éviter une rupture brutale des solidarités, tel est notre objectif.
Les derniers déficits annoncés, alors que le « Plan Juppé » n'est pas encore entré concrètement en application, ne font que renforcer la nécessité et l'urgence de sa mise en œuvre. Tout comme d'ailleurs le manque de recettes appelle à un effort de relance des revenus et de la consommation intérieure.
Dans la permanence de nos orientations, nous avons soutenu, pour l'essentiel, le plan de réforme du gouvernement en discutant cependant activement grand nombre de points dans les « ateliers » constitués pour ce faire.
Certes, ces positions, fondées sur des analyses raisonnées, défendues avec persévérance, sont moins spectaculaires que les démonstrations d'une opposition totale et d'un refus global.
La CFE-CGC n'a pas eu l'audience médiatique qu'elle mérite et n'a pas toujours été entendue. En revanche, avec quelques mois de recul, je peux affirmer qu'elle a été écoutée.
Chacun peut constater que notre organisation ne s'est pas engagée dans l'impasse des contradictions ingérables ou dans la voie des contestations internes.
Aujourd'hui, cette cohérence nous qualifie pour prendre notre juste part dans la gestion de la sécurité sociale réformée.
C'est la raison de la revendication que j'ai formulée, au nom de notre organisation, d'une prise de responsabilité dans la branche vieillesse dont l'importance, dans la société française, n'échappe à personne et où les compétences des militants de la CFE-CGC ne sont plus à démontrer.
C'est la raison de ma présence à la rencontre du 12 juin avec le CNPF, la CFDT et la CFTC, pour obtenir que nous retrouvions la présidence de la Caisse nationale d'assurance vieillesse.