Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, en hommage aux anciens combattants français du Front d'Orient pendant la Première Guerre mondiale, à Bitola le 10 mars 2015.

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Circonstance : Inauguration de l'espace muséal du cimetière militaire français de Bitola (Macédoine), le 10 mars 2015

Texte intégral

Monsieur le Ministre de la défense,
Monsieur le Maire,
Madame l'Ambassadrice,
Messieurs les Parlementaires,
Messieurs les représentants des Associations d'anciens combattants,
Mesdames, Messieurs, chers compatriotes, chers élèves,


Nous sommes réunis aujourd'hui dans ce lieu chargé d'émotion pour nous rappeler le sacrifice de nos soldats tombés durant la Grande Guerre. Ils sont réunis ici, dans l'hommage, et dans la paix, sans distinction.

Il y a 100 ans, 300 000 soldats français combattaient sur le front d'Orient. Certains venaient de métropole ; d'autres d'Outre-mer, d'Afrique du Nord et d'Indochine, fraternellement confondus avec les soldats alliés venus de toute l'Europe : Britanniques, Italiens, Serbes, Russes, Grecs, Roumains.

Oui, il y a 100 ans, 300 000 soldats débarquaient à Salonique en Grèce pour venir en aide aux forces serbes. 70 000 ne reverront jamais leurs terres, faisant du front d'Orient, leur tombeau. Plus de 15 000 d'entre eux reposent ici, dont 10 000 dorment sans nom.

La France leur adresse aujourd'hui, à travers ma voix, l'hommage de la Nation, par le silence du recueillement et du respect dû aux morts. Mais si je brise ce silence aujourd'hui, c'est pour rappeler une histoire souvent méconnue, une mémoire parfois oubliée. Et il ne peut y avoir de mémoire perdue à l'heure du centenaire de la Grande Guerre.

C'est pourquoi nous devons maintenir vivant le souvenir de ces combattants pour offrir aux visiteurs et aux jeunes générations une meilleure compréhension de ce conflit. Pour qu'ils mesurent aussi la préciosité et la fragilité de la paix. Celle acquise au prix du sang.

C'est tout le sens que je donne à cette inauguration des travaux de la construction de l'Espace muséal de Bitola.

Dans ce lieu dédié à la réconciliation des peuples, des visages, des témoignages, des cartes et des expositions nous raconteront désormais l'épopée du Front d'Orient.

Une épopée dont la mémoire, dans sa diversité, s'inscrit dans la ville de Bitola qui a accueilli pendant la Première Guerre mondiale, l'un des épisodes les plus douloureux du conflit : un affrontement direct entre forces de l'Entente et de l'Alliance.

Bitola dont le courage lui a valu d'être citée à l'ordre de l'Armée avec attribution de la Croix de guerre 14-18 avec palme. Et j'en cite un extrait : « Se trouvant après sa délivrance et jusqu'à la fin de septembre 1918 à proximité des lignes ennemies, a supporté avec abnégation les multiples et violents bombardements dont elle a été l'objet. Malgré les pertes élevées que ces bombardements lui ont causées, sa population n'a cessé de faire preuve de la plus grande vaillance et d'une foi inébranlable dans la victoire finale ».

Aujourd'hui, par ses monuments, ses cimetières, ses inscriptions, Bitola témoigne, raconte et transmet. Tant que les associations d'anciens combattants et de mémoire se mobiliseront. Tant que les élèves se rendront dans des lieux comme celui-ci, Bitola continuera de témoigner, de raconter et de transmettre.

Cette cérémonie en est la plus belle des démonstrations. A tous, je veux dire un grand merci.


Source http://www.ambafrance-mk.org, le 25 mars 2015