Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, à France Bleu Alsace le 17 septembre 2019, sur l'amélioration de la qualité de l'air en ville et le projet de loi anti-gaspillage.

Texte intégral

JOURNALISTE
On parle environnement aujourd'hui avec notre invitée.

AUDE RASO
La secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire est en déplacement à Strasbourg cet après-midi et c'est notre invitée ce matin, bonjour Brune POIRSON.

BRUNE POIRSON
Bonjour.

AUDE RASO
Ce matin sur France Bleu Alsace, on a entendu des reportages sur la qualité de l'air dans l'agglomération de Strasbourg, plusieurs pistes sont évoquées pour essayer d'améliorer cette qualité de l'air, voire, c'est-à-dire peut-être interdire le diesel dont l'Euro-métropole, est-ce que pour vous ce serait une solution envisageable ?

BRUNE POIRSON
Ecoutez, pour nous la priorité, elle est peu à peu de mettre en place un ensemble de solutions qui permettent d'améliorer la qualité de l'air. Je crois qu'il ne faudrait pas uniquement jeter l'opprobre sur une technologie ou un mode de transport spécifiquement. Je crois que c'est un ensemble de solutions qu'il faut trouver, mais il est certain que les véhicules diesel, nous ne savons, émettent beaucoup de particules fines et pour cela et c'est tout le sens des désengagements qui ont été pris par le gouvernement au niveau européen et au niveau français, eh bien il faut peu à peu sortir des véhicules diesel.

AUDE RASO
Sans date limite pour le moment, c'est encore assez flou.

BRUNE POIRSON
Il y a des objectifs européens, mais je crois qu'au-delà de ça, il faut aussi et c'est tout l'objet de la loi d'orientation des mobilités qui a été votée très récemment et portée par la ministre, Elisabeth BORNE, eh bien cette loi, elle permet de mettre en place et de déployer des zones à faibles émissions sur le territoire. C'est un dispositif qui permet de restreindre temporairement ou même définitivement l'accès à une zone particulière pour des véhicules les plus polluants. Il y a déjà 23 collectivités qui se sont engagées à la mettre en place d'ici fin 2020 et Strasbourg en fera partie.

AUDE RASO
L'autre actualité en Alsace, on l'a entendu, c'est la sécheresse. Comment est-ce qu'on peut, comment les pouvoirs publics peuvent agir pour essayer de réparer ce problème ?

BRUNE POIRSON
Là c'est un problème qui est, qui va supposer des changements profonds de comportement et de nos habitudes. Et c'est pour ça qu'on travaille étroitement avec le ministère de l'Agriculture notamment de façon à répartir et re-répartir les usages, de façon aussi parfois et nous l'avons annoncé, à faire évoluer les tarifs de l'eau afin qu'il y ait un partage des usages qui soit plus équilibré entre, et les industriels et les citoyens et les agriculteurs. Parce qu'il est certain que nous ne pouvons pas continuer à consommer de l'eau de cette façon.

AUDE RASO
Parce que là on a quand même entendu que c'était surtout les débits qui étaient réduits, mais pas vraiment la quantité d'eau, est-ce que les restrictions sont assez fortes, est-ce qu'il ne faut pas y aller… de manières… être plus rigoureux ?

BRUNE POIRSON
Non, écoutez au niveau des restrictions, tout ce qui est pris de toute façon est fait et est en lien très étroit avec les experts du ministère de la Transition écologique et solidaire, du ministère de l'Agriculture. Vous pouvez faire confiance dans les mesures qui sont prises, maintenant réduire, les mesures qui sont prises actuellement sont bonnes, mais il va falloir des changements plus profonds, plus systémiques et c'est tout l'objet des discussions que nous avons concernant par exemple les retenues d'eau ou concernant même plus largement, comme je le disais, les équilibres et la distribution d'eau entre ces différents groupes.

AUDE RASO
La semaine prochaine votre projet de loi anti-gaspillage sera examiné en première lecture au Sénat, qu'est-ce que ça va changer pour le consommateur ?

BRUNE POIRSON
Alors beaucoup de choses, c'est un projet de loi qui vise vraiment à faire rentrer à permettre aux Français, à faire rentrer l'écologie dans le quotidien des Français et à permettre aux Français qui nous l'ont demandé, de pouvoir faire plus, d'avoir plus les moyens de protéger la planète. Et ça commence par exemple par le développement et la mise en place d'un indice de réparabilité, ce qui fait que quand vous irez acheter un appareil électronique ou électroménagers, eh bien vous saurez Plus précisément si l'appareil est réparable, facilement ou pas et notamment parce que les pièces de rechange devront être mises à disposition, non plus sous deux mois, mais sous 20 jours. Il y aura aussi la possibilité d'utiliser des pièces détachées d'occasion. Par ailleurs aussi il y aura une harmonisation des consignes de tris sur l'ensemble du territoire, vous savez que c'est compliqué, il faut bien se l'avouer, aujourd'hui en France, de trier, parfois les consignes varient d'une ville à l'autre, parfois on ne sait pas exactement où doivent aller les emballages que nous consommons, eh bien l'objectif, il est de simplifier tout ça et d'harmoniser la couleur des poubelles sur le territoire. Il est aussi potentiellement et nous y travaillons avec et les sénateurs, et les élus et les entreprises concernées, ainsi que des associations, à la mise en place d'un système de consignes, de consignes sur, soit pour recyclage, soit pour réemploi.

AUDE RASO
L'Alsace qui est déjà assez avancée sur le système de consignes.

BRUNE POIRSON
Tout à fait.

AUDE RASO
Notamment pour le verre. Merci beaucoup Brune POIRSON. Je rappelle que vous êtes la secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire.

BRUNE POIRSON
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 26 septembre 2019