Déclaration de Mme Florence Parly, ministre des armées, en réponse à une question sur l'OTAN, au Sénat le 13 novembre 2019.

Texte intégral

Monsieur le Sénateur,


Lorsque le président de la République a évoqué la mort cérébrale de l'OTAN, cela ne signifiait pas la mort de l'OTAN.

Cela signifiait que nul ne peut ignorer la crise que traverse l'organisation.

Sur un plan strictement militaire, les choses fonctionnent : l'OTAN est un outil robuste qui permet de planifier, de standardiser et d'inter opérer. Mais cela ne doit pas cacher l'essentiel : il y a un doute sérieux sur la garantie de sécurité américaine et, partant, sur l'article 5 du traité ; il y a aussi un questionnement profond sur la solidarité alliée, quand les Turcs attaquent ceux qui luttent contre Daech ; il y a enfin, vous l'avez dit, une insuffisance criante des efforts de défense des Européens, qui pourtant devraient constituer leur propre pilier au sein de l'Alliance.

On ne peut pas se satisfaire de cette situation. La volonté du président de la République est d'alerter à la veille du sommet de Londres : l'OTAN est la pierre angulaire de la sécurité et de la défense européennes, mais elle doit s'adapter, en profondeur.

Le chef de l'Etat s'en est entretenu avec le président des Etats-Unis, avec lequel des convergences existent ; ils sont convenus de se revoir avant le sommet de Londres.


Monsieur le Sénateur,

L'OTAN a déjà connu un certain nombre de crises, et il ne faut pas s'en apitoyer ; au contraire, il est sain pour une organisation de se repenser. Ce que nous proposons, c'est de lancer, avec les alliés, une vraie réflexion stratégique sur l'avenir de l'Alliance et la force de nos engagements en son sein. Nous ferons prochainement des suggestions précises à cet effet.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 novembre 2019