Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics, à Sud radio le 18 novembre 2019, sur la politique économique du gouvernement.

Prononcé le

Intervenant(s) :

Thématique(s) :

Texte intégral

PATRICK ROGER
Bonjour Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

PATRICK ROGER
Les nouvelles scènes de violences ce week-end, à qui est-ce que vous les attribuez, vous, des gilets jaunes ou des casseurs ?

OLIVIER DUSSOPT
A tous, à tous ceux qui ont manifesté, à tous ceux qui s'en sont pris aux policiers. A tous ceux qui s'en sont pris aux pompiers. Quand on manifeste, c'est un droit en France, et on a la chance extraordinaire de vivre dans un pays de droit…

PATRICK ROGER
Oui, mais quand on manifeste, on n'est pas tous forcément casseurs, est-ce que…

OLIVIER DUSSOPT
Non, mais les images…

PATRICK ROGER
Donc vous mettez sur un même pied d'égalité les gilets jaunes et les casseurs ?

OLIVIER DUSSOPT
Je pense que quand on manifeste et qu'il y a de la casse, on s'éloigne, et quand on reste dans les incidents, quand on reste dans les violences, quand on empêche les pompiers d'approcher des incendies, quelle que soit la raison pour laquelle on est présent, on devient complice de tout cela. Et donc la seule réponse qu'on peut apporter, c'est une réponse d'autorité, une réponse de maintien de l'ordre, une réponse de protection des biens et des personnes.

PATRICK ROGER
Oui, bon, mais quand même, alors, vous ne faites pas de distinction entre des gens qui peuvent perturber, des manifestants qui, a priori, dans un premier temps, disaient que c'était plutôt pacifiste, non ?

OLIVIER DUSSOPT
Mais je sais qu'il y a des hommes et des femmes dans ce pays qui ont des raisons de manifester, en tout cas, qui ont des motivations qui leur sont personnelles, ça se respecte, il faut respecter les revendications, il faut respecter les attentes, mais il ne faut pas accepter la violence.

PATRICK ROGER
Oui, bon, et cela dit, place d'Italie, je ne sais pas si c'était le meilleur choix en fait pour les rassembler, parce qu'il y avait quand même beaucoup de chantiers sur place, ils ont été muselés après en fait là-bas, on les a encerclés, en quelque sorte…

OLIVIER DUSSOPT
La question n'est pas l'endroit, la question, c'est le comportement…

PATRICK ROGER
Eh bien, si, aussi, quand même, non ?

OLIVIER DUSSOPT
Non, la question n'est pas l'endroit, c'est le comportement, et quand on est là pour casser, quel que soit l'endroit, on est là pour casser, et…

PATRICK ROGER
Tout le monde n'était pas là… non, mais Olivier DUSSOPT, à vous écouter, on a l'impression que tout le monde qui était place d'Italie était là pour casser ?

OLIVIER DUSSOPT
Les images place d'Italie étaient quand même sans pareille…

PATRICK ROGER
Oui, bien sûr…

OLIVIER DUSSOPT
Et je le répète, il y a des hommes et des femmes qui veulent manifester, c'est un droit constitutionnel, il est respecté, mais quand il y a de la casse, on condamne la casse. On n'empêche pas les pompiers d'intervenir.

PATRICK ROGER
Alors revenons-en quand même aussi sur les réponses, il y a eu les 17 milliards depuis 1 an, mais les plus pauvres, ceux qui ne paient pas notamment d'impôts, disent qu'ils ne bénéficient pas de l'argent qui a été mis sur la table et qu'ils ont ce sentiment… il y a ce sentiment qu'il y a toujours une fracture qui est présente…

OLIVIER DUSSOPT
Je crois que les réponses qui ont été apportées sont des réponses d'ampleur et qui couvrent tous les champs de la société, il y a une baisse de l'impôt sur le revenu à hauteur de 5 milliards d'euros, effectivement, elle bénéficie à ceux qui payent des impôts, à ceux qui travaillent, qui ont ce revenu, juste au moment où on commence à gagner suffisamment pour payer des impôts, ça devient difficile. Il y a la baisse de la taxe d'habitation, la taxe d'habitation a baissé d'un deuxième tiers pour 80% des Français lors du mois d'octobre. Et l'année prochaine, 80% des Français ne paieront plus de taxe d'habitation, et en 2023, plus aucun Français ne paiera de taxe d'habitation. Il y a l'augmentation de la prime d'activité, la prime d'activité, elle est justement faite pour ceux qui ont un revenu autour du Smic, un petit peu plus, qui ne payent pas forcément d'impôts, mais qui sont à la limite et qui ont du mal à s'en sortir. Il faut avoir en tête qu'en 2016, la prime d'activité, ça représentait dans le budget de l'Etat 4 milliards d'euros, cette année, en 2019, ça représente 9 milliards d'euros, ce sont plus de 4 millions de Français qui ont accès à la prime d'activité avec une augmentation, puisque c'était notre volonté et la décision du président de la République, de 90 euros par mois. Ça avait été annoncé le 10 décembre, et ça marche, ça marche pour le privé, ça marche pour le public. Et puis, permettez-moi juste de l'ajouter, parce que j'ai dit « tous les champs de la société…

PATRICK ROGER
Oui, allez-y, Olivier DUSSOPT, oui…

OLIVIER DUSSOPT
Je pense aussi à ceux qui ont le moins, je pense notamment aux retraités qui ont des toutes petites retraites, qui sont à ce qu'on appelle le minimum vieillesse, c'est l'ancien nom. Nous augmentons le minimum vieillesse de 100 euros par mois, ça n'a jamais été fait, absolument jamais, de la même manière que nous augmentons l'allocation adulte handicapé de 100 euros par mois. Et cet engagement sera tenu tout début 2020 pour la dernière tranche d'augmentation, ça n'a jamais été fait non plus.

PATRICK ROGER
Oui, alors, mais pourquoi il y a cette initiative des centristes qui veulent organiser une conférence sociale, Olivier DUSSOPT, et notamment sur les salaires avant le 5 décembre, c'est-à-dire qu'il y a quand même encore un problème…

OLIVIER DUSSOPT
Je crois que tout le monde cherche des solutions, tout le monde cherche des clés pour que le dialogue social dans ce pays, que les réformes puissent avancer et que les choses se passent mieux, les centristes, comme vous les appelez, ont eu cette initiative, cela rejoint d'une certaine manière ce que le Premier ministre a prévu de faire sur le champ notamment des retraites, puisqu'il doit rencontrer à nouveau les partenaires sociaux…

PATRICK ROGER
Mais sur cette initiative, vous dites banco, pourquoi pas, c'est une bonne ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas à moi d'en décider, et à titre…

PATRICK ROGER
Non, non, mais enfin, vous êtes au gouvernement vous êtes bien placé quand même ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est quand même pas à moi d'en décider, et ça revient évidemment au Premier ministre, mais à titre personnel, je ne sais pas si les réponses sont dans des sommets, dans des conférences ou si elles sont dans des actions. Je crois plus à l'action en général, et je le répète, quand on parle salaires, je l'entends, nous avons pris des initiatives, ça ne relève pas directement du salaire, mais j'ai évoqué la prime d'activité, Nous reconduisons en 2020 ce qu'on appelle la prime exceptionnelle, certains disent la prime Emmanuel MACRON, mais à une condition, c'est que ça se passe dans le cadre d'un accord d'intéressement, parce que nous considérons que le partage des richesses et des valeurs créées dans l'entreprise est un point qui est extrêmement important, les élus centristes, par leur tribune, encouragent à plus de dialogue. Dès lors qu'il y a plus de dialogue on ne peut qu'y souscrire.

PATRICK ROGER
Non, mais c'est ça, il y en a besoin avant le 5 décembre, notamment…

OLIVIER DUSSOPT
Avant et après…

PATRICK ROGER
Oui, avant et après, bien sûr, mais aussi avant peut-être le 5 décembre avec les syndicats, le patronat ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne pense pas que la politique nationale doit s'arrêter à une seule date, il y a un 4, il y a un 6 décembre, il y a un avant et un après, il y a des choses que nous avons faites, il y a des choses que nous allons continuer à faire, pour faire en sorte que les choses aillent mieux, c'est parfois difficile à percevoir dans le quotidien, mais l'année 2019 sera une année d'augmentation du pouvoir d'achat comme nous ne l'avons que rarement connu dans notre pays, avec plus de 2 % d'augmentation du pouvoir d'achat en moyenne. Nous mettons en place de nouvelles politiques, je pense au reste à charge zéro en matière de prothèses auditives, de prothèses dentaires, pour mieux accompagner les Françaises et les Français, leur permettre l'accès à ces services. Nous travaillons sur les questions d'Education. Il y a un avant, il y a un après, et surtout, il y a une continuité, et cette continuité, c'est de continuer et de faire en sorte que le programme du président de la République soit intégralement appliqué…

PATRICK ROGER
Bon, et puis que ça se ressente auprès des Français, parce que, visiblement, ce n'est pas encore ressenti auprès de tout le monde. L'idée d'une taxe carbone, là, juste, prônée par certaines ONG, notamment, aussi, Priscillia LUDOSKY, figures des gilets jaunes qui était là. Est-ce que c‘est une solution, l'idée d'une taxe carbone qui irait ensuite aux plus pauvres ?

OLIVIER DUSSOPT
Mais je vous rappelle que c'est la taxe carbone qui a mis le feu aux poudres, il y a quelque temps…

PATRICK ROGER
Oui, ce n'était pas destiné en fait aux plus pauvres, c'était destiné avant tout à Bercy, pour essayer en fait d'éponger la dette quand même…

OLIVIER DUSSOPT
Non, mais attendez, il faut…

PATRICK ROGER
Non, non, mais il faut dire les choses, Olivier DUSSOPT !

OLIVIER DUSSOPT
Oui, enfin, on a aussi le droit de le dire avec justesse et sans caricature, la taxe carbone, elle est destinée à financer la transition énergétique et la transition écologique, aujourd'hui, on le voit…

PATRICK ROGER
Attendez, attendez, ce n'était pas tout çà fait… alors, c'est ce qui avait été annoncé, mais on l'a vu à travers des mails, ce n'était pas vraiment ce qui avait été présenté…

OLIVIER DUSSOPT
Vous plaisantez, vous n'allez pas m'apprendre ce qu'il y a dans le budget de la France, on a un compte d'affectation spéciale sur la transition écologique, et tout ce que nous avons prélevé jusqu'à aujourd'hui en taxe carbone, en fiscalité écologique sert à financer aussi la transition écologique. Je vous donnais des chiffres tout à l'heure, sur l'année 2019, nous avons dû ajouter, et la loi de Finances rectificative pour le faire est encore en discussion. Nous devons ajouter 300 millions d'euros à un budget qui était déjà de 600 millions. Donc on passe à 900 millions pour financer des primes à la conversion automobile pour permettre et aider les Français qui veulent acheter des véhicules moins polluants. Nous travaillons sur les isolations de bâtiments, sur les économies d'énergie, tout ça, c'est de la transition, et tout ça profite à quelques catégories de Français…

PATRICK ROGER
Oui, juste au passage, c'est une bonne idée le déplafonnement donc du malus pour les voitures, les voitures les plus polluantes, oui ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est une des pistes, et nous avons déjà commencé depuis le 1er août à limiter, non pas à déplafonner le malus, mais nous avons limité le bonus…

PATRICK ROGER
Eh bien, là, en l'occurrence, c'est-ce qui est envisagé….

OLIVIER DUSSOPT
Il y a une piste de travail que nous partageons avec Bruno LE MAIRE. Mais depuis le 1er août, nous avons fait en sorte de supprimer le bonus pour les plus grosses cylindrées et les voitures les plus chères, nous considérons que lorsqu'un ménage a les moyens de s'acheter par exemple une Jaguar électrique à 70.000 ou 80.000 euros, il n'a pas nécessairement…

PATRICK ROGER
Il n'y en a pas beaucoup, mais bon…

OLIVIER DUSSOPT
Il n'y en a pas beaucoup, mais…

PATRICK ROGER
Non, c'est plutôt rare…

OLIVIER DUSSOPT
Mais ceux-ci n'ont pas nécessairement besoin d'une prime de 3.000 ou 4.000 euros, et bout à bout, ça fait quelques dizaines de millions d'euros d'économisées.

PATRICK ROGER
Oui, en revanche, pour le diesel, ce n'est pas concerné par ce déplafonnement du malus ?

OLIVIER DUSSOPT
Non, on fait attention, y compris pour accompagner les secteurs d'activité, et je le répète, ça fait partie des pistes sur lesquelles nous travaillons.

PATRICK ROGER
Dites-moi, Olivier DUSSOPT vous avez en charge notamment la Fonction publique, qui sera fortement mobilisée le 5 décembre, vous redoutez justement une paralysie ou pas ?

OLIVIER DUSSOPT
Le 5 décembre sera un mouvement de grève qu'on nous annonce important, nous verrons le 5, sur la question des retraites, il y a des réponses qui ont été apportées et que nous allons continuer à répéter, notamment sur la question de la Fonction publique, je pense aux enseignants, le ministre de l'Education leur a écrit la semaine dernière pour expliquer que la réforme des retraites telle qu'elle était proposée dans ses grands axes, puisque la concertation est encore en cours, par Jean-Paul DELEVOYE, devrait s'accompagner, si elle était mise en oeuvre ainsi, de mesures de compensation dans le temps, puisque cette réforme a vocation à se mettre en oeuvre progressivement, pour faire en sorte que les enseignants qui, par rapport à d'autres agents publics, sont parmi ceux qui ont le moins de primes ne soient pas perdants au système. Et donc il faut travailler à cela…

PATRICK ROGER
Ça va représenter 13 milliards – j'ai vu – d'euros, c'est ça ?

OLIVIER DUSSOPT
Oui, c'est un chiffre qui est totalement faux…

PATRICK ROGER
Ah bon, d'accord…

OLIVIER DUSSOPT
C'est un chiffre qui est totalement faux…

PATRICK ROGER
C'est quel chiffre alors, quelle fourchette, parce que moi, c'est ce que j'ai lu, donc dites-nous, donnez-nous des précisions, Olivier DUSSOPT…

OLIVIER DUSSOPT
Le chiffre est d'autant plus faux qu'il n'est pas arrêté, il n'est pas arrêté pour une raison simple, c'est que la concertation est en cours et le chiffre sera arrêté lorsqu'on connaîtra les arbitrages terminaux, définitifs. Par contre, le chiffre que vous avez évoqué, de 13 milliards d'euros, c'est quelqu'un qui s'est – entre guillemets – amusé, mais le terme n'est pas le bon, à regarder de combien il faudrait augmenter telle ou telle masse salariale en une seule fois. Comme si la réforme se mettait en place de manière brutale et en une seule fois, alors que nous sommes sur une réforme différente, avec trois temps de calendrier, après la concertation, un premier temps qui fixera dans une loi-cadre les principes du nouveau système universel et les principes de la transition. Ensuite, un temps pour voir comment nous amenons chacun des 42 régimes spéciaux vers ce modèle universel avec une transition au rythme de chacun, et ensuite, un troisième temps de validation de l'ensemble.

PATRICK ROGER
Vous avez quand même une idée, une fourchette, sur cette compensation pour les salaires des professeurs, à peu près…

OLIVIER DUSSOPT
Ça dépend tellement de…

PATRICK ROGER
Non, mais à peu près, une fourchette…

OLIVIER DUSSOPT
Ça dépend tellement des arbitrages et du rythme, il est compliqué de donner une fourchette. Nous parlons évidemment…

PATRICK ROGER
Ah bon, vous n'avez pas une idée quand même !

OLIVIER DUSSOPT
Nous parlons évidemment de…

PATRICK ROGER
Vous avez une idée ? Attendez, Olivier DUSSOPT, vous avez une idée ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous parlons évidemment de milliards d'euros, puisque lorsque nous parlons des enseignants, nous parlons d'environ 850.000 enseignants, donc avec une masse salariale qui…

PATRICK ROGER
Cinq, six milliards donc, la moitié, non ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne sais pas si ça se compte comme ça, mais ça se compte dans le temps, puisque, je l'ai dit, la transition sera progressive, peut-être sur 15 ans, peut-être sur 20 ans.

PATRICK ROGER
Dites-moi, où en est-on de la promesse d'Emmanuel MACRON de la suppression de 120.000 postes dans la Fonction publique ?

OLIVIER DUSSOPT
Cette suppression de 120.000 postes qui avait été annoncée pendant la campagne se répartissait en deux catégories, 70.000 dans les collectivités locales, ça peut être tenu, puisque les collectivités font des efforts, non pas pour diminuer globalement leurs dépenses, mais pour freiner l'augmentation. Et lorsqu'elles freinent l'augmentation, comme elles le font, ça se traduit par des suppressions de postes, des non-remplacements de départs à la retraite, ça peut être tenu. Pour l'Etat, nous l'avons dit, nous l'avons inscrit dans les différents documents budgétaires, nous ne serons pas à 50.000 suppressions, nous allons supprimer 27.000 équivalents temps plein, nous allons en créer 16.000 dans des domaines prioritaires, comme la sécurité, parce que ça fait partie des attentes, et donc au final, l'équilibre sera plutôt à moins 11, moins 12.000. Pourquoi est-ce que nous faisons ça par rapport aux 50.000, parce qu'il y a eu un grand débat, et que dans ce grand débat, le président de la République et le gouvernement ont entendu la demande de proximité. Et à la fin du grand débat, c'était le 25 avril, le président a pris l'engagement de ne pas fermer d'écoles, de ne pas fermer d'hôpitaux…

PATRICK ROGER
Mais est-ce qu'il ne pouvait pas y avoir un redéploiement plutôt, non ? Ce n'était pas possible ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous faisons aussi du redéploiement…

PATRICK ROGER
Oui, oui…

OLIVIER DUSSOPT
Nous faisons aussi du redéploiement…

PATRICK ROGER
Oui, oui, eh bien, d'ailleurs, il y a 6.000 fonctionnaires parisiens, c'est ça, qui vont être déployés en région ?

OLIVIER DUSSOPT
Exactement, l'objectif…

PATRICK ROGER
Quand ça, c'est quand, là ?

OLIVIER DUSSOPT
Entre le 1er janvier et 2022, nous allons le faire sur la base du volontariat, d'abord, nous allons le faire sur les nouvelles affectations en sortie d'école des services publics, l'objectif que nous avons, nous avons identifié à peu près 6.000 emplois, dont presque la moitié au ministère de l'Action des comptes publics, à Bercy. C'est de faire en sorte que des services, non pas des agents, mais des services, qui ne reçoivent pas de public, qui font de l'instruction de dossiers, de l'administratif, ce qu'on appelle parfois en bon français du back-office, puissent être installés dans des zones rurales ou périurbaines, parce que lorsqu'on installe, dans une ville de 10.000, 15000 habitants, une cinquantaine d'emplois au centre-ville, on participe aussi à la redynamisation …

PATRICK ROGER
Et ils vont bénéficier de primes ces gens-là…

OLIVIER DUSSOPT
Ça sera accompagné, Mais c'était déjà le cas lorsqu'un agent public voit son service réorganisé, il est accompagné, et c'est normal…

PATRICK ROGER
Un mot du congrès des maires qui s'ouvre, enfin, qui a lieu cette semaine, vous y allez, vous, jeudi….

OLIVIER DUSSOPT
En fin de semaine, oui…

PATRICK ROGER
Qu'en est-il de la suppression de la taxe d'habitation, parce que ça donne encore des sueurs froides en fait à certains maires qui ne voient pas toute la compensation ?

OLIVIER DUSSOPT
La taxe d'habitation est supprimée progressivement, je l'ai dit, et les maires constatent aujourd'hui que cette suppression se traduit par aucune baisse de leur fiscalité, puisqu'ils perçoivent la fiscalité tous les mois par douzième, et ils vont vu que le dégrèvement progressif ne faisait pas bouger cela…

PATRICK ROGER
Mais alors, qu'est-ce que vous allez leur dire jeudi, finalement, finalement, vous n'avez plus rien à leur dire, alors, si ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce que je vais leur dire jeudi, c'est que, à partir de 2021, il y aura un nouveau modèle de financement des collectivités, les communes toucheront plus la taxe d'habitation, à la place, elles toucheront la taxe foncière que les départements perçoivent aujourd'hui, et les départements percevront une partie de la TVA perçue par l'Etat, et une partie dont l'Etat va se délester, puisqu'il est évidemment hors de question d'augmenter la TVA, nous avons pris trois engagements. Que la compensation soit intégrale, elle le sera à l'euro près, qu'elle soit dynamique et qu'elle tienne compte de l'évolution des bases, ça sera le cas, et qu'elle soit pérenne, c'est-à-dire, que ce ne soit pas des dotations ou des allocations comme ça a toujours été le cas, parce qu'au bout de deux, trois ans, ça finit par baisser, que ce soit de la fiscalité, ça sera le cas aussi. Et donc c'est un engagement tenu, et que je répéterai jeudi devant le Congrès des maires.

PATRICK ROGER
Oui, le mot de la fin, Olivier DUSSOPT, avec Cécile de MENIBUS.
CECILE DE MENIBUS
Je reviens sur la déclaration de Didier GUILLAUME, le ministre de l'Agriculture, qui prône une tolérance zéro, c'est-à-dire zéro gramme dans le sang pour toute personne qui prendrait le volant pour lutter contre toute forme d'addictions ; est-ce que ce n'est pas un peu radical ?
OLIVIER DUSSOPT
Ça été fait par de nombreux pays, de très nombreux pays, qui ont mis en place cette tolérance zéro et qui souhaitent que pas un verre ne soit autorisé pour les conducteurs. Je ne sais pas si c'est radical, je pense que l'essentiel, c'est d'avoir des résultats, nous avons commencé à en avoir, pas que nous, les gouvernements précédents, et la lutte contre les accidents de la route, puisque c'est cela qui est visé est une priorité, la proposition ou l'idée évoquée par Didier GUILLAUME fait partie des pistes de travail, des pistes de réflexion, ça n'est pas arrêté aujourd'hui, mais ça fait partie des pistes comme d'autres pays l'ont déjà fait.

PATRICK ROGER
Plus un seul verre d'alcool !

CECILE DE MENIBUS
Merci beaucoup.

PATRICK ROGER
Même un verre de vin ? Non, mais quand vous allez à la foire en Ardèche par exemple, chez vous, etc.…

OLIVIER DUSSOPT
Il faudra faire attention…

PATRICK ROGER
Il faudra faire attention, on ne pourra plus…

CECILE DE MENIBUS
Même pas de sirop pour la toux, je vous rappelle…

OLIVIER DUSSOPT
Je le répète, ça a été, ça n'est pas arbitré et ça n'est pas décidé. Donc il faut l'avoir en tête. Mais pour répondre à votre question, si c'était le cas, et comme c'est le cas dans d'autres pays, il faudra faire attention.

CECILE DE MENIBUS
Ça va faire grogner encore.

OLIVIER DUSSOPT
Et je pense que si c'est décidé, ça ne sera pas facile, mais, vous savez, toutes les mesures en matière de sécurité routière, depuis les premières mesures importantes, prises par Jacques CHIRAC notamment, ont fait grogner. J'ai en tête, parce que mon âge me le permet, le moment où on a obligé les gens à mettre leur ceinture de sécurité à l'arrière, même ça, ça faisait râler.

PATRICK ROGER
C'est vrai, oui. Merci Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des comptes publics, était l'invité de Sud Radio ce matin.

OLIVIER DUSSOPT
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 novembre 2019