Déclaration à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur le décès de treize militaires français au Mali et la coopération euro-méditerranéenne, à Marseille le 26 novembre 2019.

Prononcé le

Intervenant(s) :

Circonstance : Méditerranée du futur

Thématique(s) :

Texte intégral

Je voudrais vous faire part de ma grande tristesse et de mon émotion à la suite de l'accident d'hélicoptères qui a eu lieu hier soir au Mali, dans la région de Ménaka, où treize militaires ont trouvé la mort. Certains venaient de cette région. Ils étaient là pour notre sécurité, ils étaient là en opération contre le terrorisme, et ils méritent notre admiration. Je voulais aussi dire à leurs familles, à leurs frères d'armes, toute notre empathie à tous. Merci.

Q - Est-ce que vous connaissez les circonstances ?

R - La ministre des armées prendra la parole tout à l'heure.

Q - En tant que ministre des affaires étrangères, est-ce que cela remet en cause la politique, éventuellement, de la France là-bas, ou est-ce qu'elle restera toujours la même ?

R - C'est un accident dramatique. La position de la France est inchangée. Nous combattons contre le terrorisme, avec des soldats de grande qualité, souvent au péril de leur vie. Merci.

Q - Est-ce que vous connaissez les circonstances ?

R - Je vous ai dit que la ministre des armées prendra la parole à 14h00. Je n'ai pas d'autre commentaire à faire sur ce sujet.

Q - Dans ces circonstances diplomatiques, l'année dernière, vous disiez cette Mer mérite mieux. Qu'est-ce qui s'est amélioré depuis l'année dernière, en termes de coopération euro-méditerranéenne ?

R - Ce qui me marque le plus, c'est d'abord le nombre de participants à cette rencontre. Il y avait cette initiative, très perspicace, de Renaud Muselier, de faire en sorte que Marseille devienne le lieu où l'on parle de projets. Au début je crois que cela a été suivi par un enthousiasme modéré. Mais j'étais présent. Et là, nous parlons maintenant d'investissements, nous parlons de projets concrets, il y a de plus en plus de monde. Cela montre que l'enjeu est partagé, et qu'il nous faut désormais identifier des projets concrets pour que ce rendez-vous de Marseille soit, tous les ans, le point fixe de la mobilisation sur les projets concrets. Et là, j'en ai vus, des projets concrets, il y en a qui sont venus de la part du sommet des deux rives, qui est une organisation différente, puisque le Sommet des deux rives concerne les Etats du nord et du sud de la Méditerranée, et qui est d'une composition particulière avec les organisations internationales, mais aussi de la société civile. Je crois qu'il y a une dynamique qui s'est créée et que je constate aujourd'hui.

Q - Comment entendez-vous connecter ces deux événements "Sommet des deux rives" et "Méditerranée du futur" ?

R - Qu'il y ait d'abord une plateforme commune, qui soit identifiée, j'ai donné des indications à cet égard. Pour que l'on puisse à la fois identifier des projets et mobiliser autour de ces projets, et voir comment cette mobilisation peut aboutir à des résultats concrets. Mais même dans les tables rondes que vous avez pu entendre ce matin, on a vu émerger des projets qui n'étaient pas encore identifiés. Donc, cela marche, c'est assez enthousiasmant. Et il y a beaucoup de jeunes. J'attends beaucoup d'eux.

Q - Vous parliez aussi d'une nouvelle image de la Méditerranée. On pense aussi malheureusement à la Méditerranée comme théâtre de nombreux drames humains, avec la crise migratoire. Au-delà de l'accueil et des dispositifs d'accueil, pensez-vous que ce genre d'événement, ces projets de coopération, c'est une partie de la réponse au problème ?

R - Ce n'est pas toute la réponse. La réponse majeure, c'est de lutter contre les trafiquants, dont on ne parle pas assez et pas suffisamment violemment, ceux qui s'enrichissent sur la misère du monde et jouent le rôle de passeurs, alors qu'ils savent souvent que c'est le passage pour aller vers le drame. C'est cela qui compte. Mais pour le reste, tous les projets de collaboration permettent de renforcer l'espace de paix. Oui, bien sûr.

Q - Et un espace économique souverain, pour toute la zone Méditerranée ?

R - C'est plus compliqué.

Q - Monsieur le Ministre, est-ce qu'on peut parler d'une relance de la politique méditerranéenne sans parler de la migration ?

R - Non, mais l'enjeu des migrations est complexe et nécessite un dialogue, d'abord. Il nécessite aussi que l'Union européenne établisse son propre agenda sur l'étude des migrations et que le dialogue entre les pays de la Méditerranée et l'Union européenne soit fructueux. Mais il existe déjà beaucoup, et dans chacun de mes déplacements, j'ai l'occasion de parler de ces enjeux. Vous savez, je terminerais par cela, quand un jeune quitte son pays, que ce soit le Sénégal, le Niger ou autre, pour faire ce long chemin, souvent semé d'embûches et de drames, pour aller ailleurs, ce n'est pas parce qu'il a vraiment envie d'aller ailleurs. C'est parce qu'il ne trouve pas sur place l'activité qui lui permettrait de vivre. Et donc l'enjeu migratoire, c'est aussi l'enjeu du développement des pays concernés. Et c'est ce à quoi sert aussi ce forum méditerranéen. Merci.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 2 décembre 2019
 

mots-clés :