Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances, à CNews le 31 décembre 2019, sur la fuite de l'ancien patron de Renault poursuivi par la justice japonaise.

Texte intégral

ROMAIN DESARBRES
Nous sommes en direct avec Agnès PANNIER-RUNACHER, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie en charge du commerce. Merci Madame la secrétaire d'Etat d'être en direct avec nous ce matin sur CNews. Vous visitez des commerces touchés et frappés par les conditions de la grève, les conséquences de la grève, mais je vais vous interroger évidemment sur cette information de la nuit : la fuite de Carlos GHOSN. Quelle est votre réaction ? Comment est-ce que vous avez appris la nouvelle ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
J'ai appris la nouvelle comme tout le monde, c'est-à-dire par les médias hier soir. Je suis très surprise. Je n'ai pas de commentaire particulier puisque je n'ai pas d'informations plus approfondies que les vôtres, si ce n'est que monsieur GHOSN n'est pas au-dessus des lois comme tous les ressortissants français, mais qu'étant un ressortissant français, il bénéficiera évidemment du soutien consulaire comme il en a bénéficié lorsqu'il était au Japon. Et ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est l'avenir de RENAULT, c'est l'avenir…

ROMAIN DESARBRES
Est-ce que la France doit tenter de rentrer en contact avec Carlos GHOSN ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ecoutez, je crois que ce qui est important aujourd'hui pour le gouvernement français, c'est l'avenir industriel de RENAULT NISSAN, et je veux saluer ici le travail remarquable fait par Jean Dominique SENARD. Pour nous ce qui est important, c'est l'avenir industriel de RENAULT, les milliers d'emplois qui sont derrière. Le sujet de Carlos GHOSN est au regard de cet enjeu-là un enjeu de deuxième rang. Nous ferons notre devoir à l'égard de ce ressortissant français comme nous le faisons pour tous les Français qui sont à l'étranger et qui doivent ou peuvent bénéficier d'un soutien consulaire.

ROMAIN DESARBRES
Agnès PANNIER-RUNACHER, Carlos GHOSN s'est plaint du manque de soutien de la France et dans son communiqué, il dit qu'il était victime de persécutions politiques. Est-ce que la France l4a assez soutenu.

AGNES PANNIER-RUNACHER
La France a apporté un soutien consulaire très actif, notamment sur les conditions de détention au Japon. Je rappelle que ces conditions, elles sont plus strictes notamment qu'en France et nous sommes intervenus. L'ambassadeur de la France au Japon a été particulièrement actif. Après, .je crois que chacun doit respecter les lois du pays dans lequel il réside, où il travaille et de ce point de vue-là, monsieur Carlos GHOSN n'est pas un citoyen différent des autres. C'est un citoyen comme les autres.

YOANN USAI
Agnès PANNIER-RUNACHER, vous dites que Carlos GHOSN est un citoyen ordinaire, qu'il doit respecter la loi. Ça signifie, si je vous comprends bien, que vous souhaitez donc qu'il soit jugé au Japon, qu'il y retourne en fait. C'est ce que vous nous dites là.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ce que je vous dis, c'est qu'il n'est pas au-dessus des lois et que, en l'occurrence, il a pris sa décision. Nous n'en connaissons pas complètement les circonstances. Je comprends qu'il va prendre la parole médiatiquement, nous écouterons avec intérêt ce qu'il aura à dire. Mais en tout était cause, nous n'avons pas à nous immiscer dans une procédure judiciaire dans un pays qui est un Etat de droit. Le Japon est un Etat de droit.

ROMAIN DESARBRES
Merci beaucoup Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Et je le redis encore une fois, l'enjeu pour le gouvernement…

ROMAIN DESARBRES
L'enjeu pour le gouvernement, c'est l'avenir de RENAULT, voilà. Ce qui est important, c'est l'avenir du groupe.

AGNES PANNIER-RUNACHER
L'enjeu pour le gouvernement, c'est l'avenir de RENAULT et les milliers d'emplois qui sont derrière. Ne nous trompons pas de combat.

ROMAIN DESARBRES
Ne nous trompons pas de combat, vous ajoutez. Merci beaucoup d'avoir réagi ce matin en direct sur CNews. Première réaction du gouvernement dans La Matinale de Cnews.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 janvier 2020

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