Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics, à France Bleu Drôme Ardèche le 8 janvier 2020, sur la réforme des retraites.

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Intervenant(s) :

  • Olivier Dussopt - Secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics

Texte intégral

PIERRE-JEAN PLUVY
Bonjour Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

PIERRE-JEAN PLUVY
A l'issue de la reprise de la concertation sur la réforme des retraites, ça bloque encore et toujours sur l'âge pivot. Vous l'avez entendu la CFDT et l'UNSA réclament le retrait pur et simple, le Premier ministre apparemment n'est pas prêt à lâcher, on n'avance pas là.

OLIVIER DUSSOPT
J'étais avec le Premier ministre hier dans la réunion de négociation avec les organisations syndicales et les organisations patronales et quand nous avons fait le tour de table pour évoquer la réunion de vendredi sur les questions de financement du système universel de retraite, toutes les organisations syndicales présentes ont dit leur intérêt et l'UNSA comme la CFDT ont dit à leur volonté d'y participer. Il y a un différend sur la question de l'âge d'équilibre et le Premier ministre l'a répété hier, il a une double responsabilité. La première, c'est de construire un système universel parce que c'est plus juste et plus efficace et la deuxième, c'est que ce système soit équilibré. Il a aussi dit que si les partenaires sociaux proposent d'autres méthodes pour équilibrer le système, il y est ouvert et c'est aussi l'objet de la réunion de vendredi.

PIERRE-JEAN PLUVY
Oui mais Olivier DUSSOPT, le problème, c'est que la réunion de vendredi, la CFDT, l'UNSA menacent de ne pas y aller si l'âge pivot n'est pas purement et simplement retiré, on fait comment dans ces conditions ?

OLIVIER DUSSOPT
Je pense que la réunion de vendredi se tiendra, qu'elle se tiendra avec l'ensemble des syndicats qui souhaitent participer à ces négociations, à la fois sur le financement puisque Laurent BERGER lui-même disait que la question du financement, l'équilibre n'était pas un gros mot, qu'il fallait y réfléchir à moyen et à long terme. Le Premier ministre souhaite et c'est une question de responsabilité évidemment que ces questions soient traitées en même temps que la réforme des retraites et j'ai bon espoir, même très bon espoir que la réunion de vendredi non seulement se tienne, mais permettre d'avancer vers un compromis et un terrain d'entente.

PIERRE-JEAN PLUVY
Ça veut dire que la CFDT et l'UNSA selon vous font du flanc aujourd'hui ?

OLIVIER DUSSOPT
Non parce que j'ai trop de respect pour ces deux organisations pour parler comme ça. Ces deux organisations et la CFDT tout particulièrement ont des positions constantes depuis le début, disent leur soutien à l'idée d'un système universel à point trouvant que c'est juste comme nous, disent leur souci, leur difficulté avec l'âge d'équilibre, ce que l'on peut entendre et nous, nous disons au niveau du gouvernement que nous sommes ouverts à des discussions sur ce qui serait des trajectoires d'alternatives. Et par ailleurs nous avons ouvert des discussions hier et je vais ouvrir ce matin des discussions avec les organisations syndicales de la fonction publique sur des sujets qui sont importants et qui vont avec la question des retraites comme avec la question de la gestion des carrières, je pense à la pénibilité qui aujourd'hui n'est pas prise en compte dans le secteur public, à l'aménagement des fins de carrière ou encore aux questions de revalorisation de certains métiers de la fonction publique qui méritent d'être revalorisés.

PIERRE-JEAN PLUVY
Il n'empêche, je suis désolé d'y revenir mais l'âge pivot est toujours là et tant qu'il sera là, dit la CFDT, on ne reviendra pas la table des négociations.

OLIVIER DUSSOPT
Je crois que je crois très clairement et très sincèrement que les choses sont un peu plus nuancées que l'affirmation que vous faites et que les discussions continuent.

PIERRE-JEAN PLUVY
C'est Laurent BERGER qui le dit, ce n'est pas moi.

OLIVIER DUSSOPT
Je sais bien, mais je peux vous assurer que les choses sont plus nuancées et que la discussion de vendredi aura lieu et permettra, j'en suis convaincu d'avancer.

PIERRE-JEAN PLUVY
Il y a les déclarations médiatiques, donc si on vous entend bien et puis puisqu'il se passe réellement dans les bureaux et dont on n'est pas au courant, c'est ça ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas, enfin vous savez quand on est dans une discussion et dans une négociation évidemment que tous les sujets sont abordés de manière simultanée. La CFDT a une position extrêmement claire sur la réforme des retraites et il faut la respecter, nous la respectons et la CFDT par la voix de Laurent BERGER dit aussi son intérêt, son attention à ce que le régime soit équilibré. Dès lors que nous sommes d'accords sur les principaux objectifs, je pense que la question des modalités peut être arbitrée, tranchée, qu'on peut se mettre d'accord sur des moyens de résoudre ces difficultés-là, c'est l'objet de vendredi et c'est aussi une ouverture supplémentaire faite par le Premier ministre qui a ouvert de nombreux chantiers le 19 décembre, après les premières réunions de concertations et de négociations et qui hier a dit aussi son ouverture, en disant et en qualifiant, je reprends ses mots, l'idée, la proposition de Laurent BERGER est de bonne idée, je partage évidemment cet avis et nous avons y travailler.

PIERRE-JEAN PLUVY
Olivier DUSSOPT pendant les vacances de fin d'année, on a bien vu qu'il y avait eu des concessions qui avait été faites pour certaines professions, les pilotes, les danseurs, les marins, vous vous parlez d'un régime qui est toujours universel, il y a quand même des régimes spécifiques qui repointent le bout de leur nez, non ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est un peu plus compliqué que ça, nous avons fait un régime universel avec la possibilité pour chacun d'acquérir des points dès la première heure travaillée, la possibilité de valoriser les retraites dès le premier enfant, notamment pour les femmes, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

PIERRE-JEAN PLUVY
Oui, il y a plus en même quoi que vous en disiez des régimes spécifiques qui sont revenus.

OLIVIER DUSSOPT
Il ne s'agit pas de régimes spécifiques, il s'agit de tenir compte, ce que nous avons toujours dit, des caractéristiques de certains métiers, lorsque vous êtes policiers, lorsque vous êtes douaniers et exposés à un risque, il est normal de pouvoir partir plus tôt à la retraite, lorsque je vais ouvrir tout à l'heure avec les organisations de la fonction publique, les organisations syndicales, le débat sur la pénibilité, c'est aussi pour dire que dans la fonction publique lorsque vous êtes exposé un métier pénible, comme dans le secteur privé, vous devez pouvoir partir plus tôt. Ça n'empêche pas de participer à un système universel, c'est simplement dire que l'on peut tenir compte des caractéristiques de certains métiers. Vous avez cité un métier en particulier qui concerne très peu en réalité, mais qui permet d'illustrer, les danseurs de l'Opéra de Paris, bien évidemment que personne ne va dire à des danseurs étoile, à des danseurs professionnels, qu'ils peuvent danser et exercer leur profession jusqu'à 62 ou 64 ans. Donc il y a des justifications à la prise en compte des caractéristiques dans le cadre d'un système universel.

PIERRE-JEAN PLUVY
Olivier DUSSOPT, vous êtes bien occupés par cette réforme des retraites, il y a aussi un autre sujet qui est dans un coin de votre tête malgré tout, c'est l'Ardèche, chère à votre coeur.

OLIVIER DUSSOPT
Bien sûr.

PIERRE-JEAN PLUVY
Vous avez décidé de ne pas vous engager pour les municipales à Annonay en mars, dites-nous pourquoi.

OLIVIER DUSSOPT
Cela fait deux mandats, je suis conseiller municipal et j'ai eu la chance au cours de ces 10 ans de mandat de conseiller municipal, d'être maire d'Annonay pendant 10 ans. C'est une aventure absolument extraordinaire et c'est certainement le plus beau des mandats, celui où on construit. Si j'ai pris la décision de ne pas être candidat à un troisième mandat de conseiller municipal, c'est pour deux raisons. La première, c'est que les activités que j'ai au sein du gouvernement me retiennent à Paris l'essentiel de la semaine, avec trois heures, quatre heures pour faire les allers-retours, donc l'impossibilité d'exercer correctement ce mandat de conseiller municipal et je pense qu'il ne faut pas être candidat à un mandat qu'on ne peut pas exercer. Et puis la deuxième raison, c'est qu'il y a une très bonne liste soutenue et portée par Simon PLENET, le président de l'agglomération, qui est un ami, qui est mon ancien adjoint, que je soutiens à 200%. Je sais qu'ils vont continuer à faire un superbe travail pour Annonay et je les soutiendrai à la fois dans la campagne et aussi pour porter les dossiers de la commune. Je le fais aujourd'hui comme membre du gouvernement, j'ai, vous l'avez dit une attention pour l'Ardèche, toutes les communes de ce département avec mon coeur évidemment et mes racines, mes tripes qui sont à Annonay, qui reste ma ville, celle où j'ai grandi, celle où j'habite.

PIERRE-JEAN PLUVY
Olivier DUSSOPT, le secrétaire d'Etat ardéchois de la Fonction publique qui ne veut pas courir deux lièvres en même temps, le gouvernement et la municipalité. Merci à vous, passez une bonne journée.

OLIVIER DUSSOPT
Merci, bonne journée à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 janvier 2020