Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur le retour des djihadistes, à l'Assemblée nationale le 14 janvier 2020.

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Circonstance : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale

Texte intégral

Monsieur le Député,


La priorité du gouvernement a toujours été d'assurer la sécurité de nos concitoyens dans le respect de nos principes et de nos valeurs. Et les combattants de Daech, dont vous parlez, sont des hommes et des femmes qui ont pris la décision de rejoindre Daech, de se battre dans une zone de guerre, de combattre la France. Ils doivent donc être poursuivis au plus près du lieu où ils ont commis leurs crimes.

Notre priorité a toujours été d'assurer, mais je l'ai dit ici à plusieurs reprises, la lutte contre l'impunité des crimes commis par ces combattants : c'est une question de sécurité, c'est aussi une question de justice à l'égard de leurs victimes. Certes, l'instabilité de la zone complique aujourd'hui les options disponibles à court terme, mais le principe reste le même. Notre priorité à ce stade, c'est de faire appliquer la décision que la Coalition, dans sa réunion de Washington que nous avions provoquée, a prise à l'unanimité de ses membres, pour que la détention sûre et durable soit assurée.

À la différence de ces combattants, les enfants, eux, par contre, doivent avoir un sort différent. Je pense que vous avez confondu dans les propos de la garde des sceaux les deux points de vue. En ce qui concerne les enfants, dans la mesure où eux n'ont pas choisi de rejoindre l'Irak et la Syrie, ils n'ont pas choisi de rejoindre une organisation terroriste, et c'est la raison pour laquelle nous considérons que les mineurs, notamment orphelins et isolés les plus vulnérables, doivent être rapatriés. Nous l'avons fait à deux reprises, mais nous n'avons pas le contrôle effectif de ces territoires et les opérations que nous avons menées n'ont pu l'être qu'après une négociation avec les forces locales, puisque nous sommes dans une zone de guerre. Et s'il y a d'autres opportunités de rapatriement des enfants mineurs, orphelins, isolées ou vulnérables, nous le ferons. Voilà quels sont nos principes, ils n'ont pas bougé depuis longtemps.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 janvier 2020