Interview de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, à Sud Radio le 4 mars 2020, sur l'épidémie de COViD-19, la réforme des retraites et la crise migratoire.

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Texte intégral

CECILE DE MENIBUS
« Le petit déjeuner politique » de ce matin, c'est Jean-Baptiste LEMOYNE, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

PATRICK ROGER
Bonjour Jean-Baptiste LEMOYNE.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Bonjour.

PATRICK ROGER
Le président Emmanuel MACRON a déclaré hier qu'il prévoyait une phase qui va durer des semaines et sans doute des mois. Quel est le message de cette petite phrase hier ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, le message c'est qu'il faut s'habituer à vivre dans la durée, effectivement, avec ce coronavirus. Donc ça veut dire qu'il faut effectivement s'adapter, un certain nombre de précautions, d'hygiène élémentaire, ça a été dit, les gestes, se laver les mains etc. Un certain nombre également de restrictions dans des activités sociales. Vous avez vu, les rassemblements de plus de 5 000 personnes dans des lieux confinés, effectivement, ont été interdits, pour éviter en tous les cas que le virus se propage plus encore. On est…

PATRICK ROGER
C'est compliqué, parce que ça ajoute de la psychose, quoi, avec cette petite phrase d'hier « ça va durer des semaines et sans doute des mois », est-ce que c'était la bonne formulation, non ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas que la vie s'arrête, et justement on fait tout pour que la vie continue, mais ça veut dire qu'il faut que chaque citoyen, chaque Français, puisse prendre un certain nombre de dispositions, pour que justement la vie continue de la façon la plus normale possible, mais en s'adaptant quand même, en sachant qu'il y a ce phénomène, et qu'on souhaite au maximum endiguer sa propagation. Vous l'avez vu, il y a quatre clusters, il faut au maximum restreindre…

PATRICK ROGER
Oh lala, ce mot cluster !

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Voilà, c'est restreindre…

PATRICK ROGER
On n'aurait pas pu choisir un mot basque, par exemple ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Enfin, c'est quatre foyers, allez, foyers.

PATRICK ROGER
Oui, foyers.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Le mot foyers. Quatre foyers, et il faut au maximum restreindre. Voilà. Par exemple, en matière d'éducation, eh bien dans ces zones-là effectivement il y a certaines écoles qui sont fermées, et avec Jean-Michel BLANQUER, on s'est adapté, grâce au CNED on peut donner un enseignement à distance pour au moins 3 heures par jour, aux élèves qui sont concernés. J'en parle aussi, parce que je m'occupe beaucoup des Français établis hors de France, on a des Français qui sont en Chine, qui eux sont encore au plus près du foyer originel, et donc on a mis en place ce type de dispositif, également, pour que la vie puisse continuer, différemment, mais puisse continuer.

PATRICK ROGER
Le président qui hier soir aussi a ajouté : "nous sommes prêts, et les masques vont être réquisitionnés pour être distribués aux soignants".

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ça a été fait cette nuit, le décret est paru dans le Journal officiel cette nuit.

PATRICK ROGER
Oui, mais alors de quels masques ? On a vraiment des réserves, des stocks ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Oui, tout à fait.

PATRICK ROGER
Agnès BUZYN disait, il y a un mois et demi : « on a des dizaines de millions de masques ».

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Je confirme.

PATRICK ROGER
Des dizaines de millions.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Tout à fait.

PATRICK ROGER
Eh bien je croyais que c'était 15 millions.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non non non, mais il y a un stock au global qui est beaucoup plus important, qui est de l'ordre d'une centaine de millions, si ma mémoire est bonne, mais il y en a 15 millions qui sont d'ores et déjà distribués ou en cours de distribution auprès des hôpitaux, des ARS, des pharmacies, tout simplement pour équiper les personnes qui en ont besoin. Alors j'insiste sur « qui en ont besoin », parce que vous et moi, si nous sommes bien portants, on n'a pas besoin d'avoir ce masque. Il faut le distribuer aux personnes qui sont les plus faibles, qui sont atteintes, et éventuellement suspicieuses, voilà etc.

PATRICK ROGER
Et puis les personnels soignants.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Exactement, et les professionnels.

PATRICK ROGER
Sauf que ça ne protège pas véritablement, c'est ça qui est compliqué, le sauf avec les FFP2.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Donc, il y a…

PATRICK ROGER
Il y a besoin de clarification.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Pour les personnes qui vraiment sont en contact premier et puis sont touchées, mais sinon c'est les règles d'hygiène élémentaires, qui ont été rappelées, et qui d'après les plus grands spécialistes, ce n'est pas moi qui le dis, sont des barrières importantes, déjà.

PATRICK ROGER
Efficaces, oui. Le 19 février, la France a envoyé un AIRBUS de 17 tonnes de matériel à la Chine, c'est sur le site du gouvernement, diplomatie.gouv.fr, ça représente quoi ces 17 tonnes et pourquoi nous l'avons fait alors ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors, nous avons envoyé du matériel en Chine, mais également dans d'autres foyers touchés, nous préparons des éléments pour l'Iran par exemple, eh bien pour pouvoir aussi apporter une aide, une contribution face... dans des pays qui sont particulièrement touchés…

PATRICK ROGER
Eh bien oui, mais on a déjà du mal à faire face chez nous, alors pourquoi envoyer à l'extérieur ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non non, mais on était dans une logique humanitaire. Pour le coup, grâce à ce décret sur les masques par exemple, ça veut dire que désormais tous les masques produits en France resteront en France, qu'il n'y aura pas d'exportation possible.

PATRICK ROGER
Alors ça c'est sûr ? Parce qu'il y a par exemple l'un des plus gros producteurs, qui a eu une commande passée par les Britanniques, et qui passe avant la commande française. Alors, qu'est-ce qui va se passer pour ce producteur ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors, il y a une réunion justement, aujourd'hui même, au ministère de la Santé, entre les producteurs, le ministère, pour travailler sur ce sujet-là. Mais en tous les cas ce décret de réquisition fait qu'il n'y a pas de crainte à avoir sur l'alimentation.

PATRICK ROGER
Donc on passera avant les Britanniques, alors.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Tout ça va être déterminé. Je ne suis pas à la réunion au ministère de la Santé avec les producteurs, c'est là où tous ces éléments vont être mis sur la table, mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il n'y a pas de crainte de pénurie à ce stade, on est là, on est équipé pour répondre aux besoins.

PATRICK ROGER
Est-ce qu'il y a un plan, une concertation européenne également, puisque vous, vous êtes en charge l'Europe justement ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Oui, tout à fait. Tout à fait. Les ministres de la Santé européens vont se retrouver le 6 mars, donc c'est en fin de semaine, ils l'ont déjà fait il y a quelques jours et c'est important effectivement pour coordonner la réponse, parce qu'il faut que, enfin, nous sommes un ensemble où nous circulons énormément, cette libre circulation fait que, voilà, il est important d'avoir des réponses qui soient les plus proches possible, les systèmes de santé peuvent être différents, et donc ce dialogue il est important, il se poursuit.

PATRICK ROGER
Oui, bon. Vous allez réunir aussi des professionnels du secteur du tourisme…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Tout à fait.

PATRICK ROGER
... puisque vous avez en charge au ministère des Affaires étrangères, vous êtes ministre auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et aussi le tourisme, donc, pour faire un point en fait plus précis.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors, Bruno LE MAIRE et Agnès PANNIER-RUNACHER, que vous receviez hier, ont reçu l'ensemble des secteurs économiques. Pour ma part, mardi prochain, je réunis ce qu'on appelle le Comité de filière tourisme, justement, où on a tous les professionnels, pour suivre la situation. C'est vrai que j'étais hier avec... je recevais le président. L'UMIH…

PATRICK ROGER
Les hôteliers.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Les hôteliers restaurateurs, qui me faisait part de ses préoccupations. On observe à peu près une chute de 20% des arrivées aériennes. Pour l'hébergement, il y a une moyenne, mais une moyenne cache des disparités, une baisse de 5 à 10%. Il y a des établissements qui peuvent être beaucoup plus touchés que ça, ceux qui sont peut-être à proximité de centres de congrès etc., et face à cela, avec Bruno LE MAIRE, on a décidé d'avoir une réponse massive de soutien aux entreprises, avec eh bien par rapport aux charges, des étalements possibles, avec la Banque publique d'investissement qui peut venir garantir des prêts de trésorerie faits par les TPE PME, parce qu'il y a besoin là aussi que la vie économique continue, que nos entreprises, eh bien…

PATRICK ROGER
Oui, vous n'allez pas les étrangler, les asphyxier avec des demandes de cotisations, etc.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non non non non. On est dans une situation un peu exceptionnelle, qui demande aussi des réponses exceptionnelles, et donc c'est pourquoi...

PATRICK ROGER
Mais ça risque de durer aussi cette crise, donc le secteur du tourisme risque d'être fortement impacté, là, au printemps en France ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors, pour l'instant, les données que nous avons, par exemple vous savez, dans le tourisme on a les prévisions d'arrivées aériennes à 3 mois, à 6 mois. Pour l'instant on est sur des prévisions en baisse de l'ordre de 5 à 7, 8%. Voilà. Il faut faire face à cela. Nous avons pour l'instant encore beaucoup d'arrivées des Etats-Unis, du Royaume-Uni, qui compensent la clientèle, qui compensent presque la clientèle chinoise, ou coréenne, asiatique, qui elle est en chute libre, - 80% sur la clientèle chinoise. Ais il est important effectivement, nous sommes la première destination touristique au monde et donc il est important, eh bien, d'être aux côtés de nos professionnels.

PATRICK ROGER
Est-ce qu'il y a des nouvelles mesures qui sont prises dans les aéroports par exemple ou face aux touristes étrangers qui viendraient toujours en France ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors, vous savez, dans les aéroports se sont... il y a un dispositif qui concerne en fait les vols en provenance des zones les plus infestées, on va dire, et pour lesquels il y a des dispositifs de prise de température, etc., et puis beaucoup de recommandations qui sont faites aux passagers. Voilà. Je crois qu'il faut aussi beaucoup compter sur la responsabilité personnelle et c'est pourquoi il est important d'en parler en fait énormément effectivement sur vos ondes, pour que chacun ait le bon réflexe.

PATRICK ROGER
Mais il y a de nouvelles consignes qui sont données aux compagnies aériennes également et aux aéroports ou pas ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Eh bien les consignes elles ont été données. On est aujourd'hui dans la phase 2. Les consignes liées à la phase 2 ont été données samedi. Vous savez, tout le monde est sur le pont. On a eu ce Conseil des ministres extraordinaire, le président était lui-même auprès de la cellule de crise hier au ministère de la Santé. Ce matin même dans une heure, une demi-heure maintenant, un Conseil de défense exceptionnel. Donc, au fur et à mesure, les consignes sont prodiguées à l'ensemble des secteurs.

PATRICK ROGER
On va passer à la phase 3 bientôt, c'est ça ? Vous le redoutez ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Le ministre de la Santé a dit qu'on n'y était pas encore, que le stade épidémique se rapprochait, mais on n'y était pas encore, donc pour l'instant…

PATRICK ROGER
Et là, il y aura de nouvelles mesures, Jean-Baptiste LEMOYNE.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Exactement. En fait, ce qu'il faut retenir, c'est que tout ça est évolutif et que par définition les mesures, eh bien seront amenées à évoluer en fonction de l'évolution également, du virus.

PATRICK ROGER
Moins de transports, moins de déplacements, probablement, c'est ça ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Donc il faudra à ce moment-là, aviser. Pour l'instant on essaie de rester dans cette phase 2, qui est de lutter contre la propagation et le fait qu'il ait de nouveaux foyers.

PATRICK ROGER
Bon. Le 49.3 a été utilisé à l'Assemblée nationale pour faire passer la réforme des retraites.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
C'est la 89ème fois, donc ce n'est pas vraiment un scoop. Vous savez, c'est un outil qui est dans la Constitution française depuis 1958…

PATRICK ROGER
Vous regrettez quand même d'avoir et obligés et contraints d'utiliser ce 49.3 ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Eh bien, on regrette que finalement les oppositions aient fait le choix juste de la flibuste. La flibuste parlementaire c'est le fait de noyer d'amendements le Parlement pour qu'il ne puisse plus débattre, en fait, il est complètement paralysé. Et c'est dommage, parce que du coup, il n'y a pas eu vraiment des débats sur le fond, alors que ce projet, pour le régime des retraites…

PATRICK ROGER
Ça peut revenir. Ça peut revenir, puisqu'il va y avoir la navette quand même.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Voilà. On finit une étape à l'Assemblée nationale, maintenant le texte va au Sénat. Vous savez, moi j'ai été sénateur, je sais que cette maison elle aime regarder de près le texte et avoir un vrai débat, d'ailleurs au Sénat il n'y a pas de 49.3/ Moi, rapporteur de la loi El Khomri à l'époque, j'ai pu voir combien on avait pu nous-mêmes apporter notre touche, et puis ensuite le texte reviendra à nouveau à l'Assemblée. Donc le débat se poursuit et c'est heureux.

PATRICK ROGER
Jean-Baptiste LEMOYNE, vous êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, il y a une crise européenne actuellement, enfin en tout cas une crise sur les réfugiés, est-ce qu'on doit se préparer à une crise migratoire semblable à celle de 2015, où 1,5 million de personnes était venu en Europe ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ce qui est sûr, c'est que je crois que par rapport à 2015, les Européens doivent faire preuve de beaucoup plus d'unité et de soutien face aux pays qui sont en première ligne face à cette situation, je pense à la Grèce, à la Bulgarie. C'est pourquoi d'ailleurs Ursula VON DER LEYEN, Charles MICHEL, la présidente de la Commission et le président du Conseil européen, étaient hier à la frontière gréco-turque, tout simplement parce que c'est la frontière extérieure de l'Union européenne. Et honnêtement, le président ERDOGAN, enfin voilà, à travers ERDOGAN, on a…

PATRICK ROGER
Mais il faudra des sanctions contre ERDOGAN. On a bien pris des sanctions contre la Russie.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ce que je veux dire, c'est que le président ERDOGAN utilise finalement les migrants, d'éventuels réfugiés, un peu comme une sorte de menace, et c'est un comportement qui est discutable.

PATRICK ROGER
C'est du chantage.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
C'est du chantage.

PATRICK ROGER
Mais alors, est-ce qu'il ne faudrait pas répliquer avec des sanctions ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Vous savez, on a un accord qui nous lie à la Turquie. Cet accord, qui remonte à 2016, justement, prévoit un accompagnement financier massif, 6 milliards d'euros, pour aider la Turquie à non seulement installer ses réfugiés, ses migrants, mais les accompagner également dans leur nouvelle vie. Et donc, quelque part, quand il y a un accord, eh bien il faut que les 2 parties soient au rendez-vous. Nous on est au rendez-vous des décaissements financiers, il faut que la Turquie soit au rendez-vous de son côté aussi.

PATRICK ROGER
Jean-Baptiste LEMOYNE, le mot de la fin avec Cécile de MENIBUS.

CECILE DE MENIBUS
Le cas du vice-ministre iranien de la Santé, montre qu'il a été infecté par le nouveau coronavirus, ce qui montre aussi que les politiques, donc forcément, sont aussi en première ligne. Vous, vous êtes aux Affaires étrangères, donc vous recevez des délégations étrangères, est-ce que vous êtes suivi régulièrement ? Est-ce que le président MACRON est suivi régulièrement ? Et comment on peut être sûr que tout se passe bien ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Eh bien j'applique finalement ce que j'évoquais, la responsabilité individuelle, c'est-à-dire, eh bien voilà, j'applique ces gestes d'hygiène élémentaires. Je m'assure que je n'ai pas de fièvre, voilà.

CECILE DE MENIBUS
Oui mais quand même, comment être rassuré que ceux que vous recevez ne l'aient pas non plus ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Mais encore une fois…

CECILE DE MENIBUS
C'est compliqué.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Je m'assure que moi, en tous les cas, je suis en bonne condition, et c'est ça, si j'avais un pépin, naturellement j'irais consulter et... pour savoir si je pose un problème.

PATRICK ROGER
Xavier BERTRAND prend deux fois par jour sa température, parce qu'il a côtoyé en fait des gens qui étaient porteurs.

CECILE DE MENIBUS
Mais, il y a un risque quand même.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Je crois que, encore une fois, de façon générale…

CECILE DE MENIBUS
Vous ne voulez pas le dire, mais il y a un risque.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, non non…

CECILE DE MENIBUS
Mais si, il y a un risque.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ce que je veux dire, c'est que dans la vie, il faut toujours être prudent. Voilà. Eh bien j'adapte et je mets en oeuvre naturellement les préconisations qui ont été faites pas ministre de la Santé.

PATRICK ROGER
Eh bien voilà ! Je vais vous donner…

CECILE DE MENIBUS
Mettez-en, mettez-en.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Je mets le petit…

CECILE DE MENIBUS
Et prenez une douche. Prenez une douche avec.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
J'ai vu que vous m'aviez dit d'ailleurs que les micros étaient également traités après chaque intervenant…

CECILE DE MENIBUS
Absolument.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Donc voilà, je crois que chacun fait ce qu'il faut pour que la vie se poursuive.

CECILE DE MENIBUS
D'accord.

PATRICK ROGER
Merci Jean-Baptiste LEMOYNE, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, était l'invité ce matin de Sud Radio. Voilà. Et puis le gel, il ne faut pas quand même aller trop fort, parce qu'on n'a plus beaucoup de stocks.

CECILE DE MENIBUS
Non non mais il faudra le fabriquer, vous nous en fabriquer, monsieur LEMOYNE.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 9 mars 2020