Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur la coopération européenne face à l'épidémie de Covid-19, à l'Assemblée nationale le 24 mars 2020.

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Circonstance : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale

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Texte intégral

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Madame la Députée,


Il y a eu hier très longuement une réunion des ministres des affaires étrangères des 27, autour du Haut représentant M. Borrell. Il y aura, vous l'avez indiqué, après-demain, une nouvelle réunion du Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement.

Les points de discussion, de mobilisation et de coordination sont nombreux. Moi, j'en retiens surtout quatre :

Le premier, c'est d'assurer, entre nous, la bonne coordination, la bonne complémentarité, la bonne cohérence du retour de nos ressortissants, que ce soit à partir du niveau central pour établir les cartographies de lieux où il faut intervenir, que ce soit au niveau local, aéroport par aéroport, pour faire en sorte qu'il y ait des réponses communes appropriées. C'est le premier sujet.

Le deuxième sujet, c'est la coopération et le renforcement de l'action commune au niveau sanitaire. Vous avez indiqué que les ministres de la santé, même si ce n'est pas dans les compétences de l'Union européenne, se voient régulièrement, se rencontrent et se parlent pour échanger des informations sur les mesures à prendre. Mais il y a eu aussi des actions communes pour la mise en commun de moyens, les achats groupés de matériel de protection, la mise en oeuvre d'un vrai paquet de recherches qui a été initié.

Le troisième sujet, mais il est le plus connu, c'est l'adoption d'un paquet sans précédent pour soutenir l'économie réelle, que ce soit les entreprises ou le soutien aux salariés, avec les mobilisations financières que vous connaissez, et surtout l'assouplissement des règles, que ce soit les aides d'Etat ou que ce soit la modification des règles du pacte de stabilité et de croissance.

Mais il y a un dernier point que je voudrais souligner, dont on ne parle pas assez maintenant et que nous avons évoqué longuement hier. C'est celui de la coopération internationale et du soutien indispensable à apporter aux pays tiers les plus vulnérables, parce qu'ils vont en avoir très vite besoin. Je pense en particulier à l'Afrique.

Et nous aurons l'occasion, je pense, de mobiliser un vrai paquet financier d'assistance pour éviter que l'épidémie ne mute vers des régions ou des continents qui aujourd'hui ne sont pas contaminés, mais qui demain pourraient être un nouveau risque pour nous. C'est une question à la fois de solidarité, mais c'est aussi une question d'intérêt pour notre sécurité.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 mars 2020