Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur la coordination européenne dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19, à l'Assemblée nationale le 14 avril 2020.

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Circonstance : Question à l'Assemblée nationale

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Texte intégral

Monsieur le Député,


Jean-Louis Bourlanges a raison. L'Europe est au rendez-vous.

Il y a eu un petit peu de mal au démarrage. Mais elle est vraiment au rendez-vous parce que jamais, il n'y a eu une telle mobilisation de tous les instruments disponibles, de tous les outils disponibles, à un niveau jamais atteint. Vous les avez cités, que ce soit la Banque centrale européenne, que ce soit la Banque européenne d'investissement, que ce soit le Mécanisme Européen de Stabilité, oui, l'Europe est au rendez-vous.

Et, au-delà de ces outils, la réponse européenne est allée même au-delà de ce que certains considéraient, jusqu'à il y a peu de temps, comme impossible, voire même irresponsable - je pense à l'assouplissement considérable des règles en matière d'aide d'Etat et des règles du pacte de stabilité et de croissance, aux fameux 3% -. L'Europe a su s'affranchir, en cette période dramatique, des tabous et des dogmes.

Mais, vous avez raison, Jean-Louis Bourlanges a raison, cela ne suffit pas. Il faut aller beaucoup plus loin et en appelant de vos voeux une clarification de ce que vous nommez le pacte de subsidiarité et de solidarité, vous posez la question majeure : l'Europe est-elle capable de se réinventer ? Ou est-elle seulement vouée à réagir aux événements qu'elle subit et à n'avancer que lorsqu'elle est confrontée à une crise, comme on a souvent coutume de le dire ?

Et notre réponse est claire : la crise que nous vivons, je le dis parce que j'en suis intimement convaincu, doit être pour l'Union un accélérateur de refondation ; un accélérateur de refondation pour que, à la sortie de cette crise, cette refondation permette à l'Europe d'être à la fois plus solidaire, plus pragmatique, plus réactive, mais aussi plus souveraine. Et surtout, qu'elle soit consciente, puisque vous citez Malraux, de sa puissance, qui doit s'imposer, et dont elle doit être elle-même très fière.

Alors, dans ce cadre-là, le grand test de demain, ce sera effectivement la mise en oeuvre du fonds de relance qui a déjà été initié par la réunion de l'Eurogroupe. J'espère que lors de la réunion des conseils européens du 23 avril, ce sera acté.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 avril 2020