Déclaration de M. Emmanuel Macron, président de la République, sur la Conférence de financement de l'initiative ACT-A face à la pandémie de Covid-19, à Paris le 4 mai 2020.

Texte intégral

"Merci beaucoup chère Ursula, merci beaucoup madame la présidente de la Commission européenne,
Monsieur le Président du Conseil,
Monsieur le Secrétaire Général des Nations unies,
Chers collègues, Mesdames et Messieurs les chefs d'Etat et de gouvernement,
Monsieur le directeur général de l'OMS, cher Tedros,
Mesdames et Messieurs,


Le 26 mars dernier, les leaders du G20 se sont engagés pour que la réponse internationale à la pandémie du Covid-19 soit à la fois massive, coordonnée et solidaire. Ce qu'elle doit être et vous l'avez parfaitement rappelé à l'instant.

Le 24 avril, avec l'OMS, avec tous les acteurs de la santé mondiale réunis pour la première fois en un temps record autour de principes communs, qu'il s'agisse de fonds verticaux, d'Etats, de fondations privées, nous avons lancé l'initiative ACT-A pour :

1. Accélérer la conception et la production des moyens de diagnostics, de traitement et des vaccins ;
2. Garantir un accès sûr, équitable et universel à ces moyens vitaux de lutte contre la pandémie ;
3. Consolider les systèmes de santé pour lutter contre le Covid-19 dans les pays les plus fragiles et poursuivre le combat contre les autres maladies. Je pense en particulier à tous nos partenaires africains. Ce troisième pilier est essentiel car renforcer les besoins en santé primaire est indispensable si nous voulons aussi gagner contre le Covid-19.

Cette initiative est historique, nécessaire, structurante. Je pense que la conférence de financement aujourd'hui organisée par l'Union Européenne est extrêmement importante et je vous en remercie, Madame la Présidente. Nous tirons, ce faisant, toutes les leçons des expériences passées sur les grandes pandémies et leur gestion, de ce qui a fonctionné comme de ce qui n'a pas fonctionné. Face au COVID-19, le chacun pour soi serait une erreur majeure. Il est légitime, comme nous l'avons tous fait, que les Etats veillent à protéger évidemment leurs populations et apportent leurs propres réponses. Mais nous ne pourrons en sortir définitivement qu'ensemble. Par la coopération, c'est que l'initiative ACT-A a conduit à faire, par la coopération au sein de l'Union Européenne, par la coopération dans cette action, par la coopération des Etats, des organisations verticales, des fondations mais aussi des acteurs privés du monde de la pharma.

En accélérant notamment sur la recherche de traitements et de vaccins, même si nous savons que cela prendra du temps. Et c'est pour cela qu'au coeur de cette initiative, il y a la décision aussi que nous devons collectivement porter, que ce vaccin, le jour où il sera mis au point, sera un bien public mondial. C'est-à-dire qu'il n'appartiendra à personne, mais il nous appartiendra à tous.

Ceux qui l'inventeront, auront leur juste rémunération, mais l'accès sera donné à l'ensemble de la planète par l'organisation que nous aurons choisie, les bons financements, la bonne organisation publique et privée, que nous mettrons derrière.

Cette initiative implique des financements et nous sommes là aujourd'hui pour que chacun y prenne sa part. Je remercie la présidente de la Commission de ce rôle qui témoigne aussi de la volonté de l'Europe d'être au coeur de cette réponse internationale.

Une course contre la montre est engagée. Il nous faut encore accélérer pour épargner des vies, sortir des incertitudes de la crise et engager l'immense travail de reconstruction sociale et économique qui sera nécessaire.

Notre réunion aujourd'hui est nécessaire à cet égard, pour nous donner les moyens d'agir à la bonne échelle. La France y prendra toute sa part, comme elle l'a fait depuis le début de la crise que nous traversons.

Parce que, d'abord, nous avons besoin de l'OMS pour faire face à l'urgence, et pour consolider son rôle essentiel d'alerte, de détection, de coordination, nous allons renforcer substantiellement le soutien que nous lui apportons pour les deux années à venir.

Parce que nous avons besoin d'accélérer sur la recherche et le développement d'un vaccin qui devra être accessible à tous.

Parce que nous avons un travail essentiel à conduire sur l'accès équitable à des diagnostics et traitements efficaces, notamment sur le plan des brevets.

Parce qu'enfin, rien ne sera possible sur les diagnostics, les traitements et les vaccins si nous ne soutenons pas les systèmes de santé.

Pour cela, la France engagera 500 millions d'euros supplémentaires dans le cadre de l'initiative ACT-A. Cette somme s'ajoutera en parfaite cohérence aux financements engagés, par ailleurs, dans le cadre de l'initiative "COVID-19 – santé en commun" pour laquelle nous mobilisons, au travers de l'Agence française de développement, 1,2 milliards d'euros pour le renforcement des réseaux régionaux de surveillance épidémiologique, la mise en place de plans nationaux de réponse, l'appui aux ONG, aux organismes de recherche pour répondre à l'urgence et renforcer durablement les systèmes de santé de nos partenaires africains.

Vous l'avez dit, Madame la présidente de la Commission européenne, la route sera longue. Une fois le vaccin découvert, une fois les traitements éprouvés, il faudra les produire en masse et les distribuer à tous. C'est pourquoi j'appelle chacun à contribuer à cet appel aux dons que nous lançons. Vous pourrez, demain comme aujourd'hui, compter sur mon engagement".


Source https://ue.delegfrance.org, le 18 mai 2020