Interview de M. Laurent Nunez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'intérieur, à LCI le 14 mai 2020, sur le déconfinement.

Intervenant(s) :

Prononcé le

Temps de lecture 23 minutes

Texte intégral

ELISABETH MARTICHOUX
Laurent NUNEZ, secrétaire d'Etat aux côtés de Christophe CASTANER, vous êtes en duplex en direct du ministère de l'Intérieur. Bonjour Laurent NUNEZ. Laurent NUNEZ, est-ce que vous êtes avec nous en direct du ministère de l'Intérieur, puisque les membres du gouvernement sont toujours en duplex, je vous dis bonjour Monsieur le Secrétaire d'Etat. Vous m'entendez ?

LAURENT NUNEZ
Bonjour, je vous entends très bien, Elizabeth MARTICHOUX.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ah, vous m'entendez, mais nous, on vous entend difficilement, je pense que ça va être rétabli dans les secondes qui viennent, et on a beaucoup, beaucoup, beaucoup de questions, malgré le duplex qui rend les choses un peu plus compliquées, on espère que vous reviendrez, vous, les membres du gouvernement, en studio. A l'instant, on en parlait sur ce plateau de la matinale de LCI, le Français SANOFI, et je voudrais votre réaction en tant que membre du gouvernement français, le Français SANOFI pourrait réserver la distribution de son vaccin en priorité aux Américains qui financent un labo en particulier là-bas, qui travaillent dessus, quelle est votre réaction ?

LAURENT NUNEZ
Ecoutez, ma réaction, vous savez, on s'occupe de sécurité intérieure, de protection des Français, d'application du déconfinement avec le ministre de l'Intérieur, donc madame PANNIER-RUNACHER a réagi ce matin sur ces questions qui dépassent, le comprendrez, mon domaine de compétences, vous m'entendez, Elizabeth MARTICHOUX ?

ELIZABETH MARTICHOUX
Moi, je vous entends parfaitement. Et on est très heureux, parce qu'on a plein de questions, vous dites, ça dépasse, ça dépasse mon domaine de compétences, d'accord, vous avez tous reçu des consignes de ne pas sortir de votre couloir, simplement, vous êtes Français aussi en plus d'être membre du gouvernement français, est-ce que c'est envisageable ?

LAURENT NUNEZ
Ecoutez, madame PANNIER-RUNACHER s'est exprimée ce matin au nous… enfin, elle a eu une expression au nom du gouvernement…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et elle a dit que c'était inacceptable…

LAURENT NUNEZ
Je suis prêt à répondre à vos questions évidemment dans d'autres domaines et pour tout ce qui touche aux compétences du ministère de l'Intérieur…

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, on y va ! 3 jours pleins de déconfinement, lundi, mardi, mercredi, Laurent NUNEZ, vous avez fait le point hier avec les préfets autour d'Emmanuel MACRON, les règles sont-elles respectées, quels sont les sujets de satisfaction et les points d'inquiétude ?

LAURENT NUNEZ
Ecoutez, les sujets de satisfaction, je crois qu'il faut rester modeste Madame MARTICHOUX, mais au même titre que le confinement a été énormément respecté par nos concitoyens grâce à l'action aussi qui a été engagée par les pouvoirs publics pour se faire, je crois que les premiers jours du déconfinement, en dépit de ce qui avait été annoncé, se passent pour l'instant très bien, comme ça a été rappelé d'ailleurs hier, en Conseil des ministres, par le président de la République, nous sommes, je crois, sur la bonne voie. Il faut poursuivre en ce sens, mais aussi avec beaucoup de prudence et beaucoup de vigilance, parce que le déconfinement, ça n'est pas non plus l'insouciance, donc il faut rester très prudent, très vigilant dans le respect des règles qui sont prévues dans le cadre de ce déconfinement et sur lequel nous allons revenir, je suppose.

ELIZABETH MARTICHOUX
Zone rouge, la police est intervenue à Paris, on a vu les images, énormément, lundi et mardi pour évacuer des petits groupes, soit sur les quais, soit à Montmartre est-ce qu'il y a eu d'autres épisodes semblables depuis. ?

LAURENT NUNEZ
Il y a d'abord, vous avez raison de rappeler ces faits, ces rassemblements qui se sont déroulés sur les quais du canal Saint-Martin, à d'autres endroits, on a les marches du Sacré-Coeur, d'autres endroits où on a pu assister effectivement à des rassemblements de personnes qui allaient au-delà de 10 ou qui parfois étaient inférieurs à 10, mais qui ne respectaient pas les gestes barrières, il faut bien avoir en tête que le déconfinement, c'est la sortie progressive du confinement, c'est-à-dire, c'est le rétablissement de la liberté de circulation, sans attestation, c'est la réouverture d'un certain nombre de commerces, c'est ça, le déconfinement, mais c'est aussi bien évidemment l'application de restrictions, et notamment les gestes barrières qui doivent être respectés en tous temps, en tous lieux, en toutes circonstances, et puis, évidemment, un certain nombre de restrictions dans les déplacements autorisés notamment les déplacements à plus de 100 kilomètres ou la fréquentation d'un certain nombre de lieux qui demeurent interdits, voilà, il faut être très prudent, je le redis vraiment avec beaucoup de fermeté, le déconfinement, ce n'est pas l'insouciance, il ne peut pas y avoir de déconfinement insouciant, il faut que nos concitoyens comprennent bien qu'il y a des règles à respecter et que les gestes barrières, et notamment la distanciation est une règle essentielle, et c'est ce qu'ont rappelé les policiers aux personnes qui fréquentaient les berges du canal Saint-Martin, comme on a pu le voir, il y a 48 heures.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que vous avez eu à mettre des contraventions ici ou ailleurs sur cette question du non-respect des gestes barrières et de la distanciation physique dans les lieux publics ?

LAURENT NUNEZ
Alors, la distanciation physique dans les lieux publics est une règle importante, notamment dans les transports en commun, où elle est rappelée, elle est importante, elle est importante partout, elle est imposée partout, mais dans certains endroits, elle est encore plus importante, d'ailleurs des endroits où par ailleurs on impose également le port du masque, vous savez, dans les premiers jours, il avait été dit, et ça avait été fait, que les contrôles allaient avoir une dimension pédagogique, c'est ce qui a été fait en grande majorité, il a pu, d'ores et déjà, évidemment, y avoir des verbalisations, nous n'avons pas encore les données consolidées, parce que nous sommes à J plus 4 aujourd'hui du déconfinement, mais on aura évidemment très rapidement les chiffres des contrôles, mais bien sûr, à la fois, il y aura cette action pédagogique dans le cadre de ce déconfinement, et il y aura des verbalisations….

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce qu'il y a eu des contraventions ?

LAURENT NUNEZ
Je n'ai pas le chiffre, Elizabeth MARTICHOUX, mais il y en a eu, vous savez qu'il y a une sanction qui est prévue, une amende…

ELIZABETH MARTICHOUX
Une amende de ?

LAURENT NUNEZ
Oui, c'est arrivé, oui, oui, c'est d'ores et déjà arrivé, quand on les forces de l'ordre et pas seulement les forces de l'ordre, car vous savez que dans les transports en commun, il y a d'autres catégories d'agents qui ont été autorisées, grâce à la loi que nous avons adoptée prorogeant l'état d'urgence sociale, par exemple, les agents de sécurité de la SNCF ou de la RATP sont maintenant habilités à verbaliser le nonrespect des règles qui sont prévues, et il y a eu des verbalisations à ce stade pour les personnes qui étaient vraiment bornées, qui ne voulaient pas respecter la distanciation, le port de masque, mais évidemment, plus on va aller dans le déconfinement, plus ces contrôles vont s'intensifier, je pense notamment au respect de la règle des 100 kilomètres, vous imaginez bien qu'à l'approche du week-end…

ELIZABETH MARTICHOUX
On va en reparler, on va en reparler, exactement…

LAURENT NUNEZ
A l'approche d'un week-end et des deux grands week-ends, il y aura des contrôles.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça, c'est important, mais un mot, parce qu'il y a une question quand même sur laquelle on a besoin de vos précisions, les rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront limités à 10 personnes, c'est ce qu'avait dit initialement Edouard PHILIPPE, et puis, le Conseil constitutionnel est intervenu, il a censuré cette mesure. Donc Laurent NUNEZ, rien n'interdit un rassemblement de plus de 10 personnes dans un lieu privé aujourd'hui ?

LAURENT NUNEZ
Oui, alors, il faut bien avoir les choses en tête, au moment, d'abord du confinement, au moment du confinement, c'était le maintien à domicile sauf dérogation pour motifs familiaux ou motifs professionnels, évidemment, ça a été important, vous pouvez sortir, le rassemblement à plusieurs dans un domicile privé n'était pas possible, puisque la règle, c'était le confinement, en déconfinement, ce sont les rassemblements qui sont interdits dans les lieux publics, dans les espaces publics, dans certains établissements recevant du public, qui ne peuvent donc continuer à ouvrir, on ne peut pas être au-delà de 10 personnes en rassemblement dans des lieux publics ou sur la voie publique ça, c'est ce que dit le texte, effectivement, il y a eu une précision apportée par le Conseil constitutionnel, mais attention, ça ne veut pas dire que ça dispense du civisme, du bon sens, et ça ne dispense pas de l'article 1er du décret du 12 mai 2020 qui a été pris récemment, et qui dit bien que les gestes barrières, notamment, la distanciation sociale, doivent être appliqués en tous lieux à tout instant, et c'est une règle de bon sens, une règle de civisme, c'est à chacun de prendre sa responsabilité, de savoir s'il a envie de faire partie finalement de la chaîne de transmission du virus, en tout cas, nous, nous voulons la casser à tout prix.

ELIZABETH MARTICHOUX
Soyons précis, vous appelez à la responsabilité, vous avez rappelé l'article 1er du décret du 11 mai, on va en reparler, mais sur le papier, Laurent NUNEZ, si je veux organiser un rassemblement, un anniversaire, un mariage de 50, 60 personnes dans un lieu privé, qui permet la distanciation physique, je peux ?

LAURENT NUNEZ
Il n'y a rien qui interdit ces rassemblements au-delà de 10 personnes dans des lieux privés, mais attention, enfin, après, c'est le civisme, c'est la responsabilité de chacun, et vous faites bien de préciser dans des lieux privés, parce qu'il y a de nombreuses salles, je pense aux salles communales, aux salles des fêtes, et autres, dans lesquelles se déroulent traditionnellement ces rassemblements, et qui, pour l'instant, n'ont pas été ré-ouvertes dans le cadre donc de la prorogation de l'état d'urgence sanitaire, donc voilà, c'est pour ça que je m'appelle au civisme ; vous savez même, un rassemblement d'une quinzaine de personnes dans un appartement privé d'une même famille, je crois que ce ne serait pas responsable, il faut être prudent, il faut continuer à respecter ces gestes barrières, cette distanciation, bien sûr, et éviter de se rencontrer lorsque ces rencontres ne sont pas nécessaires, ne sont pas indispensables.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pas d'interdiction, vous en appelez à la responsabilité, c'est très clair, finalement…

LAURENT NUNEZ
Exactement…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous faites ce que certains demandent vous demandez aux gens d'être assez adultes, cela dit, est-ce que la police pourrait intervenir, est-ce que la police pourrait contrôler si elle a un doute dans l'espace privé, puisque le décret dit : les mesures d'hygiènes doivent être appliquées en tous lieux et en toutes circonstances, y compris dans les lieux privés, c'est l'article 1er du décret du 11 mai ?

LAURENT NUNEZ
Ecoutez, franchement, franchement Elizabeth MARTICHOUX, il est n'est pas dans notre intention, avec le ministre de l'Intérieur, de mobiliser les policiers, les gendarmes sur ce type d'intervention, vous savez, il y a, avec le déconfinement, de nouveau, un certain nombre de lieux qui sont fréquentés, il y a des gens qui retournent au travail, qui ne peuvent pas être en télétravail, les policiers et les gendarmes ont énormément de missions, il y a les missions d'urgence, les appels 17, les appels police secours, auxquels il faut répondre, il y a les investigations judiciaires qui reprennent, franchement, dans ce genre de situation, nous n'allons pas déplacer les policiers et les gendarmes pour procéder à des verbalisations, ne serait-ce qu'à demander aux gens d'interrompre ces réunions, voilà, les policiers et les gendarmes ont beaucoup de missions à mener en temps normal, dans le cadre du déconfinement, encore plus, et d'ailleurs, je salue leur engagement pendant le confinement à celui qu'on attend d'eux pendant le déconfinement, mais en dehors des cas de tapages nocturnes, des cas de nuisances et autres, évidemment que les policiers seront consacrés à d'autres missions, et j'en appelle encore une fois au civisme de nos concitoyens.

ELIZABETH MARTICHOUX
On va en parler. Est-ce que vous êtes inquiet, vous l'avez dit spontanément, il y a quelques instants, à l'approche du week-end prolongé de l'Ascension, Jean CASTEX, le Monsieur déconfinement, ce n'est pas très joli, mais on l'appelle comme ça, préconise d'interdire les déplacements hors de son département à l'occasion de ce week-end prolongé qui arrive ; est-ce que c'est sur la table, est-ce à l'ordre du jour, Laurent NUNEZ ?

LAURENT NUNEZ
Non, ce qui est à l'ordre du jour, c'est ce qui est sur le décret, et que nous allons veiller à faire appliquer, c'est-à-dire, ce qui est interdit, c'est de se déplacer à plus de 100 kilomètres à vol d'oiseau de son domicile et de traverser par ailleurs les frontières de son département, les frontières administratives, à la limite administrative de son département, sauf évidemment un certain nombre de dérogations, qui sont des dérogations d'ordre familial, d'ordre professionnel pour lesquelles dont devront justifier d'ailleurs les personnes qui souhaitent les utiliser, au moyen d'une déclaration, d'un justificatif de domicile, du justificatif de ce déplacement, et nous allons évidemment, à l'approche de ce premier week-end post-confinement, et puis, dans le cadre également des deux week-ends qui seront des week-ends prolongés de la fin du mois de mai et de la Pentecôte, Ascension, Pentecôte, il y aura évidemment des contrôles qui seront menés, notamment des contrôles de flux…

ELIZABETH MARTICHOUX
Plus de contrôles, c'est ce que vous nous dites, Laurent NUNEZ ?

LAURENT NUNEZ
Des contrôles au départ, dans les gares, et autres…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est ce que vous nous dites, pas d'interdiction…

LAURENT NUNEZ
Oui, il y aura des contrôles…

ELIZABETH MARTICHOUX
Telle que le demande Jean CASTEX, mais plus de contrôles, vous allez renforcer les contrôles, parce qu'en réalité, vous le laissez entendre, il y a quand même une crainte.

LAURENT NUNEZ
Il n'y a pas de crainte, vous savez, pendant le confinement, les Français ont montré qu'ils savaient faire preuve de civisme, qu'ils savaient respecter les règles, donc nous sommes très confiants dans le respect des Français du déconfinement, mais évidemment, il y aura des contrôles pour s'assurer de la correcte application de ces règles, il n'y a pas d'inquiétude, mais il est normal à l'approche des week-ends importants que nous prévoyions des contrôles, notamment des contrôles de flux, encore une fois, il ne faudra pas… les Français ne seront pas surpris évidemment d'être contrôlés au départ de trains de grandes lignes ou sur un certain nombre d'axes routiers majeurs de notre pays.

ELIZABETH MARTICHOUX
Encore beaucoup de questions, Laurent NUNEZ, je vous demande d'être vraiment très précis et très direct si c'est possible, juste au passage, ce n'est pas un casse-tête pour les policiers, ces contrôles de 100 kilomètres à vol d'oiseau, on entend ici ou là qu'ils en ont un peu – entre guillemets – ras-le-bol de devoir faire quand même des calculs un peu compliqués, tous ces contrôles, la distanciation physique, les 100 kilomètres, qu'est-ce que vous leur dites ?

LAURENT NUNEZ
Non, les contrôles, les policiers ont l'habitude, vous savez, la règle à vol d'oiseau,100 kilomètres à vol d'oiseau, dans le cadre du confinement, on avait une règle de déplacement à 1 kilomètre du domicile, voilà, je crois que les policiers, ils font preuve de beaucoup de bon sens et de discernement, et ils ont à coeur d'exercer cette mission de contrôle, qui est une mission essentielle pour la protection sanitaire de nos concitoyens, non, non, je n'ai pas d'inquiétude sur le fait que… la mise en oeuvre de ces contrôles ne posera aucune difficulté…

ELIZABETH MARTICHOUX
Aucune difficulté, c'est vous qui le dites, Laurent NUNEZ, et on vous entend…

LAURENT NUNEZ
Mais comme les contrôles, mais Elizabeth MARTICHOUX, comme les contrôles dans le cadre du confinement n'ont posé aucune difficulté, ça s'est très bien passé, je ne doute pas que ça soit le cas pour le déconfinement...

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous le dites, et on vous entend. Les masques dans l'espace public, plusieurs maires demandent toujours que le masque soit obligatoire dans les rues, ils sont plusieurs, pourquoi ne pas laisser la décision aux maires, dans le fond, de décider que les masques pourraient être obligatoires sur leur espace public tout ou partie, un quartier, la ville entière ; charge à eux de le faire respecter ?

LAURENT NUNEZ
Alors, vous me demandez, Elizabeth MARTICHOUX, d'être précis, je vais l'être, vous savez, il y a une jurisprudence du Conseil d'Etat sur ce sujet qui a été rendue à l'occasion d'une mesure qui avait été prise par la ville de Sceaux pendant le confinement, le Conseil d'Etat a rappelé à cette occasion que la mise en oeuvre de la politique sanitaire était une compétence de l'Etat, mais que néanmoins, les maires, dans le cadre de leur pouvoir de police générale, avaient la possibilité en cas d'urgence de prendre un certain nombre de mesures venant compléter la politique menée par l'Etat, mais à condition de respecter la cohérence de cette politique sanitaire de l'Etat, donc ça, c'est la règle qui a été posée, et vous savez que la politique sanitaire de l'Etat, c'est de recommander le port du masque et de le rendre obligatoire dans un certain nombre de circonstances, comme par exemple dans les transports en commun. Donc c'est cette règle-là qui s'applique…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous n'y êtes pas favorable…

LAURENT NUNEZ
Ça, c'est le droit. Et ensuite, évidemment, nous appelons à une discussion entre les préfets et les maires partout où ce type de mesures sont envisagées pour voir si elles sont pertinentes ou si elles ne le sont pas dans le cadre du cadre que je viens de rappeler et qui a été fixé par le Conseil d'Etat, nous appliquons le droit sur ces sujets.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord, il n'y aura pas d'évolution. Anne HIDALGO est en croisade, Laurent NUNEZ, pour rouvrir les parcs et jardins, pour que les Parisiens – je la cite, c'était hier sur LCI – respirent et marchent, et elle ajoute, traitez-nous en adultes, dit-elle à l'adresse du gouvernement. Rouvrir les parcs et jardins, est-ce que vous pourriez le décider finalement sur son insistance dans les jours qui viennent ?

LAURENT NUNEZ
Alors, d'abord Elizabeth MARTICHOUX, comme vous le savez, il y a plusieurs… le pays est réparti en zones vertes et en zones rouges…

ELIZABETH MARTICHOUX
Elle est en zone rouge…

LAURENT NUNEZ
Et cette interdiction vaut évidemment en zone rouge, bon, en zone verte, ils peuvent être rouverts, mais dans des conditions de respect des règles sanitaires, de distanciation sociale, de gestion des flux, voilà, il y a des règles importantes. En zone rouge, ça n'est pas possible, ça n'est pas possible jusqu'au 2 juin, pour une raison qui est précise, c'est que ces parcs, et on l'a vu avec ce qui s'est passé sur les berges du canal Saint-Martin, puisque ces parcs peuvent favoriser les regroupements de personnes, les croisements de flux, et donc, dans la période actuelle, sont synonymes, cette réouverture, serait synonyme de danger sanitaire, et c'est pour cela qu'ils sont interdits à ce stade, jusqu'au 2 juin, nous verrons pour la période d'après, le 2 juin, qui est une nouvelle étape finalement de ce déconfinement, nous espérons évidemment réussir la première, les choses sont bien parties et puis, dans cette deuxième étape, après le 2 juin, nous verrons en fonction de l'évolution sanitaire actuelle dans les zones rouges, si on peut ou pas réouvrir les parcs et jardins.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc pas avant le 2 juin. D'accord, très rapidement, il y a quelques gilets jaunes qui se sont rappelés à votre souvenir, Laurent NUNEZ, dès lundi, dès le début du déconfinement, est-ce que vous avez des indices qui vous laisseraient penser que d'autres rassemblements dans les jours qui viennent sont prévus ?

LAURENT NUNEZ
Il y a eu des rassemblements effectivement lundi, lundi, vous avez raison de le rappeler…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et mardi à Bordeaux, sauf erreur…

LAURENT NUNEZ
Oui, oui, oui, tout à fait, mais lundi, c'était dans une petite trentaine de villes, des rassemblements qui ont réuni quelques dizaines, au maximum, quelques centaines de personnes, c'est à Toulouse et à Nantes les rassemblements les plus importants, qui n'ont pas dépassé 300 personnes à l'appel pas uniquement d'ailleurs des gilets jaunes, il y avait aussi un appel de certaines organisations syndicales, et parfois, d'ailleurs, de la mouvance également ultragauche anarcho autonome, voilà, donc nous n'avons pas d'inquiétude particulière, je rappelle que, de toute façon, ces rassemblements, normalement, compte tenu des règles sanitaires, ne sont évidemment pas permis, que nous serons extrêmement attentifs aux débordements éventuels, aux éventuels troubles à l'ordre public, ça, voilà, il n'y a pas d'inquiétude particulière, il y a beaucoup de sérénité dans la gestion de ces appels à manifester évidemment, et beaucoup aussi de vigilance sur des appels à des actes plus violents, puisque, comme vous le savez, lundi, une figure des gilets jaunes a également été interpellée à la suite de la saisine de la justice…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mis en garde à vue, placé en garde à vue, Christophe CHALENÇON, c'est ça ?

LAURENT NUNEZ
Voilà, pour la commission donc, de provocation à la commission de crimes et délits à l'encontre des personnes, et voilà.

ELIZABETH MARTICHOUX
Autre question, Laurent NUNEZ, est-ce que le déconfinement dans les zones vertes a donné lieu à des tentatives de passage plus nombreux aux frontières, je pense aux Pyrénées par exemple ?

LAURENT NUNEZ
Alors les frontières comme vous le savez…

ELIZABETH MARTICHOUX
Sont fermées.

LAURENT NUNEZ
Il y a des mesures de restriction aux frontières, mais elles sont fermées.

ELIZABETH MARTICHOUX
Sauf avec des attestations...

LAURENT NUNEZ
Donc des mesures de contrôle. Voilà alors il y a effectivement un certain nombre de dérogations qui concernent notamment les transfrontaliers, les personnes en charge de transport de marchandises, et puis évidemment les résidents du pays dans lequel on veut se rendre, qui eux ne peuvent franchir la frontière. Il faut être muni d'une attestation donc au sein de l'Union européenne nous appliquons ce qu'on appelle le principe de réciprocité.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ma question, est-ce qu'il y a eu des tentatives de passages plus nombreuses ?

LAURENT NUNEZ
Il n'y a, écoutez, en dehors d'une situation qui nous a été signalée, qui a donné lieu à des contrôles renforcés en parfaite coopération avec le pays frontaliers en question, c'est l'Espagne, en dehors d'une situation très précise dans le département des Pyrénées Orientales, il ne nous a pas été signalé de tentatives de franchissement de frontière plus nombreuses, mais encore une fois voilà sur ces questions nous sommes extrêmement vigilants et les contrôles sont bien présents, soit de manière fixe ou de manière aléatoire, mais il y a bien des contrôles évidemment aux frontières.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors question simple, réponse très courte s'il vous plaît, le foot allemand va reprendre, dans d'autres pays, on a donné des dates de reprise du championnat et en France ?

LAURENT NUNEZ
D'abord je crois que la décision a été prise par la Ligue, moi je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus, la décision a été prise, le championnat a été validé de ce que j'ai compris, comme de nombreux championnats d'Europe, voilà, donc je n'ai pas d'autre commentaire à faire là-dessus que de m'en référer à la décision qui a été prise par la Ligue et de toute façon le championnat ne pouvait pas reprendre avec du public, donc voilà. Et par ailleurs vous savez que les sports collectifs dans notre pays, parce qu'il favorise les contacts est d'une manière générale interdit, il ne peut pas y avoir de pratiques de sport collectif, le décret le prévoit, donc voilà ça s'applique aussi au monde professionnel.

ELIZABETH MARTICHOUX
Dernière question, ce matin, l'organisateur du Puy-du-Fou, Nicolas de VILLIERS, a laissé entendre qu'au gouvernement, effectivement, la date du 2 juin pour la réouverture des restaurants était bel et bien dans tous les esprits. Est-ce que vous le confirmez, est-ce qu'il en a été question hier dans votre échange avec les préfets en zone verte évidemment, pas en zone rouge, en zone verte ?

LAURENT NUNEZ
Hier, dans la réunion qui s'est tenue avec le président de la République, le Premier ministre, certains ministres, avec l'ensemble des préfets, ce dont il a été discuté, c'est la façon dont nous appliquions actuellement les règles de déconfinement, à la fois le respect des mesures restrictives dont j'ai parlé, la mise en place du dispositif de traçage, de dépistage, d'isolement pour les cas contacts, pour les personnes qui sont atteintes par le virus, nous avons surtout parlé de ça.

ELIZABETH MARTICHOUX
La réponse à la question Laurent NUNEZ ?

LAURENT NUNEZ
La deuxième étape qui est après le 2 juin et ça a déjà d'ores et déjà été annoncée par le président de la République, par le Premier ministre, par d'autres membres du gouvernement , nous nous y passerons ou pas en fonction de l'évolution sanitaire du pays et pour l'instant nous ne la connaissons pas, c'est quelque chose que nous verrons à compter de la fin du mois de mai et nous verrons à ce moment-là si nous levons certaines restrictions, dont celle dont vous avez parlé évidemment qui est la réouverture ou pas des bars et restaurants.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et dans les zones vertes en particulier. Merci beaucoup Laurent NUNEZ d'avoir été avec nous en direct en duplex du ministère de l'Intérieur, on espère vous revoir vous les membres du gouvernement dans les studios parce que c'est vrai que c'est plus facile d'échanger en direct, mais ce sera pour une prochaine fois, je vous souhaite une très bonne journée Laurent NUNEZ, à très vite.

LAURENT NUNEZ
Merci beaucoup.


source : Service d'information du Gouvernement, le 15 mai 2020