Déclaration de Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d'État aux affaires européennes, sur l'aide française et européenne à l'Afrique confrontée à l'épidémie de Covid-19, à Ouagadougou le 22 juin 2020.

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Circonstance : Conférence de presse avec Mme Jutta Urpilainen, commissaire européenne chargée des partenariats internationaux

Prononcé le

Texte intégral

Mesdames et Messieurs,


Je suis également très heureuse d'être ici avec la commissaire Jutta Urpilainen pour marquer la solidarité de l'Union européenne et de la France vis-à-vis du continent africain et du Burkina Faso en particulier, avec lequel, vous le savez, la France entretient une amitié indéfectible. Aucun de nos pays, en Europe comme en Afrique, n'a été épargné par cette pandémie. Nous avons vu que le virus ne connaissait pas les frontières et qu'il met à dur épreuve nos systèmes de santé, nos économies et nos sociétés.

Aucune région ne peut vaincre le virus seule, car nous sommes tous interconnectés. Seule une victoire globale incluant pleinement l'Afrique nous permettra de venir à bout de la pandémie.

C'était le sens de l'appel à l'action pour l'Afrique qu'avaient lancé 18 dirigeants africains et européens, dont le président de la République Emmanuel Macron et la présidente de la Commission européenne, le 15 avril. C'est un appel à agir ensemble, partout où c'est nécessaire, sur le plan sanitaire, mais aussi sur le plan humanitaire, économique et scientifique.

Ce pont aérien mobilise aujourd'hui la Commission, la France, des ONG, des partenaires internationaux, le Danemark également, qui a joué un rôle moteur pour mettre en place ce vol. On y voit toute la logique de l'équipe Europe dont vous parlait la commissaire, et je voudrais vraiment ici remercier les partenaires et notamment le travail des ONG qui a été fondamental pour organiser le vol.

Je tiens aussi à remercier les autorités burkinabè pour l'accueil qu'elles nous réservent, en particulier le président Roch Kaboré avec qui nous allons nous entretenir juste après cette conférence de presse. Je tiens aussi à vous remercier, Mesdames les Ministres, Madame Hélène Ilboudo Marchal, Madame Léonie Lougué, et je pourrai avoir aussi le plaisir de me rendre avec vous au CHU de Tingandogo. Je crois que c'est aussi très important que nous soyons sur le terrain.

Je voudrais ici prendre quelques minutes pour saluer les mesures très courageuses qui ont été prises par vos autorités dans le plan de riposte pour limiter la propagation du virus dans le pays et pour répondre aux besoins alimentaires, économiques, humanitaires, de la population burkinabè. Cette mobilisation témoigne de votre culture de la riposte. Et je crois que nous avons beaucoup à apprendre en Europe de cette culture forgée par d'autres épidémies qui vous ont touchés auparavant.

Il s'agit, vous le voyez bien, pour nous de créer un véritable partenariat d'égal à égal entre l'Europe et l'Afrique, et l'équipe européenne est mobilisée aujourd'hui pour vous apporter un soutien concret.

Au-delà de l'aide bilatérale française, que ce soit dans l'aide d'urgence, dans la recherche pour le centre hospitalier ou encore pour l'aide humanitaire, nous le savons, la réponse doit être aussi économique et sociale, parce qu'il ne faut pas que la crise économique vienne se rajouter à la crise pandémique avec, en outre, on le sait, des conséquences inégales dans les pays les moins riches.

C'est pour cela que la France a été à l'initiative du moratoire sur la dette du G20 - Club de Paris, dès le début, par la voix du président Macron. On voit que c'est essentiel pour que des pays comme le Burkina Faso aient des marges de manoeuvre budgétaires pour faire face aux conséquences socio-économiques de la crise. Ce moratoire est un premier résultat, et nous allons continuer à travailler pour aller vers des allègements de dette dans un cadre multilatéral.

Enfin, je voudrais faire un point sur les traitements et sur le vaccin. Parce que contre le COVID-19, il faut que ces traitements, que ce vaccin, soient vraiment considérés comme des biens publics mondiaux, accessibles à tous. Il serait pour nous et pour le président de la République inacceptable qu'il y ait une logique de marché et que dans cette logique de marché, certains pays moins développés n'aient pas accès au vaccin le jour où nous aurons trouvé la manière de le fabriquer.

La France se bat et se battra pour un accès universel à un prix raisonnable et pour une transparence de la recherche médicale. C'est un engagement très fort du Président et c'est une action que nous menons avec le soutien des partenaires européens, de la Commission et d'Ursula von der Leyen.

Pour conclure, on le voit, ce vol illustre la mobilisation collective des Européens pour être aux côtés des Africains. Et aujourd'hui, plus aucun pays européen ne doute que nos destins sont profondément liés, que nos continents sont profondément liés et que nous devons construire ensemble un pacte d'avenir entre l'Afrique et l'Europe, un partenariat en faveur de la croissance, du développement durable, de la sécurité, et surtout de la jeunesse.

C'était le message du président Macron quand il est venu ici, à Ouagadougou, en novembre 2017, pour s'adresser à la jeunesse. C'est désormais une priorité de l’Union européenne et ce partenariat doit reposer sur des actions concrètes, sur des actions tangibles. Je sais d'ailleurs que la commissaire aura une visite, cet après-midi, avec des jeunes femmes.

Ce que nous voulons aujourd'hui, c'est par des actions tangibles et concrètes, par ce pont aérien, être utiles au moment du besoin. Et je suis vraiment convaincue que nous allons pouvoir surmonter ensemble cette pandémie et surtout construire un avenir commun.

Merci beaucoup.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 juin 2020