Déclaration de Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d'État aux affaires européennes, en réponse à une question sur Israël et les Territoires palestiniens, à l'Assemblée nationale le 30 juin 2020.

Texte intégral

Madame la Députée,


Comme vous l'avez dit, le 17 mai dernier, un nouveau gouvernement a été investi par le parlement israélien, et qui sera conduit en alternance par Benyamin Netanyahou puis, en 2021, par Benny Gantz.

Nous entendons travailler bien sûr avec ce gouvernement dans l'esprit d'amitié et de coopération comme cela a toujours été le cas. Et nous sommes engagés aux côtés d'Israël pour la sécurité régionale et dans tous les domaines qui font la richesse de cette coopération.

Mais nous sommes très attentifs aux décisions qui seront prises au sujet des Territoires palestiniens, car, vous l'avez dit, l'accord de coalition permet l'annexion d'une partie de la Cisjordanie à partir de demain. Et depuis son investiture, le Premier ministre Benyamin Netanyahou n'a cessé de réaffirmer sa détermination à s'engager au plus vite dans cette voie.

Quelle que soit son périmètre, je le redis ici solennellement au nom du gouvernement et du président de la République, cette décision est une violation grave du droit international. Elle contribuerait à attiser les tensions et compromettrait gravement la solution à deux Etats qui est la seule,- la seule -, capable de garantir la paix et la stabilité à long terme dans la région. Elle irait donc directement à l'encontre de l'intérêt des Israéliens comme des Palestiniens.

Alors la priorité pour la France, en lien avec nos partenaires européens et arabes, c'est bien sûr d'éviter qu'une telle situation se produise. Nous mobilisons les membres de l'Union européenne, nous appelons le gouvernement israélien à s'abstenir de toute mesure unilatérale, et en particulier l'annexion.

Notre message est clair. Nous pourrions faire beaucoup avec Israël, si nous coopérions. Mais à l'inverse, nous ne reconnaîtrons aucun changement aux lignes de juin 1967 qui ne serait agréé par les deux parties. Et, compte tenu de sa gravité, une décision d'annexion ne pourrait rester sans réponse.

Jean-Yves Le Drian l'a dit : si Israël décidait d'aller de l'avant dans le processus d'annexion, cela aurait des conséquences sur ses relations avec l'Union européenne et ses Etats membres. Notre position est connue. Le cadre, c'est le droit international, la méthode, c'est la négociation et l'objectif, ce sont deux Etats viables dans la paix et la sécurité au sein des frontières sûres et reconnues de 1967, avec Jérusalem pour capitale de chacun de ces Etats. Ce sont les principes que nous suivons avec vigilance, avec détermination, en amis des Israéliens et des Palestiniens.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 1er juillet 2020

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