Interview de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, à RTL le 27 août 2020, sur l'épidémie de Covid-19, le Liban, le Mali, l'opposant russe Alexeï Navalny et la Biélorussie.

Texte intégral

ALBA VENTURA
Bonjour Jean-Yves LE DRIAN.

JEAN-YVES LE DRIAN
Bonjour.

ALBA VENTURA
Tout d'abord, dans la gestion de la crise du Coronavirus, Monsieur le Ministre, la Belgique a placé Paris en zone rouge hier dans sa liste des destinations européennes qui ne sont plus autorisées, à moins de se soumettre à un dépistage du Coronavirus et à une période d'isolement, il y a quelques jours, c'était l'Allemagne qui plaçait les régions d'Ile-de-France avec Paris et la Provence Alpes Côte d'Azur en zones à risque. Nous sommes les mauvais élèves de l'Europe ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Nous avons-nous-mêmes placé en zones à risque à la fois la région parisienne et la région Sud, autour de Marseille, et l'ensemble de la région Sud, parce qu'il y a dans ces régions une accélération de la circulation du virus. Et à partir de ce moment-là, d'autres pays considèrent que si on vient de ces régions-là, dans tel ou tel pays, que ce soit l'Allemagne ou la Belgique, puisque vous les citez, il y a des précautions à prendre ; il n'est pas interdit d'aller en Allemagne… mon cas personnel, je vais aller à Berlin tout à l'heure, je suis à Paris, dans une zone à risque, je vais à Berlin, mais je vais à Berlin, mais en ayant fait avant un test pour assurer que je ne peux pas propager le virus. Je suis négatif, je vous rassure, mais c'est mon cas, c'est le cas de ceux qui vont accompagner, et c'est le cas de tout citoyen français qui veut aller en Allemagne aujourd'hui, en venant de la région parisienne ou de la région Sud PACA, parce que…

ALBA VENTURA
Mais il n'y a pas de réciprocité ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Mais s'il y a la même situation en Allemagne, en Belgique ou ailleurs, nous prendrions les mêmes mesures. Il faut donc consulter…

ALBA VENTURA
Mais il n'y a pas ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Pour l'instant, ce n'est pas le cas, tant mieux, mais, et donc le conseil que l'on peut donner, c'est de consulter régulièrement les conseils aux voyageurs où tout ça est indiqué régulièrement, puisque nous mettons à jour très, très… presque quotidiennement, les situations en Europe où la circulation reste libre, mais avec ces réserves-là…

ALBA VENTURA
Mais ma question était un peu abrupte, mais…

JEAN-YVES LE DRIAN
Non, vous avez raison de la poser…

ALBA VENTURA
Quand je vous dis : est-ce qu'on est de mauvais élèves, est-ce que, oui, on est, par rapport aux Allemands ou aux Belges de mauvais élèves…

JEAN-YVES LE DRIAN
Il y a aujourd'hui, mais il peut y avoir demain, malheureusement, d'autres secteurs, d'autres territoires qui connaîtront une circulation plus active du virus et pour lesquels il faudra prendre des précautions, ce n'est pas une fermeture, les frontières sont fermées, les frontières de l'Europe sont fermées pour l'extérieur, à l'exception des pays où il y a aujourd'hui une disparition progressive du virus. Mais pour le reste, c'est fermé, sauf pour les Français qui peuvent revenir sur le territoire national à condition de prendre des précautions quand ils viennent de pays qui sont des pays à risque, je pense aux Etats Unis par exemple ou ailleurs, où il faut faire des tests avant de revenir sur le territoire national.

ALBA VENTURA
Puisqu'on en est là, je me permets de vous demander : est-ce que tous les ressortissants ou touristes français qui souhaitaient rentrer en France ont pu le faire ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Beaucoup l'ont fait, maintenant, il faut être respectueux des contraintes qui sont imposées, et si on est dans un pays à risque, il faut faire les tests pour rentrer.

ALBA VENTURA
Combien y a-t-il encore de touristes français en dehors des frontières de l'Europe ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Je ne saurai pas vous dire le nombre, on en a… je pense que tous ceux qui souhaitaient rentrer ont pu le faire dans les temps opportuns, et qu'ils ont pu passer leurs vacances en France après.

ALBA VENTURA
Monsieur le Ministre, vous serez lundi et mardi prochains au Liban, aux côtés du président Emmanuel MACRON, on sera à 4 semaines après la double explosion de Beyrouth, d'abord, sur le plan de l'urgence sanitaire, est-ce que toute l'aide française est arrivée, je veux dire, est-ce qu'elle est arrivée dans les bonnes mains, est-ce qu'elle va aux ONG ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Il y a d'abord, je trouve, un processus de solidarité à l'égard du Liban qui est énorme, qui est même émotionnel, quand on entend les déclarations des uns et des autres de solidarité avec le Liban, c'est frappant, c'est dû à notre histoire commune, qui est ancienne, puisque ça date de 1536, François 1er et Soliman, dit Soliman le Magnifique, donc ça remonte à loin, mais il y a vraiment une histoire commune, un partage de la souffrance qui existe et des actes de solidarité spectaculaires qui ont été initiés ; la France est au rendez-vous. Je suis allé à Marseille avant hier pour assister au départ du troisième bateau équipé de fret dans différents domaines, que ce soit l'aide alimentaire ou que ce soit l'aide sanitaire, que ce soit du matériel de construction pour aider à la reconstruction de Beyrouth, tout cela fait un mouvement, un espèce de pont aérien, de pont de bateau en direction du Liban qui montre la solidarité de la France. Et nous veillons à ce que l'ensemble de ces biens qui sont transportés à Beyrouth soient vraiment dirigés vers les ONG qui vont les utiliser, que ce soit des ONG libanaises ou des ONG internationales…

ALBA VENTURA
Des organisations humanitaires…

JEAN-YVES LE DRIAN
Puisque tout est stocké en face de la résidence de l'ambassadeur, on ne peut pas faire mieux, sur ce qu'on appelle l'hippodrome.

ALBA VENTURA
C'est surveillé…

JEAN-YVES LE DRIAN
Et c'est à partir de là que les acteurs viennent se mobiliser et prendre en charge les équipements qui sont mis à leur disposition, il y a une urgence humanitaire qui n'est pas achevée de solidarité avec le peuple libanais, que nous assurons, nous avons organisé, à l'initiative du président MACRON, une réunion de donateurs quelques jours après la catastrophe du 4 août, qui a permis de mobiliser…

ALBA VENTURA
Est-ce que le président vient annoncer quelque chose particulièrement lundi et mardi sur place ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Cette visite du président lundi et mardi, elle s'inscrit dans un calendrier initial, puisque mardi 1er septembre, ce sera le centenaire de la création de l'Etat libanais, et le président de la République avait déjà été invité à cette manifestation mémorielle, d'une certaine manière, il avait hésité pour une autre raison, c'était avant la catastrophe du 4 août, parce qu'il y a aussi une autre urgence au Liban, qui est l'urgence politique, ce pays est au bord de la détresse, au bord du gouffre. Et il y a la moitié de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté…

ALBA VENTURA
55 % de la population est pauvre…

JEAN-YVES LE DRIAN
Il y a une jeunesse désemparée et il y a une situation du chômage qui est épouvantable…

ALBA VENTURA
Et donc il faut que ça bouge…

JEAN-YVES LE DRIAN
Une inflation qui est ahurissante…

ALBA VENTURA
Et donc il faut que ça bouge, Monsieur le Ministre. Monsieur le Ministre, est-ce qu'on peut continuer avec la même classe politique au Liban ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Non, nous, nous avons… tout le monde sait ce qu'il faut faire…

ALBA VENTURA
Quoi ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Tout le monde sait les réformes indispensables, qu'il s'agisse à la fois de la réforme du marché public…

ALBA VENTURA
Les réformes ou les hommes ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Les réformes d'abord. La réforme du marché public, la réforme de la banque…

ALBA VENTURA
Mais les mêmes hommes ne vont pas faire…

JEAN-YVES LE DRIAN
Alors la question qui est…

ALBA VENTURA
Vous aviez dit : aidez-nous à vous aider, mais on en n'est plus là, Monsieur le Ministre, plus du tout…

JEAN-YVES LE DRIAN
Non, on est devant la responsabilité des autorités libanaises à mettre en oeuvre un gouvernement de mission qui puisse assurer les réformes indispensables, parce qu'autrement, la communauté internationale ne sera pas au rendez-vous, on ne va pas signer de chèque en blanc pour un gouvernement qui ne met pas en oeuvre les réformes que tout le monde connaît, et que chacun sait ce qu'il faut faire…

ALBA VENTURA
Donc il faut changer les hommes au pouvoir…

JEAN-YVES LE DRIAN
Mais il n'y a plus de gouvernement en ce moment au Liban. Donc il faut qu'il se reconstitue un gouvernement, il faut qu'il le fasse vite, parce qu'il y a urgence devant, à la fois, l'urgence humanitaire et sanitaire, les blessures profondes de cette population, et puis, l'urgence politique, si on veut que ce pays tienne, parce que le risque aujourd'hui, c'est la disparition du Liban, donc il faut que ces mesures soient…

ALBA VENTURA
Est-ce qu'on peut envisager un mandat français ou un mandat international ?

JEAN-YVES LE DRIAN
C'est aux Libanais de prendre leurs responsabilités, ils sont formés, ils sont compétents, mais simplement, ils se phagocytent eux-mêmes entre eux pour faire un consensus sur l'inaction, cela n'est plus possible, et nous le disons avec force, le président de la République l'a dit quand il s'est rendu au Liban le 6 août dernier, il va le redire lorsqu'il sera à Beyrouth mardi.

ALBA VENTURA
Monsieur le Ministre, il y a un autre dossier tout aussi préoccupant, c'est celui du Sahel, le président du Mali a été renversé par les militaires, ça ouvre une nouvelle période d'instabilité, ça peut nourrir plus encore les groupes islamistes armés ?

JEAN-YVES LE DRIAN
C'est d'abord une crise de confiance interne au Mali, il y a une rupture de la confiance entre… il y a eu une rupture de la confiance entre le peuple malien et son président à la suite d'élections qui ont lieu au mois d'avril dernier, qui ont été contestées, en particulier pour l'élection d'une trentaine de députés dont on peut dire qu'il y avait, semble-t-il, des gros troubles. Et ça a été…

ALBA VENTURA
Mais comment un coup d'Etat a pu être mené aussi vite ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Alors, il y a eu des alertes…

ALBA VENTURA
On est présent sur place, nous, les Français…

JEAN-YVES LE DRIAN
Il y a eu des alertes nombreuses qui ont été ont manifestées à l'égard du président IBK pour lui dire qu'il fallait arrêter ce type de pratique politique, ces alertes, elles ont été faites et par le président MACRON, je me souviens de la réunion de Nouakchott à la fin du mois de juin, mais aussi par les collègues du président IBK, l'ensemble des chefs d'Etat de la région s'est rendu à Bamako pour dire au président IBK : il faut réformer, il ne faut pas accepter ces manoeuvres-là, et puis il y a eu cette révolte du peuple, puisque depuis plusieurs semaines, il y avait des manifestations qui protestaient contre cette situation. Et je pense que le président IBK n'a pas entendu ce qui se passait, alors il y a eu un coup d'Etat que nous condamnons, mais il y a eu aussi la démission du président IBK. Donc aujourd'hui, il faut faire en sorte que la transition puisse se faire rapidement, que le pouvoir soit remis au civil, et qu'il y ait un agenda politique qui permette à ce pays de retrouver une stabilité politique, mais pendant ce temps-là, l'action militaire ne s'arrête pas.

ALBA VENTURA
Mais justement, on a fait du Mali un allié dans la lutte contre le terrorisme, l'opération Barkhane…

JEAN-YVES LE DRIAN
Se poursuit en ce moment, aujourd'hui…

ALBA VENTURA
Elle a toujours sa raison d'être ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Aujourd'hui, bien sûr, bien sûr…

ALBA VENTURA
Elle a toujours sa raison d'être.

JEAN-YVES LE DRIAN
Ce combat se poursuit…

ALBA VENTURA
Il ne faut pas l'abandonner…

JEAN-YVES LE DRIAN
D'ailleurs, les responsables du Comité de salut pour le peuple, qui s'est mis en place par ce coup d'Etat, disent aussi la même chose. Ceci dit, il importe que la médiation africaine qui est en cours, que nous soutenons, puisse aboutir rapidement à ce qu'il y ait un calendrier qui permette à ce pays de retrouver une stabilité politique indispensable pour continuer la lutte contre le terrorisme qui les préoccupe et qui nous préoccupe.

ALBA VENTURA
On a vu combien il était compliqué de contenir les djihadistes après l'attaque qui a coûté la vie à 6 de nos humanitaires de l'ONG Acted au Niger. On en est où de l'enquête ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Elle est en cours…

ALBA VENTURA
On n'a pas de nouveau ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Moi, je dis simplement que la France n'oublie jamais lorsque ses ressortissants sont ainsi exécutés et assassinés, et nous poursuivrons, il y a une enquête nigérienne à laquelle nous apportons notre soutien technique, et puis, il y a aussi une enquête, une procédure initiée par le procureur anti-terroriste de Paris, parce que c'est un acte terroriste inacceptable. Moi, je voudrais saluer d'abord l'action d'Acted et saluer la mémoire de ces combattants de l'humanitaire qui ont été tués, nous avons besoin de l'action humanitaire dans le renouveau du Sahel indispensable parce que, après le combat contre le terrorisme…

ALBA VENTURA
Et protéger les populations face au terrorisme…

JEAN-YVES LE DRIAN
Il faut rétablir les services publics, il faut rétablir la proximité, il faut rétablir l'aide, ça fait partie de l'action diplomatique de la France.

ALBA VENTURA
Jean-Yves LE DRIAN, l'opposant russe Alexeï NAVALNY est toujours hospitalisé en Allemagne dans un coma artificiel, l'Allemagne qui affirme qu'il a bien été empoisonné. Vous avez parlé d'acte criminel…

JEAN-YVES LE DRIAN
Oui, je maintiens.

ALBA VENTURA
Vous visez qui, la Russie ?

JEAN-YVES LE DRIAN
C'est un crime… non, je vise ceux qui ont commis l'acte…

ALBA VENTURA
C'est-à-dire ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Eh bien, c'est-à-dire qu'il faudrait que la Russie prenne l'initiative d'une enquête transparente…

ALBA VENTURA
Vous avez vu ce que répondent les Russes…

JEAN-YVES LE DRIAN
Pour identifier…

ALBA VENTURA
Les Russes disent qu'on ne peut pas conclure à un empoisonnement car le poison n'a pas été trouvé, ils ne nous prennent pas un peu pour des imbéciles ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Oui, non, mais je pense que c'est à la Russie de montrer tout cela. Elle serait bien inspirée de mener une enquête transparente, et lorsqu'on a trouvé les coupables, de les juger pour que la leçon soit faire, parce que ce n'est pas la première fois qu'il y a un empoisonnement, il y a plusieurs actes antérieurs. Donc les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne vont se réunir tout à l'heure à Berlin, je vous le disais, et on va prendre en considération cette nécessité, mais je ne comprends pas pourquoi la Russie ne joue pas le jeu de la transparence, c'est son intérêt, et nous le disons.

ALBA VENTURA
Vous ne pouvez pas les contraindre, les Russes ?

JEAN-YVES LE DRIAN
On a mis déjà un certain nombre de sanctions, mais je pense que s'ils voulaient prendre l'initiative de la transparence, ça serait mis à leur crédit.

ALBA VENTURA
Non, mais pardon, parce que l'affaire NAVALNY s'ajoute à la crise biélorusse, en Biélorussie, il y a un mouvement de contestation face à la dictature d'Alexandre LOUKACHENKO, qui est entré dans sa troisième semaine, troisième semaine de manif, est-ce que nous, on soutient ou pas ce mouvement ?

JEAN-YVES LE DRIAN
Nous, nous avons été surpris d'abord par le résultat spectaculaire des dernières élections initiées par monsieur LOUKACHENKO et en faveur de monsieur LOUKACHENKO, nous n'avons pas reconnu ces résultats, et ce qui se passe en Biélorussie, c'est que le peuple biélorusse non plus. Ils ont le sentiment de s'être fait voler ces élections…

ALBA VENTURA
Mais Vladimir POUTINE ne veut pas qu'on s'approche trop de la Biélorussie…

JEAN-YVES LE DRIAN
Et ils protestent. C'est une affaire biélorusse, mais nous sommes solidaires, nous, de madame TIKHANOVSKAIA, parce que, et de son mouvement, parce que nous estimons que ce mouvement défend les valeurs démocratiques et humanistes que nous soutenons et que nous partageons. Et nous soutenons ce mouvement, nous souhaitons qu'en interne de la Biélorussie, il soit procédé à des médiations permettant de trouver une forme de sérénité pour éviter qu'il y ait des ruptures. Le Conseil européen s'est réuni à ce sujet au mois d'août, en plein mois d'août, a décidé de sanctions, à la fois pour ceux qui répriment, parce que cette répression est insupportable, mais aussi pour ceux qui ont triché pour la préparation des élections, c'est déjà un acte fort, il peut y en avoir d'autres, mais nous souhaitons qu'une médiation puisse être mise en oeuvre pour aboutir à une solution pacifique ; c'est d'ailleurs ce que demande madame TIKHANOVSKAIA dans ses déclarations, y compris dans Libération, dans la presse française d'hier.

ALBA VENTURA
Merci beaucoup Monsieur le ministre, Jean-Yves LE DRIAN.

JEAN-YVES LE DRIAN
Merci.

YVES CALVI
Merci à tous les deux. Le risque aujourd'hui, c'est la disparition du Liban, nous a dit notamment le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Après le double meurtre de Français au Niger, la France n'oublie jamais, et le peuple biélorusse s'est fait voler son élection.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 28 août 2020