Interview de M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, à France Inter le 8 septembre 2020, sur les chiffres des contaminations par le Covid-19, la circulation du virus et les consignes sanitaires à respecter.

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Intervenant(s) :

Texte intégral

LEA SALAME
Bonjour à vous, Olivier VERAN.

OLIVIER VERAN
Bonjour Léa SALAME.

LEA SALAME
Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. La France a enregistré 4.200 nouveaux cas de Covid ces dernières 24h, c'est moins que les trois derniers jours, on avait atteint 9.000 nouveaux cas vendredi, 8.500 samedi et 7.000 dimanche ; le pays est confronté à une hausse préoccupante de la transmission du virus sur son territoire, a estimé hier Santé Publique France. Monsieur le Ministre, préoccupante, est-ce le mot que vous retenez vous aussi, ce matin, pour qualifier la situation ?

OLIVIER VERAN
D'abord, vous dire que les chiffres qui sortent le lundi, en fait, sont le reflet de l'activité du week-end, et donc le week-end, les comptabilisations sont toujours plus aléatoires, donc je ne retiens pas, et je vous demande de ne pas retenir l'idée selon laquelle il y aurait eu hier moins de cas qu'attendu, en réalité, on est sur une pente avec un facteur de reproduction du virus, le fameux facteur R, combien de personnes quand je suis malade je vais contaminer, qui est aujourd'hui aux alentours de 1,2, c'est beaucoup moins qu'au printemps dernier, et ça, c'est la bonne nouvelle…

LEA SALAME
Qui était de 3,2…

OLIVIER VERAN
Qui était de 3,2, 3,4. C'est-à-dire qu'il circule moins vite, mais il circule quand même, et il circule malgré tout de plus en plus rapidement, puisque 1,2, c'est plus que 1. C'est l'application des gestes barrière, le port du masque, les protocoles sanitaires à l'école, en entreprise, qui permettent de freiner cette diffusion du virus, mais il circule, ce virus, et des milliers de cas par jour, c'est beaucoup, donc, oui, c'est forcément, de ce point de vue-là, préoccupant, et par ailleurs, et comme je l'avais annoncé, il y a quelques semaines, nous constatons désormais une hausse des hospitalisations, une hausse des admissions en réanimation, plus de 80 réanimations, hier, 30 sur les seuls hôpitaux parisiens, parce que c'est le reflet de la situation épidémique d'il y a 2 semaines, d'il y a 3 semaines, et j'ai eu l'occasion de le dire, ce nombre va augmenter dans les prochains jours, c'est mécanique du fait de l'épidémie passée. Donc faisons en sorte que, demain, on ait une réduction de cette progression du virus et on n'ait pas d'augmentation drastique des cas de réanimation, d'hospitalisation.

LEA SALAME
Ça y est, on y est dans la deuxième vague ?

OLIVIER VERAN
On peut l'éviter, Léa SALAME, la deuxième vague.

LEA SALAME
Donc on n'y est pas encore.

OLIVIER VERAN
On peut l'éviter, mais il va falloir collectivement réaliser un certain nombre de points, d'abord, que non, le virus n'a pas muté, comme par magie, pour être moins méchant pour l'homme, hélas, qu'on passe plus de temps et d'énergie à porter correctement son masque qu'à saisir les tribunaux pour qu'on fasse en sorte d'interdire l'obligation de port de masque en milieu extérieur, qu'on respecte…

LEA SALAME
Ils sont irresponsables ceux qui font ça ?

OLIVIER VERAN
Ils ont probablement leurs enjeux, ce ne sont pas les miens, et je crois que ce ne sont pas les enjeux sanitaires pour les Français, il faut également comprendre que lorsque une mesure de mise à l'abri est prononcée parce que vous êtes potentiellement contagieux pour les vôtres, il faut rester chez vous, il ne faut pas vous dire que parce que vous êtes asymptomatique, vous pouvez aller bosser, et ce n'est pas grave et tout se passera bien, il faut vraiment considérer le fait d'être contagieux comme le fait d'être contagieux réellement et ne pas transmettre le virus par des comportements qui seraient complexes.

LEA SALAME
Justement, quel est le profil des malades aujourd'hui, est-ce qu'on observe ce qu'on craignait ces derniers jours, c'est-à-dire la fameuse transmission des plus jeunes vers les plus âgés ?

OLIVIER VERAN
On voit progressivement une augmentation de l'incidence, c'est-à-dire du nombre de nouveaux cas chez les publics fragiles mais les publics fragiles, vous savez, ils ont parfaitement compris ce qui s'est passé pendant la première vague, ils restent extrêmement prudents, et ils n'ont pas envie de se contaminer, faisons en sorte qu'ils ne soient pas contaminés, et c'est vraiment un enjeu majeur, vraiment un enjeu majeur que les personnes âgées, que les personnes malades, que les personnes vulnérables puissent être protégées, préservées de ce virus ; encore une fois, c'est une question de comportement collectif ; cet été, j'ai eu, non pas pour faire la morale, mais j'ai eu l'occasion de dire : attention, les soirées roof top dans les grandes villes du Sud, avec 1.500 jeunes sans masque et qui dansent, parce que c'est cool et que c'est la fête, pendant que vous des experts sur les plateaux qui disent que ce n'est pas grave si les jeunes ne se contaminent, ce ne sont pas des comportements responsables, et aujourd'hui, nous en voyons progressivement les conséquences.

LEA SALAME
Donc ce matin, vous voulez hausser le ton, on l'entend en tout cas, sur : attention, attention…

OLIVIER VERAN
Sensibiliser…

LEA SALAME
30 personnes en réanimation à l'AP-HP, c'est beaucoup…

OLIVIER VERAN
Sur une journée…

LEA SALAME
Oui, c'est beaucoup. Dans les Bouches-du-Rhône et à Marseille notamment, la situation est aussi tendue, 300 malades étaient hospitalisés dimanche dont 67 en réanimation, est-ce qu'un scénario de reconfinement de Marseille est envisageable dans les prochains jours ?

OLIVIER VERAN
Le scénario qui a été mis en place à Marseille, c'est de faire en sorte que les endroits et les situations qui étaient les plus à même de favoriser la transmission du virus soient limités, ça fait débat, moi, j'ai demandé à ce qu'on ferme bars et restaurants plus tôt en soirée, les élus, je m'y étais rendu localement, ont expliqué que c'était très compliqué pour le commerce, je n'oppose pas l'un et l'autre, je dis que lorsque nous identifions des situations à risque, il faut pouvoir les traiter de manière à protéger les populations des villes concernées…

LEA SALAME
Est-ce que vous allez durcir, il y a un conseil de défense vendredi, est-ce que vous allez durcir les règles pour Marseille ?

OLIVIER VERAN
Nous allons aborder l'ensemble des situations au regard de la situation épidémique, et faire toutes les propositions qui pourraient être nécessaires, à ce stade, je n'ai pas à vous les formuler ici, juste rappeler que le préfet a déjà consulté, et qu'il y a eu beaucoup de réunions de travail avec les élus locaux, parce que c'est important, on fait des mesures différenciées territoire par territoire, il ne s'agit pas de prendre des mesures uniformes sur tout le territoire national, mais à Marseille, il y a un sujet de sensibilité particulière, on le dit, on le répète semaine après semaine, et donc il faut pouvoir prendre toutes les bonnes mesures, c'est l'objet du Conseil de défense notamment.

LEA SALAME
Aujourd'hui, la règle, c'est la quarantaine pour les personnes testées positives, et les cas contacts jugés à risque, 2 semaines d'isolement, vous avez jugé que c'était sans doute trop long. Vous avez demandé l'avis du Conseil scientifique, qui vous l'a rendu, Olivier VERAN, allez-vous réduire cette période à une semaine ?

OLIVIER VERAN
Le Conseil scientifique m'a effectivement rendu ses conclusions, alors que je l'avais saisi sur cette question-là, et le Conseil scientifique est favorable à ce qu'on puisse demain, quand je dis demain, ce n'est pas stricto sensu demain, réduire la période de mise à l'abri dans un certain nombre de situations, et de passer de 14 à 7jours, pourquoi, non pas pour des raisons de priorisation économique, tout simplement, parce que, on est plus contagieux, on est davantage contagieux dans les cinq premiers jours ou qui suivent les symptômes ou qui suivent la positivité d'un test, et ensuite, cette contagiosité diminue de façon très importante, et au-delà d'une semaine, elle est très faible, elle demeure, mais elle est très faible. Le principe de réalité fait qu'on constate qu'un grand nombre de Français ne respectent pas la quatorzaine, 14 jours chez vous, si vous êtes cas contact et puis que vous êtes re-cas contact quand vous sortez, et que vous vous êtes tapé le confinement, on sait que c'est très compliqué. Donc il y aura une meilleure adhésion des Français à une période plus raccourcie…

LEA SALAME
De 7 jours…

OLIVIER VERAN
Mais qui doit être absolument respectée, de manière à limiter la contagiosité, cela fera l'objet de discussions, ce n'est pas à moi de prendre cette décision, vendredi, en Conseil de défense et de sécurité nationale, où nous aborderons cela…

LEA SALAME
Mais on y va !

OLIVIER VERAN
Et ce qui va nous donner aussi un peu de temps pour solliciter d'autres experts pour la mise en place, si c'était décidé par le président de la République et par le Premier ministre…

LEA SALAME
Est-ce qu'en réduisant à une semaine, comme vous nous l'annoncez ce matin, ça laisserait combien de malades possibles, dans la nature, la deuxième semaine, qui pourraient contaminer d'autres personnes, est-ce que vous ne prenez pas de risques avec cette décision ?

OLIVIER VERAN
Au-delà de cinq jours, les experts, et ce que nous dit le Conseil scientifique, c'est qu'on est à moins de 5 % de personnes qui sont potentiellement contagieuses, et très faiblement contagieuses, il faut savoir que d'autres experts estiment que même au bout de 14 jours, il y a encore 2 à 4 % des gens qui peuvent être contagieux, donc, voyez, il n'y a quasiment pas de différence. Encore une fois, ce qui est fondamental, vous savez, quand j'étais à Marseille, j'étais dans la cellule de contact tracing, et je regardais le tableau à l'Assurance-maladie, je voyais une situation où un cluster, un groupe de cas, était diagnostiqué dans un atelier de confection suite au fait qu'une personne qui était déclarée positive au Covid était revenue travailler dans l'entreprise, et en plus, sans masque, donc elle avait tout faux. Donc il y avait cinq personnes autour d'elle qui avaient été contaminées dans la journée précédente, ce sont les situations les plus à risque qu'il nous faut éviter.

LEA SALAME
Catastrophe. Le Danemark vient de limiter, on l'a appris ce matin, les rassemblements à 50 personnes, est-ce qu'on pourrait aller vers ça nous aussi, en tout cas, réduire, la fameuse jauge de 5.000 personnes ?

OLIVIER VERAN
Cette jauge, elle a déjà évolué plusieurs fois en fonction de la situation épidémique, elle a également été adaptée à plusieurs reprises territoire par territoire, souvenez-vous en Mayenne, en Mayenne, on avait demandé, et le préfet l'avait fait, de déclarer tous les événements rassemblant plus de 10 personnes, donc lorsqu'une situation l'exige, nous pouvons adopter des mesures…

LEA SALAME
Vous ne l'avez pas fait à Marseille…

OLIVIER VERAN
Ça fait l'objet de discussions en Conseil de défense également.

LEA SALAME
Bon, on comprend qu'on va y aller. Il y a le Covid et il y a la grippe qui arrive, Monsieur le Ministre, faut-il craindre une conjonction cet hiver de ces 2 maladies, est-ce que vous dites matin en français, si vous voulez aider les médecins, si vous voulez éviter de surcharger les hôpitaux, il faut aller massivement se faire vacciner contre la grippe ?

OLIVIER VERAN
Alors, oui, oui, Léa SALAME, mais on est un pays dans lequel, vous savez, je lis beaucoup la presse et j'écoute beaucoup, je vois qu'on passe presque autant de temps à chercher les raisons de ne pas vouloir se faire vacciner demain contre le Covid, qu'à se réjouir du fait que la recherche scientifique mondiale soit totalement concentrée sur la recherche d'un vaccin, c'est une spécificité, qui n'est pas franco-française, mais enfin, quand même, on sait qu'on est l'un des pays les plus vaccino-sceptiques. Et ça, il faut arrêter, je veux dire, on n'a plus le droit, on n'a plus les moyens, lorsqu'un vaccin est mis à disposition, c'est qu'il est sûr et qu'il est efficace, et pour la grippe, c'est essentiel, parce que si vous avez un croisement, surtout dans les publics fragiles, de symptômes grippaux et de signes du Covid, non seulement, pour faire la part des choses, bonne chance, mais en plus, ça va encore davantage fragiliser.

LEA SALAME
Et est-ce que le vaccin contre la grippe peut réduire la sévérité du Covid, j'ai lu ça, est-ce que c'est vrai…

OLIVIER VERAN
Je n'en sais rien…

LEA SALAME
Donc, ce n'est pas…

OLIVIER VERAN
Je ne fais pas de conjecture, quand je ne sais pas, Léa SALAME, je ne sais pas vous répondre. En revanche, je peux vous dire que je souhaite qu'on vaccine massivement dans les EHPAD, que les soignants doivent se faire vacciner, il est essentiel quand vous travaillez au contact de personnes fragiles, que vous preniez toutes les précautions pour ne pas transmettre une maladie comme la grippe est essentiel.

LEA SALAME
Les tests, on est à un million par semaine de tests, c'est bien, mais c'est une galère, Monsieur le Ministre, on fait la queue pendant des heures, on attend parfois une semaine pour avoir un rendez-vous, parfois 4 à 5 jours pour avoir les résultats, est-ce que c'est normal ?

OLIVIER VERAN
Plusieurs choses, sur la question du résultat, ce n'est pas le point noir, 80 % des résultats sont rendus en moins de 36 heures en France quand vous avez fait le test, ça ne veut pas dire : il y a 20 % de situations problématiques, on est, je dirais, honnêtement, pas mauvais. Ensuite, la mobilisation des labos, elle est totale, plus d'un million de tests par semaine, souvenez-vous, quand j'en parlais au printemps dernier ou l'été, ça faisait presque sourire tout le monde tellement on en était loin de cet objectif. Merci aux équipes, aux labos, aux équipes qui font ce travail…

LEA SALAME
Les files d'attente.

OLIVIER VERAN
Cet été, j'ai demandé à ce qu'il y ait une priorisation, et pour moi, c'est inconcevable qu'il en soit autrement, une personne qui est symptomatique, une personne qui est cas contact doit être testée dans l'urgence, hors de question qu'elle se fasse refouler d'un labo, quel que soit ce labo, parce qu'il n'y aurait pas de place, ce n'est pas possible. Donc là-dessus, nous allons encore davantage travailler, vous voyez que je monte un peu le ton, et parce que je considère, comme vous, que c'est anormal. En revanche, une personne qui se pose la question, qui n'est pas symptomatique et qui rentre de vacances et qui se dit : tiens, je vais aller… qu'on lui demande d'attendre 3, 4, 5 jours pour prioriser les personnes malades, les cas contacts, et suspectes ne me choque pas, mais on ne peut pas davantage augmenter, en tout cas, pas massivement, le nombre de tests, donc c'est sur la priorisation qu'il faut travailler, et juste un mot, pour vous dire que cette semaine, en Ile-de-France, nous devrions commencer à déployer des tests antigéniques qui sont des tests rapides qui partent de même type de prélèvement, hélas, c'est l'écouvillon…

LEA SALAME
Oh, là, là, là, c'est encore l'écouvillon qui fait un mal de chien…

OLIVIER VERAN
L'écouvillon, pas agréable…

LEA SALAME
Mais les tests salivaires, c'est pour quand ?

OLIVIER VERAN
Par contre, on a 15, 20 minutes à attendre, et on a le résultat, donc ça, ce sera bien dans certains milieux, comme les aéroports…

LEA SALAME
Donc Ile-de-France, on va aller plus vite…

OLIVIER VERAN
On devrait démarrer à partir de mercredi à l'AP-HP. Martin HIRSCH, le directeur général, s'est beaucoup mobilisé pour ça, et les tests salivaires, vous avez raison de poser la question, j'attends de façon imminente des résultats d'expérimentations qu'on a menées sur des populations importantes, j'espère, je croise les doigts avec vous, croyez-moi, pour qu'on puisse passer au salivaire…

LEA SALAME
Quand, la semaine prochaine, celle d'après ?

OLIVIER VERAN
Dans les tout prochains jours, je devrais avoir des éléments qui permettront de répondre déjà par oui ou non.

LEA SALAME
Faut-il relancer – c'est la dernière question – StopCovid qui pourrait aider les brigades sanitaires débordées en Allemagne, l'application StopCovid a été téléchargée par 17 millions de personnes, seulement deux millions et demi ici, pourquoi, qu'elle est la différence, c'est qu'ils ont mis des millions d'euros de communication sur l'application StopCovid, ce que ne fait pas le gouvernement français, est-ce qu'il faut télécharger StopCovid, est-ce que vous allez mettre des millions pour communiquer sur cette appli ?

OLIVIER VERAN
Eh bien, c'est le comble, d'autant que l'Allemagne n'utilise pas une application nationale, mais passe par des GAFA, nous, nous avons fait le choix de passer par une application nationale sécurisée anonyme, franco-française, toutes les données sont stockées en France, d'ailleurs, elles ne sont pas stockées, donc tout est safe, non, non, mais, tout est safe, je veux dire, tout est safe, tout est sécurisé dans l'application StopCovid. Moi, j'en ai fait la promotion, Cédric O également pendant tout l'été. Il est essentiel, ce n'est pas trop tard, au contraire, vous aurez les informations encore plus tôt, et juste un dernier message pour les auditeurs, pardon, mais si vous êtes appelé par une équipe de contact tracing, répondez, donnez les personnes avec qui vous avez été en contact, elles ne risquent rien, il ne se passera rien de mal, juste, on pourra les mettre à l'abri pour faire en sorte d'enrayer cette épidémie.

LEA SALAME
Vous constatez qu'il y a des gens qui ne veulent pas répondre…

OLIVIER VERAN
Ça devient un petit peu plus compliqué avec le temps et l'usure, mais encore une fois, on peut le comprendre, c'est juste que ce n'est pas le moment de relâcher les efforts.

LEA SALAME
Monsieur le Ministre, Olivier VERAN, merci d'avoir été avec nous ce matin, on retient que vous avez haussé le ton, on retient qu'on va aussi vers une quatorzaine à 7 jours. Vous devriez entériner cette décision au Conseil de défense ce vendredi. Merci et belle journée à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 septembre 2020