Interview de Mme Roxana Maracineanu, ministre des sports, à France Bleu le 11 septembre 2020, sur la réouverture des vestiaires, l'inscription aux activités sportives avec un protocole sanitaire et l'importance de faire du sport.

Prononcé le

Texte intégral

FAUSTINE MAUERHAN
Roxana MARACINEANU, bonjour.

ROXANA MARACINEANU
Bonjour.

FAUSTINE MAUERHAN
Merci d'être présente avec nous ce matin. C'est une période intense en ce moment pour les parents qui courent peut-être après les inscriptions pour inscrire les enfants aux activités sportives, mais c'est aussi une période pleine de doutes, avec le Covid. Vous-même êtes maman, êtes-vous inquiète si votre enfant, aujourd'hui, doit aller à son cours de judo, de natation, de football ?

ROXANA MARACINEANU
Ecoutez, j'ai quatre enfants, et on les a tous inscrits au football, tennis, judo, athlétisme, et natation.

FAUSTINE MAUERHAN
Sans vous poser de questions ?

ROXANA MARACINEANU
Sans me poser de questions, parce que je sais que nous avons travaillé, très sérieusement, avec toutes les fédérations, avec tous les clubs, qui ont été au courant des protocoles qu'on a rédigés ensemble, qu'on a mis, et que vous pouvez retrouver en ligne sur le site du ministère des sports. C'est de nature à rassurer beaucoup de bénévoles, de présidents d'association, qui se posent des questions sur comment l'activité va pouvoir reprendre, et ils ont aussi besoin de ces documents pour aller parfois plaider la cause de l'association, du sport, auprès de leurs élus, qui parfois ont encore du mal à intégrer, les élus locaux, les préconisations du Haut conseil à la santé publique, comme par exemple la réouverture possible des vestiaires, qui fait aujourd'hui débat, parce que beaucoup d'associations ouvrent, mais il n'y a pas des vestiaires pour que les enfants puissent se changer, ils doivent arriver en tenue pour leur activité.

FAUSTINE MAUERHAN
Exactement. Ça pourrait rouvrir ?

ROXANA MARACINEANU
Il faut que ça réouvre. Nous avons eu la décision fin août, avec une préconisation du Haut conseil à la santé publique, de la possible réouverture des vestiaires, qui avaient été effectivement fermés, les vestiaires collectifs, pendant les deux mois de l'été, donc maintenant il faut effectivement que ça réouvre, il faut faciliter la vie des Français.

FAUSTINE MAUERHAN
Donc, à partir de maintenant, c'est bon, les clubs peuvent dire « c'est bon, vous pouvez venir. »

ROXANA MARACINEANU
Ça fait deux semaines déjà que c'était possible, donc maintenant il faut…

FAUSTINE MAUERHAN
D'accord, mais très peu sont au courant.

ROXANA MARACINEANU
Voilà, c'est pour ça que je suis là, pour le redire, il faut que les collectivités mettent en oeuvre la possible réouverture des vestiaires avec effectivement un nettoyage régulier et puis l'accès à ces vestiaires par petits groupes, que les associations sauront gérer.

FAUSTINE MAUERHAN
Alors, ces protocoles, parfois, ne sont pas forcément vécus de manière très claire par certains quand même, selon un sondage Odoxa les inscriptions sont en baisse, 1 million en moins en cette rentrée pour les enfants entre 6 et 18 ans, selon un sondage donc Odoxa. Est-ce que vous confirmez cette tendance ?

ROXANA MARACINEANU
Alors, les sondages s'axent souvent sur les remontées que nous font les fédérations, et nous aussi, que ce soit le Comité national olympique ou les fédérations, nous font remonter une baisse de nombre de licenciés, il faut faire la différence entre les licenciés et les inscrits dans les associations. Evidemment, je pense aussi qu'il y a une réticence, de la part des associations, à licencier leurs adhérents, et moi je les encourage à le faire, parce que les fédérations n'offrent pas uniquement un circuit de compétitions, qui effectivement peut être maintenant remis en question, parce qu'on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve en termes de compétitions sportives, de circuits, en revanche, pratiquer dans un club, pratiquer dans une fédération, c'est aussi avoir accès à des encadrants diplômés et réassurer sur toutes les règles de pratique, aussi, que proposent les fédérations.

FAUSTINE MAUERHAN
Beaucoup de clubs disent et d'assos disent en cette rentrée qu'ils jouent leur survie, entre la baisse des inscriptions, les règles sanitaires à appliquer, qui demandent du temps, du personnel, des moyens parfois, est-ce que l'Etat va les accompagner financièrement ?

ROXANA MARACINEANU
Alors, nous avons débloqué une somme énorme pour l'écosystème sportif, 3 milliards d'euros, depuis le début de la crise, auxquels les associations ont eu droit, elles ont eu du chômage partiel pour leurs salariés, pour les entraîneurs qu'ils emploient, ils ont eu un fonds de dotation de 15 millions d'euros pour les associations qui ne sont pas employeuses, qui n'avaient que des bénévoles qui intervenaient auprès des enfants ou des adultes qu'ils encadraient. Et puis, aujourd'hui il va y avoir une continuité dans cet accompagnement économique du monde du sport, jusqu'à la fin de l'année, ça a été annoncé par le Premier ministre pour le monde de la culture, de l'événementiel, et du sport, et ça concerne le sport à tous les étages, aussi bien le sport professionnel, que l'événementiel sportif, le sport spectacle, mais surtout le sport amateur qui en a, comme vous le dites, besoin évidemment, si toutefois il se retrouve en difficultés.

FAUSTINE MAUERHAN
Et est-ce que vous allez aider les familles qui se retrouvent en difficultés avec cette crise sanitaire pour les inciter à inscrire leurs enfants au sport ?

ROXANA MARACINEANU
Il est à l'étude, aujourd'hui, poussé fortement, vous imaginez bien, par le monde sportif, et soutenu par le ministère des Sports, un soutien à la demande de sport, donc quelque chose qui pourrait se rapprocher d'un Pass culture, donc qui s'appellerait le Pass sport, qu'on a besoin de travailler avec les collectivités puisque, elles, elles sont déjà engagées sur des réductions qu'elles peuvent proposer à certaines tranches d'âge, à certains publics en difficultés, pour inscrire les enfants à l'association sportive, nous travaillons dessus, et on cofinancera…

FAUSTINE MAUERHAN
Une échéance ?

ROXANA MARACINEANU
Le Premier ministre nous a ouvert la porte pour que le mouvement sportif vienne proposer quelque chose, donc on viendra avec une proposition sur la table.

FAUSTINE MAUERHAN
On va parler des sports de contact, parce que c'est vrai que là aussi il y a beaucoup d'interrogations, on entendait ce matin ce prof de judo dire, sur France Blue Paris, « libre aux judokas de porter le masque ou pas sur le tatami. » C'est quoi le protocole ?

ROXANA MARACINEANU
Alors, ce que le Haut conseil à la santé préconise c'est effectivement l'impossibilité de porter le masque lorsqu'on fait une activité physique, lorsqu'on court, lorsqu'on fait du vélo, lorsqu'on fait du judo, quand on fait un effort ce n'est pas bon pour la santé de porter un masque, c'est pour ça que dans le décret il est clairement marqué qu'on ne porte pas de masque quand on fait une activité physique et sportive.

FAUSTINE MAUERHAN
Y compris donc de contact !

ROXANA MARACINEANU
Y compris de contact. Au judo, par exemple, le protocole en place c'est de se laver les mains, et les pieds, avant de monter sur le tatami, on fait ça quand on y rentre et quand on y sort.

FAUSTINE MAUERHAN
Et pourtant, difficile de maintenir la distance sociale dans ces sports-là, quelle est la règle, qu'est-ce que vous pouvez dire pour rassurer, aujourd'hui, les parents qui se disent « eh ben non, mon enfant, le judo, cette année on va faire autre chose » ?

ROXANA MARACINEANU
Eh bien écoutez, les Français sont libres d'inscrire leurs enfants en associations sportives, aujourd'hui ce qui est préconisé c'est le port du masque et la distanciation, lorsque cela est possible, quand ce n'est pas possible, comme dans une activité sportive, il n'y a pas d'obligation de le faire, maintenant c'est important, surtout, de faire du sport, parce que le risque zéro n'existe pas, même quand on a le masque, même quand on respecte les distances, mais le risque est encore plus important si on ne fait pas d'activité physique et sportive en ces temps justement de crise sanitaire.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 30 septembre 2020