Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur la situation de la minorité ouïghoure en Chine, à l'Assemblée nationale le 6 octobre 2020.

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Circonstance : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale

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Texte intégral

Madame la Députée,


J'ai eu l'occasion dans cette assemblée, au mois de juillet dernier, de faire valoir l'indignation de la France à l'égard de ce qui se passe contre la population ouïghoure. Et tous les documents, les témoignages que nous avons, qui nous parviennent par des vecteurs de la société civile sur la situation au Xinjiang, nous font état de pratiques injustifiables, que vous avez évoquées, et nous les avons condamnées fermement.

Le président de la République s'est exprimé avec beaucoup de force sur ce sujet, publiquement, lors de l'Assemblée générale des Nations unies, il y a quelques jours. Et nous avons nous-mêmes porté cette situation au niveau européen puisque ce sujet a été abordé publiquement devant le président Xi, lors du sommet de l'Union européenne et de la Chine, au courant du mois de septembre. Et aujourd'hui, nous nous sommes pourvus devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies pour que la condamnation soit portée par le plus grand nombre d'Etats, y compris par les membres de l'Organisation de la conférence islamique.

Dans l'immédiat, il y a quatre urgences. La première, c'est la fermeture immédiate des camps d'internement. La deuxième, c'est le fait qu'il y ait une visite du Haut-commissaire des Nations unies, Mme Bachelet, sur place, avec des experts, en toute transparence, pour vérifier les dires des autorités chinoises. On croit comprendre que les autorités chinoises n'y sont pas opposées, alors allons-y et mettons toute la transparence sur cette situation. La troisième, vous l'avez évoquée, concerne les entreprises françaises ou européennes qui ne sont pas aussi vigilantes qu'il le faudrait sur le respect des droits de l'Homme dans des conditions que vous avez évoquées. Il importe qu'elles le fassent et qu'elles le disent. Et, en ce qui concerne la France, que nos entreprises et les sociétés mères éventuellement soient respectueuses de la loi de mars 2017 qui l'impose. Enfin, il importe aussi que les Ouïghours en France soient reconnus et respectés. Ce n'est pas une affaire secondaire.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 8 octobre 2020

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