Interview de Mme Olivia Grégoire, secrétaire d'Etat à l'économie sociale, solidaire et responsable, à Sud Radio le 3 novembre 2020, sur la lutte contre le terrorisme islamique, l'élection présidentielle aux Etats-Unis et le commerce et l'économie sociale et solidaire confrontés à l'épidémie de Covid-19.

Prononcé le

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Texte intégral

CECILE DE MENIBUS
C'est le "Petit déjeuner politique" ce matin, d'Olivia GREGOIRE, secrétaire d'Etat chargée de l'Economie sociale, solidaire et responsable.

PATRICK ROGER
Bonjour Olivia GREGOIRE.

OLIVIA GREGOIRE
Bonjour.

PATRICK ROGER
On va parler dans un instant des conséquences Covid, de l'économie sociale et solidaire, mais avant ça quand même, cet attentat hier soir à Vienne, en Autriche, qui frappe de nouveau aussi les esprits. La menace, finalement, c'est ce que nous disait une auditrice tout à l'heure, elle est partout en Europe, sur notre territoire.

OLIVIA GREGOIRE
La menace est partout en Europe, et je dirais même l'ensemble des religions, des pratiques, sont aujourd'hui menacées, on l'a vu sur notre territoire, on l'a encore vu avec le prêtre orthodoxe, on l'a vu hier à Vienne. C'est un combat que la France mène, mais c'est un combat que l'Europe doit mener, avec la France, c'est effectivement la preuve, à Vienne hier soir, que l'on est tous face au même danger, face à une même réalité, qu'est ce terrorisme islamiste, radical, et que c'est ensemble que l'on doit combattre. Je crois que l'Europe doit se pencher sur le sujet ensemble, la France n'est pas seule dans le combat.

PATRICK ROGER
Ce n'est pas d'ailleurs que l'Europe, c'est le monde en fait qui est électrique aussi…

OLIVIA GREGOIRE
Ah ça…

PATRICK ROGER
Qu'est-ce que vous attendez par exemple aussi, d'un mot, des élections américaines ce soir ?

OLIVIA GREGOIRE
Déjà, je vais vous dire, et ce n'est pas une provocation, j'attends, j'espère des résultats. On est tous inquiets de résultats qui serait contestés, alors même, avant même peut être que d'être promulgués. Je suis dans l'espoir que cette élection démontre qu'il y a un vainqueur et possiblement un vaincu. J'ai des doutes et des inquiétudes quant à la façon dont la population américaine aussi va recevoir ces résultats.

PATRICK ROGER
Oui, on a vu ces images effectivement de gens barricadés.

OLIVIA GREGOIRE
Oui, et puis on a vu aussi et surtout entendu les annonces de Donald TRUMP déjà il y a plusieurs semaines, voire quelques mois, sur le fait qu'il n'hésiterait pas à remettre en question les résultats de ces élections. Quand on voit aujourd'hui que dans certaines chambres, et il a tout fait pour, il est largement majoritaire, on est en droit de s'inquiéter de résultats, soit qui lui seraient favorables, ça irait, mais qui ne le seraient pas et qui mettraient les Etats-Unis dans une situation difficile.

PATRICK ROGER
Et puis de l'autre côté aussi, quoi, avec des gens qui peuvent contester si lui était réélu aussi, cette élection.

OLIVIA GREGOIRE
De tous bords, vous l'avez dit Patrick ROGER, j'aime bien ce mot, le monde est électrique, à nous de ne pas mettre les doigts dans la prise et de garder le sang-froid.

PATRICK ROGER
Venons-en donc aux conséquences aussi du Covid. Quelles ont été les remontées, là, au gouvernement, de cette véritable rentrée hier de reconfinement ?

OLIVIA GREGOIRE
Ecoutez, le gouvernement, en tout cas à Bercy, on est une équipe aux côtés de Bruno LE MAIRE, nos ressentis c'est évidemment la difficile compréhension, et on l'a tous vu, des dernières mesures, mais la nécessaire, l'absolument nécessaire mise en place de ce confinement, je ne vais pas vous saouler, comme on dit, avec des chiffres, je veux juste vous en donner quand même deux. 52 000 contaminations encore hier soir, ça n'est pas rien, la barre des 20 000, qui est une barre importante, qui enclenche souvent le confinement où les changements de protocole sanitaire, est largement passée dans notre pays. 62% d'augmentation des hospitalisations la semaine dernière, + 35% dans les réanimations. Moi je voulais, en préparant cette émission, hier soir, ce matin, je me disais : j'entends les critiques et on va en parler bien évidemment, je ne dis pas que c'est facile, mais qu'est ce qu'on attend ? On attend d'être à + 70% dans les réas pour bouger ? Je sais que c'est difficile, mais les chiffres sont...

PATRICK ROGER
Oui mais, est-ce que c'est dans les petits commerces en fait ?

OLIVIA GREGOIRE
Les chiffres sont réels et terribles.

PATRICK ROGER
Oui, non mais c'est vrai, mais il y a la fronde des petits commerçants, les petits commerçants de quartiers disent : nous, ça n'est pas forcément chez nous qu'on se contamine.

OLIVIA GREGOIRE
Ecoutez, ce qu'il y a de sûr, ce qu'il y a de vrai, c'est, malgré le couvre-feu, malgré les mesures qui ont été mises en place encore il y a une quinzaine de jours, 3 semaines, on se rend compte que les interactions, les flux, sont encore extrêmement puissants. J'écoutais un écrivain connu, Emmanuel CARRERE, qui disait hier : par exemple les librairies, les librairies ce n'est pas qu'un endroit où on va acheter un bouquin, c'est un endroit où on va papoter, on va échanger, on va toucher un bouquin, regarder la quatrième de couv, le reposer, aller voir son libraire, c'est un lieu de d'affectio societatis, c'est un lieu de lien social, c'est un lieu, c'est là justement, dans ces flux qu'on a des problèmes. Donc je comprends que ce soit difficile, d'abord je veux dire, allez on fait le décompte ensemble, 9 jours, 12 novembre on va faire le point. Bienheureux est celui qui peut dire : c'est la, c'est là, c'est plus dans les quincailleries que dans les boulangeries, dans les grandes surfaces plus que dans la rue, qu'on contamine. Je vais vous dire, bon il faut de l'humilité, il faut de la modestie, on en a. Deuxièmement, il y a une chose que je voudrais dire, je comprends que ce soit extrêmement difficile, je veux dire aussi qu'on est quand même de loin, et je vais le dire avec force, le pays européen qui accompagne le mieux ceux qui aujourd'hui sont fermés. J'ai fait le calcul, et je ne vais pas encore une fois vous étourdir de chiffres…

PATRICK ROGER
Le plan d'aide, par exemple hier pour les petits commerçants.

OLIVIA GREGOIRE
Mais c'est plus qu'un plan d'aides. Deux chiffres. Les Allemands, les Espagnols, mettent 20 milliards, mettent 10 milliards ce mois-ci sur la table pour accompagner les entreprises. On en met 20. La France fait un effort double par rapport à nos voisins européens. Deuxièmement, quand vous êtes aujourd'hui un fleuriste fermé avec trois salariés, bien sûr c'est difficile, mais le chômage partiel, les exonérations de charges, des cotisations sociales, c'est un milliard d'euros qui ne rentreront pas dans les caisses de l'Etat, c'est tout à fait normal. Le prêt garanti d'Etat qu'on allonge, le fonds de solidarité à 10 000 €, les loyers qu'on va prendre en charge en partie, l'aide à la numérisation, et il faut le dire avec force, alors on dit "click & connect "(sic), on dit comme vous voulez, commande/retrait, ce qu'il y a de sûr c'est qu'aujourd'hui, et je l'ai fait pour mon maquillage, je l'ai fait pour un bouquin hier, vous appelez votre commerçant, vous pouvez aussi l'appeler, pas que lui envoyer un mail, vous lui demandez s'il est possible d'aller chercher votre commande, et vous allez chercher votre commande. Le bénéfice net n'est pas concerné ni par le fonds de solidarité, c'est de l'argent qui va directement dans les poches des commerçants pour passer ce moment difficile.

PATRICK ROGER
Bon, oui, mais certains peuvent le faire mais pas tous.

OLIVIA GREGOIRE
Beaucoup, et vous savez, il faut…

PATRICK ROGER
Pour aller acheter des chaussures, on avait une marchande de chaussures tout à l'heure, je pense que c'est peut-être un petit peu plus compliqué.

OLIVIA GREGOIRE
Oui, mais alors, pour le coup, moi je… on ne présage pas assez du bon sens des commerçants. Rue Saint-Antoine, une boutique de vêtements, j'y suis passée hier, une pancarte toute simple : si vous voulez acheter un pull, dites-moi la couleur et la taille et appelez-moi au 06 nin nin nin. On se débrouille. Et il faut aujourd'hui aussi que les mairies, parce qu'il y en a qui l'ont fait, avec le gouvernement on met 100 millions, mais vous allez me dire que c'est des chiffres. Que les mairies accompagnent aussi ces commerçants. Pourquoi des mairies comme Anger, pourquoi des mairies comme à Alès, ont mis en place depuis des années des places de marché pour leurs commerçants, Angers Shopping…

PATRICK ROGER
Ah ben alors là, mais vous allez dans le sens de beaucoup d'élus de terrain qui disent : justement, le gouvernement ne nous consulte pas suffisamment, où on pourrait décider nous localement, d'ouvrir ou pas, de laisser des commerces.

OLIVIA GREGOIRE
Moi je dis déjà qu'il serait bien Localement de mettre en place avec les associations de commerçants, il y en a dans toutes les villes et dans tous les villages, il y en a partout des associations de commerçants, de mettre en place sur les sites Web aussi des mairies, possibilité de contacter ces commerçants. Le temps d'obtenir…

PATRICK ROGER
Vous dites que les maires d'un côté ils ne se bougent pas suffisamment, finalement.

OLIVIA GREGOIRE
D'abord je dis, et on l'oublie un peu souvent…

PATRICK ROGER
Ils contestent, mais…

OLIVIA GREGOIRE
…. 36 000 communes dans notre pays, ok, tu en as 30 ou 40 qui râlent, j'entends. Tu en as 35 650 ou 750 qui aujourd'hui se conforment avec difficulté, c'est sûr, aux décisions du gouvernement, mais avec responsabilité. Donc je ne voudrais pas non plus qu'on fasse prendre des vessies pour des lanternes, il faut remettre la mairie au milieu du village, je crois qu'il y a des maires qui font aussi du buzz politique, on n'est pas dupe, mais on sait que la mesure est difficile, les maires peuvent aussi nous accompagner dans la mise en place de ces places de marché rapidement.

PATRICK ROGER
Oui, avant, encore un mot avant de venir à l'économie sociale et solidaire, parce que justement ça y participe, c'est intéressant tout ça, mais est-ce que ce n'est pas non plus, plus dangereux de laisser finalement les collèges et les lycées ouverts ? Vous avez parlé de cette propagation du virus, là avec ces adolescents qui peuvent ramener le virus à la maison ?

OLIVIA GREGOIRE
Ecoutez, on est dans une recherche d'équilibre, on essaie de ne pas refaire exactement ce qui a été fait lors de la première vague, avec un confinement qui était strict, raide, et dont on a entendu beaucoup de parents aussi qui avaient beaucoup de mal à télétravailler, et accessoirement des enfants, faut-il le rappeler, notamment les petits, sur lesquels le confinement a eu au plan psychologique des conséquences importantes. Donc on est dans l'équilibre, on permet, avec de nouveaux protocoles sanitaires annoncés par l'Education nationale, on permet la réouverture des établissements, le port du masque chez les plus petits. Je ne dis pas que c'est facile, d'ailleurs je pense aux professeurs de maternelle et à tous ces maîtres et ces maîtresses qui doivent mettre le masque sur des petits, je ne dis pas que c'est facile, je dis qu'il faut que la vie continue, et c'est ce qu'on essaie de faire, et que l'économie et la vie sociale pour partie, continuent.

PATRICK ROGER
Alors donc vous êtes en charge de cette Economie sociale et solidaire, depuis hier vous lancez ce mois de cette économie. On le rappelle, ce sont les coopératives, les mutuelles, ça représente…

OLIVIA GREGOIRE
Les associations.

PATRICK ROGER
Oui, les associations, ça représente grosso modo 2,5 millions de salariés, et c'est des sociétés, des associations qui doivent réutiliser les bénéfices quoi. Grosso modo, c'est ça.

OLIVIA GREGOIRE
Alors oui, et qui ont toutes en commun de chercher un impact, une empreinte sociale, solidaire ou environnementales.

PATRICK ROGER
Et beaucoup aussi sur le sur le local, avec des conséquences sur le local.

OLIVIA GREGOIRE
Beaucoup.

PATRICK ROGER
Et ce secteur est touché aussi, est fragilisé par la crise ?

OLIVIA GREGOIRE
Deux choses. Un, c'est une économie à part entière, comme le reste de l'économie elle a été touchée. Quand vous avez des friperies par exemple ou des lieux de réemploi comme Emmaüs, qui ont fermé pendant quelques mois, pendant la première vague, oui c'est simplement un manque à gagner. Je veux dire d'ailleurs avec force ici, qu'elles sont éligibles, toutes ces entreprises, toutes ces associations, les fondations, les mutuelles, les coopératives, à toutes les aides que nous mettons en place pour les entreprises classiques.

PATRICK ROGER
Ah parce qu'il y avait un peu de flou, là effectivement, je voyais que certaines ne le savaient pas.

OLIVIA GREGOIRE
Eh bien je lève le flou. Avant, le premier confinement, je n'étais pas au gouvernement, au deuxième j'y suis. J'ai un mot à dire : 0 806 000 245. Ce numéro de téléphone est disponible pour les entreprises, mais aussi pour les associations, les coopératives et l'ensemble des aides, est disponible pour elles. Elles n'ont pas assez recours à ces aides. Je vous donne un exemple…

PATRICK ROGER
Parce que jusqu'à présent elles se disent : oui, on va essayer de se serrer les coudes nous-mêmes…

OLIVIA GREGOIRE
Mais ça, c'est sa nature à l'économie sociale et solidaire.

PATRICK ROGER
Oui, mais c'est pour ça.

OLIVIA GREGOIRE
Elle est beaucoup plus tournée vers les autres que vers soi-même, cette économie, donc bien souvent elle cherche plutôt à aider les autres et à accompagner les autres, qu'à s'occuper de soi-même. C'est mon boulot aujourd'hui en tant que secrétaire d'Etat à leur service, de leur dire : ce n'est pas parce que vous vous occupez des autres, que nous on n'est pas là pour vous aider, et s'il faut faire plus, on fera plus, Bruno LE MAIRE me l'a garanti.

PATRICK ROGER
Oui, et ce sera dans le plan de budget de l'Etat et de relance ?

OLIVIA GREGOIRE
Ce sera, alors il y a des choses dans le projet de loi rectificatif numéro 4 qui arrive, et il y aura aussi des choses, 200 millions, au service notamment des associations, mais plus largement, plus d'un milliard au service de l'économie sociale et solidaire, notamment sur l'emploi, parce que c'est une économie qui crée de l'emploi et qui est très agile, c'est en ça que c'est une économie à part. Je vous donne un exemple. Je vous parlais de plateformes en ligne sur lesquelles on peut commander aujourd'hui et aller chercher ses produits, il y a aujourd'hui un certain nombre de plateformes qui sont ou qui pratiquent de l'ESS, comme "La ruche qui dit oui" ou comme CoopCircuits, comme Drive Fermiers, j'en cite trois, allez-y, allez voir plutôt que d'aller vous ruer sur AMAZON, et nombreuses d'elles font partie de l'ESS.

PATRICK ROGER
Est-ce qu'elles sont touchées beaucoup par le chômage partiel aussi ?

OLIVIA GREGOIRE
Elles sont aidées je dirais par le chômage partiel, on est plus aidé que touché par le chômage partiel, elles sont aidées dans ce moment difficile et c'est la moindre des choses que les entreprises, les acteurs de l'ESS, le soient au même titre que les autres acteurs de l'économie.

PATRICK ROGER
Olivia GREGOIRE, question aussi encore avec Cécile de MENIBUS.

CECILE DE MENIBUS
Eh bien justement, vous parliez d'AMAZON, puisque vous êtes Economie sociale responsable, voilà, est-ce que justement de commander sur AMAZON participe à une économie irresponsable ?

OLIVIA GREGOIRE
Alors, c'est une bonne question, ma réponse va être claire : arrêtons de nous faire peur avec des fausses réalités. Les Français ne m'ont pas attendue et n'ont pas attendu ce gouvernement pour être responsable. 22 % des ventes en ligne en France sont réalisées par AMAZON. Par construction ça veut dire qu'une majeure partie est réalisée par des plateformes françaises : FNAC, CDISCOUNT, LA REDOUTE, Fleurs d'ici, je peux en citer et il y en a beaucoup. Donc ça n'est pas tant une question de qu'est-ce que fait le gouvernement pour interdire, les consommateurs sont…

CECILE DE MENIBUS
Là, ce n'est pas ce que je vous ai demandé.

OLIVIA GREGOIRE
Non, mais ma réponse est celle-ci, c'est que les consommateurs sont responsables pour beaucoup et depuis un certain temps, et commandent sur des plateformes aussi, indépendantes et françaises. La chose qui serait responsable, et moi je n'aime pas trop les leçons et encore moins les leçons en responsabilité aux autres, la chose responsable aujourd'hui en revanche c'est de se poser la question tous quand on va en ligne, est-ce que ce que je pourrais l'acheter sur AMAZON, je ne peux pas l'acheter ailleurs ? Prenez 2 minutes, prenez 5 minutes pour regarder avant de dire : ah mais non ça n'existe pas. Votre bouquin il est sur AMAZON, il est sûrement sur Place des libraires. Vos fleurs vous pouvez les commander aussi, vos maquillages, vous pouvez dans les enseignes aujourd'hui de maquillage faire du click & collect. Il y a énormément d'alternatives, c'est à nous de nous en saisir, et je pense que les consommateurs, je veux le croire, y seront sensibles dans la période qui est, c'est le meilleur geste pour soutenir nos commerçants aujourd'hui, c'est de passer sur les plateformes françaises.

PATRICK ROGER
Eh bien oui, parce que ça fait partie du choix du circuit court, parce qu'on a beaucoup parlé du circuit court pendant le confinement, on a l'impression que finalement c'est tout l'inverse qui est en train de se produire.

OLIVIA GREGOIRE
Non, en réalité, alors ce qu'il y a de c'est que l'économie sociale et solidaire elle est passionnante, parce que c'est une nouvelle forme d'économie qui ne recherche pas que le profit mais aussi l'impact, encore une fois, social, solidaire et environnemental. Aujourd'hui ces plateformes permettent d'avoir accès par exemple à du maraîchage bio près de chez soi, d'avoir accès à des produits locaux réalisés près de chez soi, et en l'occurrence ces circuits courts ils se développent beaucoup. Et quand je vous dis 22% de la vente en ligne c'est AMAZON, ça sous-entend que beaucoup sont pratiqués par circuits courts. A nous consommateurs, déjà à nous gouvernement de dire qu'il y a des alternatives, et faisons confiance aux consommateurs, c'est à nous de leur dire où, quoi et comment ils peuvent aussi trouver des alternatives. Aujourd'hui les circuits courts, et j'ai découvert beaucoup d'entreprises et d'acteurs de l'ESS qui avait tiré aussi avec agilité des avantages, des opportunités pendant cette crise, aujourd'hui il y a des acteurs qui pallient très bien à ce que fait à AMAZON ou d'autres plateformes qui ne sont pas françaises.

PATRICK ROGER
Bon, un dernier mot Olivia GREGOIRE. Il y eu un peu de confusion quand même de la part du gouvernement sur les grandes surfaces, on ne sait plus qu'est ce qui est essentiel, pas essentiel.

OLIVIA GREGOIRE
Alors, ce qui est essentiel c'est de vivre et d'éviter un certain nombre de morts, bon pardon pour ce mot un peu tristoune à 07h56, mais il faut quand même toujours rappeler les objectifs. Que ce soit facile, ce n'est pas mon genre de mentir, non ce n'est pas facile. Que ce soit facile de faire le tri entre des biens dits essentiels et biens dits non essentiels, c'est compliqué. L'essentiel c'est subjectif on pourrait dire. Bon, ce qu'il y a de sûr c'est qu'aujourd'hui il y a 3 choses qui sont essentielles : pouvoir se nourrir, pouvoir se laver, pouvoir se soigner. C'est à l'aune de ce triptyque qu'un certain nombre de décisions vont être prises, annoncées par décret aujourd'hui. Je ne dis pas que c'est facile, je dis que le boulot qu'on a aujourd'hui c'est de casser cette épidémie, c'est de limiter sa propagation. Je préfère qu'on soit raides aujourd'hui et qu'on réouvre avec un peu d'espoir d'ici la fin de l'année, que de ne pas avoir le courage de prendre les mesures aujourd'hui et d'enclencher un cycle infernal à la fin de l'année où de toute façon il aurait certainement fallu confiner. La décision est dure, elle est aussi courageuse, si on n'a pas de courage, il faut faire autre chose que de la politique.

PATRICK ROGER
Merci Olivia GREGOIRE, secrétaire d'Etat chargée de l'Economie sociale, solidaire et responsable, qui était l'invitée ce matin de Sud Radio.

OLIVIA GREGOIRE
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 4 novembre 2020