Interview de Mme Amélie de Montchalin, ministre de la transformation et de la fonction publiques, à Sud Radio le 12 novembre 2020, sur la Fonction publique face à l'épidémie de Covid-19.

Prononcé le

Intervenant(s) :

Texte intégral

CECILE DE MENIBUS
C'est le petit-déjeuner ce matin d'Amélie de MONTCHALIN, Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques.

PATRICK ROGER
Oui. Bonjour Amélie de MONTCHALIN.

AMELIE DE MONTCHALIN
Bonjour.

PATRICK ROGER
On va parler des services publics dans un instant, sur ce qui reste ouvert ou fonctionne justement en télétravail, mais un mot sur les petits commerces et les établissements scolaires. D'abord êtes-vous favorable à un assouplissement dans les petits commerces ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Vous savez, moi je suis favorable à ce qu'on réussisse collectivement à vaincre ce virus. Et on sait que pour ça, ça demande effectivement à beaucoup de Français, à beaucoup de petits commerçants, à beaucoup d'acteurs des efforts, des sacrifices, des choses que, je crois, on voit bien que c'est difficile. Maintenant ce que je vois aussi vis-à-vis des petits commerçants, c'est qu'il y a des gens qui les exploitent politiquement. Qui utilisent cette situation qui n'est bien sûr pas ce qu'on a envie de faire quand on est, vous voyez, ministre, membre du gouvernement, on est en train de mettre beaucoup de mettre beaucoup d'aide sur la table. Mais je suis extrêmement choquée que nos oppositions, alors qu'elles ne proposent rien avant mais commentent beaucoup après, utilisent leur situation pour aller faire du poujadisme, pour aller faire de la récupération, et en fait pour mettre en risque notre efficacité collective du confinement. Si vous laissez croire aux Français en créant du désordre que la bonne chose à faire c'est aujourd'hui sortir et faire comme si de rien n'était, eh bien on met en risque l'efficacité du confinement donc bien sûr qu'on va parler et qu'on va continuer à soutenir les petits commerçants qui sont fermés. On continue ce matin en Conseil de défense bien sûr d'avoir des échanges sur le sujet. Le Premier ministre a une conférence de presse ce soir.

PATRICK ROGER
Ce soir, oui.

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais ne laissons pas croire aux Français qu'au fond ce qu'on voudrait faire c'est vivre comme si de rien n'était et que ça allait se passer mieux par miracle.

PATRICK ROGER
Ce n'est pas forcément, pardon, mais ce que demandent d'ailleurs tous les petits commerçants. Ils demandent, puisqu'ils se sont adaptés pour certains…

AMELIE DE MONTCHALIN
Je ne vous parle pas des petits commerçants, je parle des gens qui les récupèrent politiquement.

PATRICK ROGER
Des gens qui les récupèrent.

AMELIE DE MONTCHALIN
Les petits commerçants, ils ont été reçus fédération par fédération au ministère de l'Economie par Bruno LE MAIRE et Olivier VERAN dans beaucoup de cas. Il y a eu des échanges très précis. On voit bien qu'on essaie de construire des scénarios, de donner au maximum de visibilité.

PATRICK ROGER
Donc l'opposition doit se taire alors ; c'est ce que vous dites, Amélie de MONTCHALIN.

AMELIE DE MONTCHALIN
Non. Vous savez, moi je fais de la politique mais je ne fais pas de la politique politicienne. Je ne crée pas le désordre et la zizanie pour exister.

PATRICK ROGER
Vous croyez qu'ils créent le désordre en fait dans l'opposition.

AMELIE DE MONTCHALIN
Je pense qu'aujourd'hui la responsabilité collective, c'est d'avoir bien sûr des débats mais ce n'est pas de faire croire aux Français que tout ce que le gouvernement décide est par définition contre eux. Il est contre le virus, il ne faut pas qu'on se trompe d'ennemi, il ne faut pas qu'on se trompe d'adversaire. Ce qu'on doit vaincre, c'est le virus et ce qu'on doit maintenir uni, c'est notre pays, c'est notre cohésion nationale. C'est d'ailleurs pour ça que les services publics sont essentiels dans la période. On a besoin de faire nation, de faire bloc.

PATRICK ROGER
Ils sont là aussi pour alerter parfois. Il y a eu, on l'a vu, il y a eu quand même… Ça a été chaotique à un certain moment donné, la gestion.

AMELIE DE MONTCHALIN
Je n'ai aucun problème avec le débat. Je n'ai aucun problème à ce qu'on fasse des propositions. Je n'ai aucun problème à ce que dans ces moments, chacun prenne ses responsabilités. Mais ce n'est pas responsable, je vous dis, par poujadisme de se lever à l'Assemblée et de considérer que c'est très simple et qu'on n'a rien compris.

PATRICK ROGER
Alors sur le Conseil de défense, est-ce que ce n'est pas justement trop fermé, trop secret, trop opaque ? C'est ce que disent certains. Vous venez de l'évoquer.

AMELIE DE MONTCHALIN
C'est une réunion où il y a bien sûr le président, le Premier ministre, des ministres, des experts, des experts sanitaires. C'est une réunion qui prépare ensuite des décisions qui sont bien sûr partagées. Vous savez, on est dans un travail extrêmement collectif avec les élus locaux, avec les entreprises, avec les organisations syndicales. Aujourd'hui moi je rencontre les employeurs territoriaux. Je rencontre évidemment les organisations syndicales toutes les semaines. On n'est pas en train de gérer cette crise, vous voyez, dans un bunker. On voit bien ce qui se passe dans le pays. On crée le plus de concertation, le plus d'échanges possibles. Et puis à un moment effectivement, on doit prendre des décisions parce que nous sommes des responsables, on est aux responsabilités. On doit permettre à notre pays, à notre nation de continuer de vivre, de continuer de faire le maximum de ce qui est possible mais on doit surtout vaincre le virus. Quand on 500 morts ou plus par jour…

PATRICK ROGER
300 et quelque hier.

AMELIE DE MONTCHALIN
Quand un décès sur quatre dans cette période dans notre pays est lié au coronavirus, quand chacun de nous dans sa famille ou dans ses proches a connu quelqu'un qui soit a eu ma cette maladie, voire parfois en est décédé, notre responsabilité c'est bien sûr de protéger notre vie collective, notre économie, le fait que nos enfants aillent à l'école mais c'est aussi d'abord de vaincre ce qui aujourd'hui nous met en danger.

PATRICK ROGER
Oui. L'école d'un mot, peut-être qu'on pourrait essayer d'organiser les choses différemment. La classe alternée par exemple dans les collèges et les lycées.

AMELIE DE MONTCHALIN
Dans chacune des écoles, les choses sont déjà organisées très différemment.

PATRICK ROGER
Pas partout. Non, non, ce n'est pas vrai. Ne dites pas ça, ne dites pas ça.

AMELIE DE MONTCHALIN
Je viens d'entendre sur votre antenne une enseignante.

PATRICK ROGER
Ça, c'était en primaire, c'est ce qu'elle disait.

AMELIE DE MONTCHALIN
Ce qu'on voit, c'est qu'il y a beaucoup d'adaptation là aussi, beaucoup d'engagement. Evidemment on prend des mesures proportionnées, on suit la situation, et si les choses doivent évoluer elles évolueront. D'ailleurs vous avez vu qu'on a pris déjà un certain nombre de mesures sous l'autorité du Premier ministre, du président de la République et de Jean-Michel BLANQUER. Là aussi c'est en discussion. Quand les annonces doivent être faites, elles seront faites. Mais vous voyez, qu'est-ce qui est en jeu ? C'est que notre République tienne, c'est que ce virus ne fasse pas tomber notre République. Les services publics, font l'école et tous les autres, qu'est-ce que c'est…

PATRICK ROGER
Venons-en justement aux services publics. Alors comment se fait la répartition entre présentiel et télétravail aujourd'hui dans les services publics ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Le premier objectif pour que cette décision soit prise, d'abord c'est ce que nous devons aux Français dans la période. Les Français font des sacrifices, les entreprises font des sacrifices : en contrepartie, l'Etat doit être exemplaire. Il doit servir plus, il doit servir mieux les Français et nous devons à tout prix éviter que certains services publics comme au premier confinement ferment. Mon engagement avec, vous voyez, les employeurs publics, avec les organisations syndicales, c'est de dire : nous devons absolument continuer à servir les Français. En le faisant dans le respect, bien sûr, des gestes barrières pour les usagers et pour les agents, et en déployant au maximum le télétravail dès que c'est télétravaillable.

PATRICK ROGER
Alors justement, est-ce que vous avez des chiffres en fait sur le télétravail dans la Fonction publique et la délégation de service public bien sûr ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Aujourd'hui, 40% des agents de l'Etat hors Education nationale télétravaillent. C'est 12 points de plus que la semaine dernière. On voit chaque semaine que c'est en forte augmentation. Après, je vais vous dire, ça ne pourra jamais être 100%. Parce que si on veut garder, comme je souhaite qu'on le garde absolument, les guichets de la CAF, les guichets de l'assurance vieillesse, les guichets de Pôle emploi, bien sûr nos écoles, bien sûr nos forces de l'ordre sur le terrain, évidemment qu'on ne peut pas avoir 100% de télétravail 5 jours sur 5.

PATRICK ROGER
Oui. D'autant qu'il faut des équipements pour ça et que, évidemment, ça passe aussi par des investissements.

AMELIE DE MONTCHALIN
Le télétravail, ce n'est pas juste d'avoir un ordinateur chez soi. C'est d'avoir un ordinateur, déjà en avoir un.

PATRICK ROGER
Oui, bien sûr.

AMELIE DE MONTCHALIN
On a équipé 125 000 agents en quelques mois depuis le confinement. Là on vient de recommander 50 000 nouveaux ordinateurs donc on est dans un déploiement d'équipement. Mais il y a derrière aussi les outils de travail. Est-ce que vous avez accès à ce qui fait que vous pouvez travailler comme au bureau ? Ça, c'est dans le plan de relance, 200 millions d'euros que nous investissons pour que les agents publics puissent travailler beaucoup plus facilement en mobilité, c'est-à-dire comme au bureau depuis chez eux.

PATRICK ROGER
Oui, oui, c'est ça. Les syndicats demandent quand même des éclaircissements sur plusieurs points. Est-ce que vous allez établir une charte justement sur le télétravail ? Visiblement, elle n'est pas encore visible pour l'instant.

AMELIE DE MONTCHALIN
Sur ce sujet, depuis le 1er septembre nous avons donné des instructions. On en a redonné avec le Premier ministre le 7 octobre puis à nouveau le 29 octobre. J'ai des échanges avec les syndicats toutes les semaines. Donc nous évoluons, nous évaluons, nous faisons avancer les choses. Mais la charte que moi je voudrais surtout qu'on ait ensemble et qui va se déployer dans les tout prochains jours, c'est la charte d'engagement de continuité pour les Français. Comment on maintient les guichets ouverts ; comment bien sûr on protège et les usagers et les agents ; comment aussi on respecte les délais et surtout comment de manière proactive, de manière volontariste on s'occupe des personnes les plus fragiles. Les chômeurs en fin de droits, les étudiants précaires, les retraités isolés. Comment on les appelle, comment de manière proactive on va vers eux. Vous savez, souvent on nous dit : l'administration, c'est un mammouth, rien ne change. Moi ce que je vois, c'est tout le contraire. Ce que je vois, c'est des agents publics extrêmement mobilisés, très innovants, qui s'adaptent, qui justement sont là pour aller chercher les plus fragiles et être dans cette notion de service de l'intérêt général qui fait…

PATRICK ROGER
Oui, parce qu'on dit quand même, Amélie de MONTCHALIN, que parfois il faut être derrière certains services pour qu'ils avancent. Est-ce que là les managers dans les services publics - parce qu'ils existent aussi évidemment, ces managers - est-ce qu'ils peuvent justement maîtriser un petit peu leurs équipes ? C'est l'une des difficultés qu'on avait vau au printemps.

AMELIE DE MONTCHALIN
C'est la clef parce que derrière c'est une question de culture, c'est une question de confiance, c'est évidemment un enjeu équipe par équipe. Moi je donne des instructions très claires : tout ce qui peut être télétravaillé est télétravaillé ; tout ce qui doit être maintenu pour que la continuité du service public soit là est maintenu. Après, vous voyez, depuis mon bureau je ne peux pas équipe par équipe prendre des décisions. La clé de ce que vous dites, c'est la culture de la prise d'initiative. De passer d'une administration qui contrôle à une administration qui soutient les Français. Et ça ce que je vois, c'est que dans beaucoup d'équipes, dans beaucoup de services - je pense à nouveau, je vous dis, à la CAF, à l'assurance vieillesse, bien sûr chez Pôle Emploi, mais aussi, vous voyez dans les CROUS - on a beaucoup d'inventivité.

PATRICK ROGER
On peut s'adapter et, par exemple, avoir de la souplesse dans les horaires alors à travers le télétravail, plutôt que ça ferme à 16 heures ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Bien sûr. On a de la souplesse dans les horaires. On a de la souplesse dans bien sûr aussi la méthode, la manière de contacter les Français. On fait des rendez-vous téléphoniques, on fait des choses en visioconférence. On fait des choses qui, il y a encore quelques mois, vous m'auriez dit : c'est sympathique mais ce n'est pas du tout la réalité. Aujourd'hui c'est la réalité et moi je veux qu'on garde aussi les bonnes choses.

PATRICK ROGER
Le télétravail doit devenir une norme alors ? C'est ça ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Ce n'est pas une norme. Ce qui doit devenir une norme, c'est la confiance…

PATRICK ROGER
Dans la Fonction publique.

AMELIE DE MONTCHALIN
Dans les équipes pour qu'après le coronavirus, on puisse continuer à s'organiser de manière plus souple. Maintenant ce qui est la norme, c'est qu'aujourd'hui – et moi je suis très ferme là-dessus - tout ce qui peut être télétravaillé parce qu'on est équipé, parce qu'on a les outils, parce qu'on s'est organisé pour qu'on continue d'apporter aux Français ce service, tout ce qui peut être elle travaillé doit été travaillé 5 jours sur 5. Vous voyez, on a les mêmes instructions pour tous les employeurs du pays. C'est la responsabilité des employeurs qui est en jeu. Ils doivent protéger leurs agents mais ils doivent aussi s'assurer qu'ils s'organisent vu le contexte sanitaire.

PATRICK ROGER
Vous aviez annoncé en septembre la création et la nomination de sous-préfets à la relance. Est-ce que ça a, du coup, pris du retard un petit peu avec la deuxième vague ou pas ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Ça n'a pas pris aucun retard. On a, avec Gérald DARMANIN, ouvert les candidatures. On a reçu plus de 200 candidatures. Il y a 30 postes qui vont être très rapidement pourvus, dans quelques jours on aura d'ailleurs les premiers. Et ce qui est important, c'est que dans chaque département vous aurez pour les élus, pour les entreprises, pour les PME, une personne dont la mission est d'être votre guichet unique d'information, de soutien pour que ça avance. Vous savez ce plan de relance, ce n'est pas 100 milliards annoncés un jour à Bercy et puis c'est fait. Ce qu'on voit bien maintenant, c'est ce dernier kilomètre. Comment dans chacun des territoires ça avance. Moi j'installe, vous voyez, dans chaque département des comités de suivi. Autour de la table, vous avez tous les élus. Vous avez bien sûr les équipes des préfectures - les sous-préfets, les sous-préfets à la relance - et puis vous avez les entreprises, vous avez des artisans. Bref, vous avez tout ce qui fait qu'un territoire peut bénéficier de ce plan de relance pour évoluer, pour être plus fort, pour créer plus d'emplois, pour réussir sa transition et c'est sur le terrain. Quand on dit avec le Premier ministre qu'on veut réarmer les territoires, ce qu'on veut c'est renvoyer au bon niveau des personnes qui peuvent prendre des décisions de terrain.

PATRICK ROGER
Oui. Amélie de MONTCHALIN, ce qui veut dire que l'une des promesses d'Emmanuel MACRON qui était de supprimer 120 000 postes dans la Fonction publique, tout ça a été revu déjà et là aujourd'hui on en est où précisément ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Aujourd'hui, vous voyez, pour l'année 2021 on a un principe très simple : même nombre total d'agents de l'Etat mais beaucoup de réorganisation interne pour qu'on mette les compétences, les hommes et les femmes…

PATRICK ROGER
Pas de réduction ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais c'est beaucoup de réorganisation interne. C'est beaucoup de gens qui ne sont plus à Paris et qui vont dans les territoires. C'est aussi, on voit, plus de policiers, plus de personnes pour la Justice, plus d'enseignants. Et ça veut dire qu'on contrepartie, il y a des ministères où on continue de se réorganiser.

PATRICK ROGER
Oui. Cécile de MENIBUS, question de Cécile.

CECILE DE MENIBUS
Oui. Début octobre, Emmanuel MACRON avait annoncé vouloir inscrire la neutralité religieuse au sein des entreprises du service public dans son futur projet de loi. Est-ce que ça concerne aussi la RATP et ADP par exemple ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Alors la neutralité et la laïcité sont des principes essentiels du service public. Si dans notre pays des personnes sont tenues à être dans cette neutralité et la laïcité, c'est les agents publics. Et effectivement, les agents publics y a ceux que l'Etat embauche lui-même et puis il y a tout ce qu'on appelle les délégataires de service public, c'est-à-dire qu'ils assurent un service public et donc on va effectivement s'assurer qu'eux aussi respectent pleinement cette neutralité, cette laïcité. Là aussi, vous voyez…

CECILE DE MENIBUS
Ça veut dire qu'il va y avoir des contrôles, beaucoup de contrôles ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais il va y avoir des contrôles, il va y avoir bien sûr du suivi et il va y avoir surtout… L'idée républicaine, ce n'est pas une idée, ça s'incarne. Si au coeur de notre République il y a cette valeur de laïcité, eh bien ceux qui font vivre au quotidien la République que sont les agents publics, que sont ceux à qui on confie une mission de service public, eh bien ils doivent respecter pleinement ces principes. Et donc effectivement, ça veut dire qu'aujourd'hui on ne pourra plus sous prétexte de dire : mon employeur est telle ou telle régie…

PATRICK ROGER
Ce sera dans la loi donc, dans la future loi alors.

AMELIE DE MONTCHALIN
Considérer qu'on prend de la distance avec ces principes. Ce sera dans la loi. Moi je me bats aussi aujourd'hui, et vraiment je profite d'ailleurs d'en parler, pour que les agents publics soient toujours protégés quand, parce qu'ils respectent ces principes de neutralité ou de laïcité, ils peuvent être menacés, ils peuvent être fragilisés.

PATRICK ROGER
Mais bien sûr.

AMELIE DE MONTCHALIN
Cette protection, on leur doit cette protection de manière proactive là aussi. Ce n'est pas aux agents de finir dans ce qu'on appelle le "pas de vague", arrêter même de signaler des moments où parce qu'ils font bien leur métier ils sont menacés, parce qu'ils savent qu'après il ne se passe rien. On a totalement inversé la démarche avec Gérald DARMANIN, Eric DUPOND-MORETTI et Marlène SCHIAPPA. Aujourd'hui on a posé très clairement le cadre. C'est aux administrations de manière proactive d'aller signaler les faits au procureur, d'aller signaler des menaces qui seraient en ligne à la plateforme PHAROS, d'aller alerter les forces de l'ordre.

CECILE DE MENIBUS
Et ceux qui ne respectent pas, il se passera quoi ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Il se passe qu'il y a des sanctions. C'est la responsabilité de l'employeur là aussi. Quand vous êtes responsable d'une équipe, responsable d'agents publics, vous leur devez protection quand ils font parfaitement leur métier, quand ils respectent parfaitement les principes qui sont le socle de notre République. Et donc tout ça, on va aussi renforcer ce qui doit être par la loi s'il y a besoin sur l'échelle des peines, sur les délits que ça peut aussi entraîner. Mais la première étape, c'est que les hiérarchies, les administrations soient pleinement engagées dans cette protection proactive de ceux et celles qui font vivre notre République, et qu'aujourd'hui d'ailleurs on remercie parce qu'ils aident notre pays à tenir et ils aident notre pays à faire nation et a ne pas être vaincu par le virus.

PATRICK ROGER
Oui. Amélie de MONTCHALIN une question en fait aussi sur l'actualité. Que vous inspire la rétractation des accusations de TAKIEDDINE à l'encontre de Nicolas SARKOZY ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Ça m'inspire que c'est une affaire judiciaire sur lequel il faut qu'on fasse toute la lumière, mais par les voies de la justice et pas sur les plateaux de radio.

PATRICK ROGER
Fragilité des témoignages peut-être aussi ? Il y a la fragilité des témoignages ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais moi, vous savez, je suis membre du pouvoir exécutif. S'il y a une règle à respecter, c'est qu'on ne se mêle pas des affaires judiciaires. Et je pense que la justice a bien du travail et ce n'est pas sur les plateaux de radio qu'on le fera.

PATRICK ROGER
Merci Amélie de MONTCHALIN.

PATRICK ROGER
Merci. Amélie de MONTCHALIN, Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, était l'invitée de Sud Radio ce matin.

AMELIE DE MONTCHALIN
Je vous remercie.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 novembre 2020