Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de l'industrie, à CNews le 6 novembre 2020, sur l'économie confrontée à l'épidémie de Covid-19.

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Texte intégral

ROMAIN DESARBRES
Laurence FERRARI reçoit ce matin Agnès PANNIER-RUNACHER, Ministre déléguée à l'Industrie et c'est tout de suite.

LAURENCE FERRARI
Bonjour Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Bonjour Laurence FERRARI.

LAURENCE FERRARI
Bienvenue dans la Matinale de CNews. Hier le ministre de la Santé a prévenu les Français que la deuxième vague du virus – d'ailleurs il parle de deuxième vague et non pas de seconde vague – serait pire que la première tout en comprenant leur lassitude et leur amertume - Dieu sait qu'elles sont grandes - car nous sommes dans le flou le plus total. Il n'y a aucune perspective pour les semaines à venir et encore moins pour les mois à venir. Aucune idée de la façon dans laquelle nous allons passer les fêtes de Noël. Alors pour nous les particuliers, c'est compliqué. Pour les entreprises que vous représentez et les commerces, c'est catastrophique. Pourquoi est-ce qu'il n'y a aucune stratégie planifiée sur plusieurs mois dans notre pays ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
En fait cette stratégie, elle existe. Vous avez un plan d'urgence qui ne cesse de s'adapter à l'évolution du virus, que nous avons fait aujourd'hui encore plus puissant sur ce mois de novembre précisément pour améliorer notre accompagnement des commerçants et des artisans. Nous allons dépenser quinze milliards d'euros pour les soutenir. C'est exactement la somme que nous avons dépensée depuis le début de l'année pour les soutenir. Ça veut dire que nous mettons le paquet pour sauver les commerçants, pour sauver les artisans. Parce que Bruno LE MAIRE, parce qu'Alain GRISET, parce que moi-même nous ne pouvons accepter que les commerçants mettent la clef sous la porte. Ça c'est la première chose. Et vous avez le plan de relance, parce que pendant les travaux la vente continue.

LAURENCE FERRARI
Il existe encore ? Il continue le plan de relance ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Le plan de relance, il existe plus que jamais. Moi j'ai un dispositif numérisation qui a ouvert la semaine dernière. Le dispositif décarbonation ouvre la semaine prochaine. Les entreprises se bousculent pour profiter de ce plan de relance parce que l'industrie, elle continue à travailler. Les sociétés industrielles aujourd'hui, elles sont au travail, elles sont en production au travail, dans les bureaux d'études au travail, et elles doivent aller chercher des contrats. C'est les locomotives de notre économie, il faut les soutenir et nous les accompagnons.

LAURENCE FERRARI
Elles ne sont pas l'arrêt, on va y revenir dans un instant. Mais juste sur ce manque de visibilité encore une fois : les commerçants, c'est bien, vous les aidez. 15 milliards d'euros sur la table, c'est bien. Mais là leur dire : allez, dans trois semaines vous pourrez rouvrir, dans quatre semaines on allège telle ou telle mesure. Pourquoi il n'y a pas ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Parce que nous nous adaptons aussi à la réalité de la circulation du virus, Laurence FERRARI. C'est comme si vous disiez : dans une semaine je vous prévois qu'il y aura du soleil et dans trois semaines, il y aura de la pluie. La réalité, c'est que le virus s'impose naturellement…

LAURENCE FERRARI
C'est une est une science un tout petit peu plus exacte quand même que la météo.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Et qu'en plus il dépend de nos comportements. Plus nous respecterons les gestes barrières, plus nous serons responsables collectivement, moins le virus circulera. C'est ça la direction que nous prenons.

LAURENCE FERRARI
Et ce n'est pas une stratégie en zigzag du gouvernement.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais regardez ce qui se passe à l'extérieur. Regardez la façon dont les Britanniques viennent de reconfiner. Nous sommes tous en train d'adapter au plus près de la circulation du virus notre stratégie de réponse, précisément pour faire en sorte que les gens puissent travailler au maximum, puissent avoir les activités au maximum et lorsque la menace est là, il faut resserrer.

LAURENCE FERRARI
Alors un petit mot des petits commerces qui sont très en colère. Ils manifestent dans plusieurs villes. On va juste écouter le témoignage d'une commerçante à Bayonne et je vous passe la parole ensuite.

CATHY GUEGUEN, GERANTE D'UNE BOUTIQUE DE COSMETIQUES A ANGLET
Noël, je vous dis, c'est la saison la plus forte en ce qui me concerne mais en ce qui concerne la plupart des gens d'ici. Le prêt-à-porter, la déco, moi c'est de la cosmétique. C'est le moment le plus fort. Déjà novembre, on commence à entrer dans Noël et décembre, on est plein pot. Si on nous ferme, on nous tue. On va faire quoi ? 10 % de notre chiffre normal, 20 maximum ? Pas plus. Ils sont en train de nous sacrifier, ils nous clouent au pilori. C'est vraiment ça et on n'a pas envie de se laisser faire, on n'a pas envie de se laisser mourir comme ça sans rien dire. Ce n'est pas possible.

LAURENCE FERRARI
Qu'est-ce que vous répondez au désespoir des petits commerçants ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je réponds qu'au ministère de l'Economie, lorsque vous fermez les commerçants, c'est la pire décision que vous pouvez prendre en termes de ce que nous faisons tous les jours sur le terrain pour accompagner les entreprises. C'est une décision que nous prenons en responsabilité. C'est une décision que nous prenons dans un contexte sanitaire où l'on sait que si on laisse continuer ce virus de circuler, c'est des centaines de milliers de morts. C'est des conséquences sur…

LAURENCE FERRARI
D'accord. Mais il ne circule pas dans les grandes enseignes donc le virus.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais dans les grandes enseignes, elles sont ouvertes pour permettre aux Français d'aller manger, de se nourrir.

LAURENCE FERRARI
Les petits commerces aussi.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Les petits commerces alimentaires sont ouverts, Laurence FERRARI. Je pense qu'il faut aussi redire quelle est la logique. Les commerces qui permettent aux Français sur ces quelques semaines de continuer à vivre normalement sont ouverts. Les commerces dont on peut se passer une semaine, deux semaines sont fermés. Ils peuvent continuer à travailler. Est-ce que vous savez que trois commerces sur quatre aujourd'hui continuent à travailler, ceux qui sont fermés. Ce n'était pas le cas au premier confinement parce que ces commerces ils ont compris qu'ils pouvaient…

LAURENCE FERRARI
Grâce au click and commerce. Heu, click and collect.

AGNÈS PANNIER-RUNACHER
Alors c'est le click and collect ou c'est tout simplement une commande par téléphone. Là aussi, le numérique ne va pas être la réponse à tout. Mais en tout état de cause, vous pouvez relancer vos clientèles, vous pouvez proposer d'aller chercher le paquet chez vous. Ça ne va pas à répondre à tout, on en est conscient, ça va peut-être représenter 20% de chiffre d'affaires en plus. Mais à un moment où l'Etat paye les salariés, les charges sociales, une partie du loyer et que vous pouvez bénéficier jusqu'à dix mille euros sur un mois de soutien, qui gagne dix mille euros aujourd'hui Laurence FERRARI ?

LAURENCE FERRARI
D'accord. Mais les charges fiscales en revanche, elles restent maintenues. Certains demandent qu'on les exonère de charges fiscales.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Les charges fiscales, elles peuvent être 1/ repoussées, 2/ ponctuellement dégrevées, c'est-à-dire qu'on peut obtenir de ne pas les payer. Ça dépend de votre situation de trésorerie et ça c'est du cas par cas. Donc oui, il est également possible de les repousser.

LAURENCE FERRARI
Sur le prêt garanti par l'Etat, le fameux PGE, dans quelle mesure il est encore attribué aujourd'hui ? Et est-ce que les petites entreprises qui sont vraiment sous l'eau auront à le rembourser réellement ou pas ? Elles demandent parfois à ne pas pouvoir le rembourser ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors première chose, le prêt garanti par l'Etat déjà nous avons repoussé le bénéfice de ce prêt de six mois. Bruno LE MAIRE a obtenu ça de la part des banques. Deuxième chose, il a obtenu que l'on puisse au cas par cas obtenir de ne pas le rembourser la première année et de commencer à rembourser la deuxième année.

LAURENCE FERRARI
Ça, c'est du report.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais ce qui est essentiel. Parce que si vous avez une année d'exercice normal, vous allez pouvoir commencer à le rembourser. La troisième chose, et je le dis à tous les commerçants, à tous les artisans, à tous les indépendants qui sont aujourd'hui en situation de trésorerie difficile, nous avons en France des dispositions pour les entreprises en difficulté qui sont extrêmement puissantes. Il ne faut pas hésiter à aller voir le tribunal de commerce. On peut obtenir lorsqu'on va voir le tribunal de commerce, on se met en conciliation, c'est confidentiel. On demande un mandataire ad hoc, c'est confidentiel et vous pouvez obtenir des moratoires, vous pouvez obtenir le fait que vos créanciers renoncent à une partie de leurs créances, que votre banquier renonce à vous demander de rembourser une partie de votre créance pour que vous puissiez rebondir. 90% des entreprises qui rentrent dans ces dispositifs à la fin peuvent rebondir et c'est tout l'enjeu de notre politique. Pourquoi nous protégeons comme ça les compétences ? Pourquoi nous protégeons les salariés ? Parce que quand l'économie va repartir, nous serons les premiers à récupérer cette croissance. Pourquoi on fait 18% de croissance au troisième trimestre ?

LAURENCE FERRARI
Nous, les Français, nous serons les premiers à la récupérer ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Nous, les Français…

LAURENCE FERRARI
Plus que les autres ? Pourquoi ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais regardez le troisième trimestre, la croissance au troisième trimestre. Plus 18% en France. Parce que nous avons protégé les compétences, parce que les salariés sont au travail et peuvent rebondir lorsqu'il y aura des contrats, de l'activité. Ça fait toute la différence. Aux Etats-Unis, il y a eu trente millions de chômeurs en plus. Trente millions. Est-ce qu'on se figure ce chiffre en France ? Nous sommes le pays qui accompagnons de la manière la plus profonde les salariés et les entreprises.

LAURENCE FERRARI
Le commerce a néanmoins perdu vingt-deux mille salariés au premier trimestre en raison du Covid. Ça, c'est des emplois perdus encore une fois.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui, mais combien les commerçants emploient de personnes ? Plusieurs millions.

LAURENCE FERRARI
D'accord. Et eux, ils ont des dispositifs de chômage partiel qui fonctionnent toujours.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Qui fonctionnent toujours, tout à fait. Avec une prise en charge jusqu'à 100% pour les commerces fermés aujourd'hui.

LAURENCE FERRARI
Qu'en est-il de la protection des salariés dans les entreprises ? Est-ce que vous êtes sûre qu'elle est assurée ? Est-ce que le port du masque est bien imposé ? Est-ce que le masque est fourni par les entreprises ? Comment est-ce que vous vérifiez ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors je ne connais pas une entreprise qui ne soit pas extrêmement soucieuse des conditions sanitaires dans lesquelles travaillent ses salariés pour une raison toute simple. C'est que si le virus circule dans l'entreprise, ils ne peuvent pas continuer à travailler, donc c'est très basique. Les entreprises, elles nous demandent au contraire de pouvoir encore améliorer leur protocole sanitaire et les organisations syndicales. Je réunissais hier les organisations syndicales du Conseil national de l'industrie. Il y avait Philippe MARTINEZ, il y avait Philippe PORTIER, toutes les organisations syndicales étaient représentées avec Philippe VARIN et le patron de l'UIMM. Ils souhaitent effectivement qu'on applique le télétravail de la manière la plus stricte possible, mais sur les activités qui peuvent être télétravaillées. En bureau d'études, en production on ne peut pas télétravailler. Et ils reconnaissent qu'en production aujourd'hui, les conditions sanitaires sont réunies. Qu'en bureau d'études aujourd'hui, les conditions sanitaires sont réunies. Et qu'un des enjeux, c'est de donner l'accès aux entreprises aux tests antigéniques pour continuer à filtrer et à aider la détection des cas asymptomatiques puisque c'est ceux-là qui posent problème. Les cas symptomatiques naturellement restent à la maison. Les cas asymptomatiques, ils peuvent être porteurs du virus et contaminants.

LAURENCE FERRARI
Vous êtes favorable à des sanctions pour les entreprises qui n'appliquent pas bien le télétravail ? Des sanctions financières ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais aujourd'hui, nous avons l'inspection du travail qui va dans les entreprises, mais elles y vont dans un souci de pédagogie, d'accompagnement. Ce n'est pas tout blanc tout noir, le télétravail. Il faut comprendre. Vous avez des salariés qui ont peur d'être en télétravail, qui ne veulent pas rester à la maison.

LAURENCE FERRARI
La peur de l'isolement.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Vous avez des risques psychosociaux associés au télétravail.

LAURENCE FERRARI
Donc pas de sanctions pour les entreprises qui ne font pas le maximum.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Donc l'enjeu, c'est le dialogue social sur le terrain. L'inspection du travail, elle veille au respect des consignes mais également du dialogue social dans l'entreprise. C'est ça qui est essentiel. Et nous réagissons, et Elisabeth BORNE réagit immédiatement, à chaque fois qu'il y a, je dirais, des signalements. Bien entendu nous avons des signalements, et nous allons dans l'entreprise vérifier que ça se passe bien, vérifier que le fil du dialogue n'est pas coupé.

LAURENCE FERRARI
Est-ce que vous savez le nombre de contaminations en entreprise aujourd'hui dans notre pays ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Aujourd'hui, on a une notion sur le nombre de clusters. Ce qu'on sait, c'est que beaucoup de contaminations sont importées dans l'entreprise et vous avez assez peu…

LAURENCE FERRARI
Du milieu familial. Importées du milieu familial vers l'entreprise ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Importées de l'extérieur. On n'a pas forcément la raison du pourquoi de l'importation.

LAURENCE FERRARI
Un numéro vert a été mis en place pour les entreprises en difficulté. Combien ont appelé ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Trois mille cinq cents entreprises ont appelé à date. Ce numéro vert vient d'ouvrir. Il permet, et je le redis, il permet aux artisans, aux commerçants, aux indépendants essentiellement qui aujourd'hui sont confrontés à une fermeture de savoir très exactement quels sont leurs droits et où obtenir les financements pour les accompagner.

LAURENCE FERRARI
Est-ce qu'il y a un risque de pénurie aujourd'hui dans notre pays ? Est-ce que certaines entreprises n'arrivent plus à fournir ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
J'ai réuni hier avec Julien DENORMANDIE et Alain GRISET l'ensemble de la filière agroalimentaire. Il n'y a pas de risque de pénurie dans notre pays. C'est très clair. Vous avez des questions de logistique qui sont complexes, vous avez des questions de circulation des produits qui sont un peu plus complexes, des coûts qui sont renforcés mais il y a très clairement pas de risque de pénurie de produits alimentaires dans notre pays.

LAURENCE FERRARI
Est-ce que les tests antigéniques sont fabriqués en France ? On nous les annonce, ils devraient être là dans les pharmacies. Est-ce qu'il y a qui sont fabriqués en France et combien ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
D'abord il y a des tests antigéniques dans les pharmacies. Ensuite il y a quatre laboratoires aujourd'hui qui fabriquent des tests antigéniques dont deux nous disent être capacitaires, c'est-à-dire avoir aujourd'hui une capacité de production qui est supérieure à leurs carnets de commandes. Et nous sommes prêts avec la Direction générale des entreprises à les accompagner si leurs carnets de commandes commencent à déborder, de façon à accélérer la production.

LAURENCE FERRARI
La filière automobile, comment se porte-t-elle ? Est-ce que ça s'effondre ou est-ce que les ventes de voitures se maintiennent ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
En réalité la filière automobile en France se porte mieux que dans les autres pays. Parce que le plan d'action que nous avons mis en oeuvre avec Bruno LE MAIRE, avec le président de la République, ce plan de soutien de début juin a porté ses fruits. Deux éléments. D'abord la décarbonation est en marche. On a multiplié par quatre les immatriculations de véhicules électriques et de véhicules hybrides. Donc ça, ça fonctionne. Et ensuite, les chiffres de ventes de voitures sont relativement étals, ça veut dire qu'on est en train de rattraper. Qu'on a amorti une crise qui aurait pu être massive et concerner plus de cent mille emplois en France. Ensuite, la sous-traitance souffre, on ne va pas se mentir. Parce que vous avez un effet de contamination et nous sommes extrêmement vigilants. Nous réunissons aujourd'hui l'ensemble de la filière de l'automobile et nous avons une réunion spéciale avec les concessionnaires pour faire en sorte qu'ils continuent à travailler.

LAURENCE FERRARI
Avec de nouvelles mesures de soutien annoncées ou pas ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Un truc tout simple. Un concessionnaire qui ferme, vous ne pouvez pas aller chercher votre voiture, ça veut dire que le producteur arrête de produire et toute la filière est contaminée jusqu'aux hauts fourneaux de Fos et de Dunkerque. Il n'est pas question de fermer les hauts fourneaux de Fos et de Dunkerque parce que les concessionnaires ne peuvent pas rendre les clefs des voitures. Donc oui, nous allons continuer à regarder notamment sur l'impact, sur un certain nombre de critères puisque cette stratégie d'électrification, de décarbonation fonctionne et elle fonctionne au service de notre économie, au service des emplois de l'automobile.

LAURENCE FERRARI
Un mot d'autres entreprises, les entreprises de l'Education nationale c'est-à-dire les établissements scolaires. Il y a un mouvement de grève annoncé pour le mardi 10 novembre afin d'améliorer les normes sanitaires dans les lycées. Encore une fois, comment est-ce que c'est possible qu'il n'y ait pas de normes suffisantes dans les établissements scolaires alors qu'elles sont mises en place dans les entreprises ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je crois que Jean-Michel BLANQUER a répondu à cette question. La première chose, c'est que le virus circule très peu en élémentaire et dans le secondaire. C'est un constat factuel. Donc on constate… Moi j'ai un enfant en primaire, un enfant en secondaire, un enfant à l'université : le virus circule très peu en primaire et en secondaire.

LAURENCE FERRARI
OK.

AGNES PANNIER-RUNACHER
La deuxième chose, c'est que Jean-Michel BLANQUER a ouvert la possibilité de réduire le nombre de personnes en présentiel dans les lycées et d'avoir un enseignement hybridé en, je dirais, en visio ou autre et sur le site. Parce que du côté des adolescents, on se rapproche des contaminations des adultes. Mais on a une chance extraordinaire que le virus ne circule pas chez les enfants et on a une obligation…

LAURENCE FERRARI
Je ne peux pas vous laisser dire ça. Il circule chez les enfants. Tous les médecins nous le disent.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Il circule beaucoup moins chez les enfants.

LAURENCE FERRARI
Mais il circule.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Il circule beaucoup moins chez les enfants circule et que par ailleurs, c'est une priorité de maintenir l'enseignement pour les enfants. On a vu ce que faisait un arrêt de l'éducation où certains enfants sortaient du système scolaire.

LAURENCE FERRARI
Mais du coup, vous comprenez ce mouvement de grève ou pas ? Qu'est-ce que vous dites aux enseignants ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Moi j'ai entendu aujourd'hui les responsables du syndicat des directeurs de lycées considérer que la réponse qui était apportée par Jean-Michel BLANQUER était la bonne réponse, et que pour eux ils avaient eu satisfaction.

LAURENCE FERRARI
Donc vous n'êtes pas d'accord avec ce mouvement de grève pour être claire.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Moi je constate que les gens qui dirigent les établissements scolaires considèrent que la réponse est à la hauteur des enjeux.

LAURENCE FERRARI
Merci Agnès PANNIER-RUNACHER d'être venue ce matin dans La Matinale de Cnews.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 novembre 2020