Déclaration de M. Emmanuel Macron, président de la République, sur la construction européenne, à Bruxelles le 10 décembre 2020.

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Circonstance : Conseil européen

Texte intégral

Bonjour à toutes et à tous,


Nous allons donc nous retrouver à nouveau pour un Conseil européen qui est extrêmement sensible et important sur beaucoup de sujets.

Il sera d'abord l'occasion d'un hommage qui sera rendu au président Giscard d'Estaing et j'en remercie l'ensemble du Conseil parce que le legs du président Giscard d'Estaing est aussi un grand legs européen. Et j'ai eu l'occasion d'y revenir et donc nous aurons à l'occasion du conseil un hommage qui sera rendu au président Giscard d'Estaing.

Nous aurons ensuite une première coordination dans la lutte contre le virus. En effet, nous nous retrouvons alors même que cette deuxième vague se réaccélère dans beaucoup d'endroits en Europe, avec des situations très critiques à la veille des fêtes. Nous sommes tous en train de prendre les décisions requises pour protéger Noël et les fêtes de famille et pour éviter que l'épidémie ne reparte encore de plus belle. Et donc, cette coordination européenne sera l'objet des réunions d'aujourd'hui, coordination dans les mesures d'organisation, dans notre politique de tests, mais aussi coordination en matière de vaccins, comme nous le faisons depuis le premier jour, pour acquérir, produire et distribuer de manière ordonnée entre les pays européens.

Nous aurons ensuite une discussion sur les sujets budgétaires. Vous le savez, il y a eu un blocage très important sur l'Etat de droit et un compromis est en train d'être trouvé. Je souhaite que nous puissions finaliser ce compromis dans les heures qui viennent et permettre, à la fois au budget des prochaines années, comme au plan de relance européen que nous avons tous ensemble acté en juillet dernier et qui vient d'être finalisé, de voir ces premiers paiements advenir dans les prochaines semaines grâce au compromis que nous pourrions ainsi trouver cet après-midi.

Nous aurons ensuite cet après-midi une discussion importante sur le climat. Deux jours avant les 5 ans de l'accord de Paris, il nous faudra rehausser nos engagements à horizon 2030, c'est ce qui est attendu de l'Europe. Nous partageons cet objectif de 55% de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il y a encore là aussi beaucoup de discussions à finaliser. Je souhaite que cet après-midi, nous puissions avoir une position européenne claire, tranchée, qui nous permette de rehausser ces engagements et d'être à la hauteur de ce que nous devons faire pour justement, à la fois pour les générations actuelles et futures, réduire ces émissions de gaz à effet de serre.

Nous aurons ensuite une discussion également extrêmement sensible sur notre voisinage et en particulier la relation avec la Turquie. Sur ce sujet, la France continuera de défendre une position claire. Nous devons être cohérents avec les décisions prises au mois d'octobre dernier et les jalons que nous avions posés, les exigences à l'égard de la Turquie et en tirer toutes les conséquences. Et nous devons défendre la souveraineté des Etats de l'Union européenne et la stabilité, en particulier en Méditerranée orientale, mais dans l'ensemble de la région, c'est-à-dire, Méditerranée orientale, Afrique du Nord, Moyen-Orient, Proche-Orient.

Nous aurons également des discussions sur la relation transatlantique et sur notre politique de voisinage qui se tiendra lors de ce Conseil européen. Ce Conseil nous permettra aussi de revenir sur la lutte contre le terrorisme. Vous le savez, la France avait pris, avec l'Autriche et plusieurs autres Etats membres, une initiative suite à ce que nous avons encore subi ces dernières semaines. Beaucoup de ces propositions ont été retenues. Nous avons un texte fort qui marque à la fois notre volonté de parachever beaucoup de mesures lancées il y a maintenant cinq ans, à la fois dans nos textes et dans les textes européens, et donc une mise en oeuvre effective, pleine et entière, afin de mieux coordonner et renforcer aussi notre dispositif commun pour lutter contre le terrorisme et tout ce qui conduit au terrorisme.

Cette ambition européenne, elle sera évidemment renforcée par les textes que la Commission aura à prendre la semaine prochaine. Tout le travail de régulation des services numériques, de la lutte contre la haine en ligne, tout le travail qui se parachève aussi au Parlement. Et elle est très cohérente avec ce que le gouvernement français a soumis hier à la table du Conseil des ministres pour lutter contre les extrémismes et l'islamisme radical.

Nous aurons enfin un sommet zone euro. Je m'en félicite. Il est important que nous ayons de manière régulière un point sur l'évolution de la zone euro pour nous donner des échéances dans les mois à venir et, évidemment, consolider les acquis des dernières semaines. Mais nous devons aller beaucoup plus loin en zone euro, nous le savons, parachever l'union bancaire et l'union des marchés de capitaux, mais également préparer la zone euro à l'après crise Covid, préparer la zone euro à un monde qui sera profondément recomposé où, on le sait, les équilibres budgétaires sont très différents. Il nous faudra vivre avec un monde où nous aurons injecté beaucoup plus de liquidités et où il faudra penser une relance encore plus forte à travers nos politiques budgétaires et monétaires.

Voilà les quelques mots que je voulais vous dire avant ce Conseil européen. Merci beaucoup.