Extraits de l'interview de M. Marc Fesneau, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne et vice-président du Mouvement Démocrate, dans "Le Point" du 5 décembre 2020, sur l'héritage de Valéry Giscard d'Estaing.

Intervenant(s) :

  • Marc Fesneau - Ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne

Circonstance : Décès de Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la République, à Authon (Loir et Cher) le 2 décembre 2020

Prononcé le

Texte intégral

"Jamais autant de réformes ont été conduites au cours d'un quinquennat. 
Des réformes que beaucoup appelaient de leurs vœux mais que personne 
n'avait osé engager."

Le Point - (5 décembre 2020)

(Extraits)
Le Point : On dit d'Emmanuel Macron qu'il est l'héritier de Valéry Giscard d'Estaing. N'est-ce pas exagéré ?

Marc Fesneau : Emmanuel Macron et Valéry Giscard d'Estaing partagent sans doute le fait d'avoir tous deux été élus présidents de la République jeunes avec une volonté réformatrice et émancipatrice. Et dans chacune de leur élection, ils ont en commun d'avoir souhaité dépasser les clivages, les fameux "deux Français sur trois" et "en même temps", sans s'être adossés à une formation politique. Mais au-delà de la rupture avec l'immobilisme, comparaison n'est pas raison. Les temps ne sont pas semblables, les années 1970 ne ressemblent pas à 2020 et les défis ne sont pas les mêmes.

Le Point : Alors, quelle place pour François Bayrou dans l'héritage giscardien ?

Il a la place de celui qui, héritier de ce courant de pensée, l'a fait vivre, l'a incarné et en a assuré l'indépendance et l'existence.

Le Point : Couacs en série, cafouillis et début de fronde parlementaire, les crises s'enchaînent depuis le début du quinquennat. La hollandisation est-elle en marche ?

Je vous mets au défi de trouver un quinquennat qui, en trois ans et demi, a fait face à autant de crises. Les Gilets jaunes, les grèves contre la réforme des retraites, la pandémie de Covid 19, le terrorisme et les crises internationales… Nous ne sommes pas épargnés. Jamais autant de réformes ont été conduites au cours d'un quinquennat, des réformes que beaucoup appelaient de leurs voeux mais que personne n'avait osé engager. Il n'est donc pas illogique, qu'au milieu de toutes ces turbulences, des difficultés émergent. Comme toujours, il y a des soubresauts dans la vie politique, je ne vous dirai pas le contraire, mais nous n'assistons pas à une fronde parlementaire comme a pu en connaître le quinquennat précédent. Dans des eaux tempétueuses, la majorité – pour des gens qui, pour la plupart, au départ, n'avaient pas une grande expérience du Parlement – tient solidement. Imaginez la crise des Gilets jaunes avec un des autres candidats de l'élection présidentielle de 2017. Je ne suis pas sûr qu'autant seraient allés sur les ronds-points pour discuter. Les députés de la majorité vont au charbon avec courage et sincérité, c'est ce qui les a probablement renforcés. Vous savez, comme je suis de l'ancien monde, je n'ai aucun mal à défendre celui qu'on appelle le nouveau ! (rires).


Source https://www.mouvementdemocrate.fr, le 11 décembre 2020