Interview de Mme Geneviève Darrieussecq, ministre chargée de la mémoire et des anciens combattants, à France Bleu Poitou le 15 janvier 2021, sur l'intervention militaire française au Sahel et le Centre des archives de l'armement et du personnel civil.

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EMMANUEL ROUSSEAU
Nouvelle visite ministérielle aujourd'hui dans la Vienne avec la venue de Geneviève DARRIEUSSECQ, la Ministre déléguée auprès de la ministre des Armées en charge des Anciens combattants. Elle sera à Châtellerault ce matin et à Poitiers cet après-midi, à Poitiers où elle doit rencontrer les six cents soldats du RICM qui se préparent à partir au Mali. Elle répond à vos questions, Baudouin CALENGE.

BAUDOUIN CALENGE
Bonjour Madame la ministre.

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Bonjour.

BAUDOUIN CALENGE
Dans quelques semaines, six cents femmes et hommes du RICM de Poitiers partiront au Mali pour lutter, on le sait, contre les groupes jihadistes. Depuis le début de l'année, la France paye un lourd tribut au Sahel : cinq morts, une dizaine de blessés. Quel discours allez-vous porter auprès des militaires et de leurs familles aujourd'hui ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Ecoutez, très simplement d'abord je vais saluer leur engagement et leur apporter bien sûr tout mon soutien. Au Mali, c'est un combat difficile, c'est un combat de longue haleine, c'est un combat atypique mais c'est un combat important pour nos démocraties. Je les sais parfaitement engagé et je vais pouvoir échanger avec eux dans leur prochaine mission.

BAUDOUIN CALENGE
Depuis le début de l'engagement de la France au Sahel en 2013, on a dénombré et déploré cinquante soldats tués au combat, cinq en l'espace de dix jours. Jusqu'où on est prêt à payer le prix de notre engagement ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
D'abord je voudrais avoir une pensée pour tous ces soldats. C'est un engagement vraiment important des hommes et des femmes qui composent nos armées. Le combat au Sahel est un combat, je l'ai dit, complexe. C'est un combat qui dure sur le temps et qui nécessite cet engagement. Alors je ne peux pas vous dire combien de temps les choses vont durer. Ce que je peux vous dire très simplement, c'est que pour l'instant nos missions ne sont pas terminées et que nous avons encore une stabilisation à pouvoir obtenir sur le terrain et, bien entendu, en relation complète avec les armées africaines afin qu'elles puissent progressivement prendre le relais et assurer leur propre protection. Il y a eu l'an dernier une conférence à Pau avec les différents chefs d'Etat africains. Il y aura prochainement un nouvel épisode au Tchad afin de reformer les contours de la poursuite des engagements de la France et c'est ça qui est important. C'est-à-dire qu'il faut avoir sur le temps de la cohérence et il faut savoir où l'on va. Je crois que le président de la République sait où il veut aller. Il veut que les forces africaines puissent assurer leurs responsabilités sur le terrain et prendre en charge leur sécurité. Et donc, bien entendu, cela ne passe pas que par cette guerre et l'opération Barkhane, l'opération Barkhane aussi. C'est du développement local, c'est accompagner la reprise des activités, la reprise de l'école. C'est accompagner la santé sur les territoires et donc nous avons une action qui n'est pas qu'une action de lutte contre le terrorisme.

EMMANUEL MOREAU
Il est 08h20 sur France Bleu Poitou. Notre invitée ce matin est Geneviève DARRIEUSSECQ, la Ministre déléguée auprès de la ministre des Armées en charge des Anciens combattants.

BAUDOUIN CALENGE
Madame la ministre, vous allez débuter votre visite par Châtellerault où se tient le Centre des archives de l'armement et du personnel civil. Avec quels projets en tête ?

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Eh bien il y a deux raisons. D'abord, vous savez, notre ministère est composé de militaires, deux cent mille à peu près, et de plus de soixante mille civils de la Défense. Donc ce sont des civils qui travaillent au sein de nos armées. Dans nos armées, il y a aussi un service d'archives qui s'appelle le Service historique de la Défense, qui est un service est très important puisque c'est le service d'archives le plus important de France. Et à Châtellerault, il y a une emprise qui est essentielle, qui comporte cent quarante-cinq kilomètres d'archives et je viens d'abord saluer le travail, puisque j'ai en charge toute cette partie dans mes missions. Je viens saluer le travail des personnels qui sont dans ces bâtiments et qui assurent ce service d'archives essentiel, et je viens annoncer également, je viens dire me rendre compte du projet que nous portons qui est un investissement de soixante kilomètres linéaires d'archives supplémentaires sur ce site de Châtellerault qui représentera seize millions d'euros d'investissements dans un bâtiment neuf, ce qui permettra de conserver dans de très bonnes conditions les archives. Et donc c'est un investissement qui va démarrer en 2021 et qui sera terminé pour un service attendu à fin 2023. Donc voilà, je viens faire l'état des lieux si j'ose dire et bien sûr annoncer au personnel cette évolution bâtimentaire et, bien entendu, qui sera une amélioration considérable pour eux dans leur vie dans leurs conditions de travail.

BAUDOUIN CALENGE
Qui consolide du même coup ce service là où il est.

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Qui consolide ce service à Châtellerault bien sûr, qui est essentiel comme je vous le disais et qui va permettre tout simplement de pouvoir archiver davantage à Châtellerault. Donc ce site de Châtellerault bien sûr est consolidé et non seulement est consolidé et va prendre de l'ampleur.

BAUDOUIN CALENGE
Merci beaucoup, Madame la ministre, d'avoir accepté notre invitation et je vous souhaite une belle journée en Poitou.

GENEVIEVE DARRIEUSSECQ
Merci beaucoup. Bonne journée. Au revoir.

BAUDOUIN CALENGE
Au revoir.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 janvier 2021