Entretien de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec Europe 1 le 3 février 2021, sur l'emprisonnement des opposants en Russie, l'Union européenne confrontée à l'épidémie de Covid-19 et la situation politique en Birmanie.

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Prononcé le

Texte intégral

Q - Bienvenue à vous, et bonjour, Jean-Yves Le Drian.

R - Bonjour.

Q - En Russie, hier, plus de mille arrestations, lors de rassemblements en soutien à l'opposant Alexeï Navalny qui a été condamné à de la prison ferme. Paris et d'autres capitales exigent sa libération ; le Kremlin dénonce cette ingérence. Et maintenant, que faire ?

R - Il y a une situation en Russie qui est très grave. Il y a une dérive autoritaire manifeste avec, en particulier, ces arrestations arbitraires, ces arrestations collectives, ces arrestations préventives, par rapport au cas de M. Navalny. Mais il est intéressant de savoir quelle est la réalité de la situation pour M. Navalny. M. Navalny a été jugé en 2014, condamné à de la prison avec sursis. Puis il a été empoisonné, par un produit chimique russe, sur le territoire russe. Et nous avons demandé à de nombreuses reprises à la Russie de faire la transparence sur cet empoisonnement, cette tentative d'assassinat en réalité. Et puis, voilà, que retournant en Russie, il est maintenant condamné à trois ans de prison, je crois, uniquement pour ne pas avoir respecté le contrôle judiciaire qui était lié à sa prison avec sursis. Nous sommes dans Kafka. Et on comprend qu'il y ait, de la part de la population russe, ces manifestations, ces demandes d'explication.

Donc, nous disons très clairement que le début de l'action pour la Russie de notre part, c'est que l'on constate la libération de M. Navalny, qu'il y ait la transparence autour de cette tentative d'assassinat, et que l'Etat de droit revienne. D'autant plus que la Russie est membre de la Cour européenne des droits de l'Homme, qui a jugé que le procès qui a été fait à M. Navalny n'était pas équitable. Or, cette cour, la Russie en fait partie. Donc, elle est en contradiction avec ses engagements.

Q - Mais Monsieur le Ministre, au-delà...

R - Donc, cette clarification s'impose. Alors, au-delà de cela...

Q - Mais au-delà du concert de condamnations, très honnêtement, qu'est-ce qui pourrait faire plier le maître du Kremlin ?

R - Nous avons déjà, au niveau européen, pris des sanctions, après la tentative d'assassinat.

Q - Avec quels effets ?

R - Avec des effets sur les personnes concernées.

Q - Mais quels effets sur le maître du Kremlin ?

R - Cela veut dire qu'elles ne peuvent pas se déplacer, qu'il y a un gel des avoirs. Et nous avons demandé à M. Borrell, qui est le Haut représentant de l'Union européenne, en gros, le ministre des affaires étrangères européen, si je peux simplifier un peu les choses, de se rendre à Moscou pour avoir un message d'exigence à l'égard des autorités russes. Il va se rendre en Russie dans quelques jours, et à son retour, les Européens envisageront les conséquences qu'il faudra tirer des résultats de cette visite.

Q - Monsieur Le Drian, je vous pose à nouveau la question...

R - Donc, il y a une question de fermeté...

Q - Oui, mais la fermeté, est-ce qu'elle paie aujourd'hui ? Nous avons Vladimir Poutine qui est maître en son territoire, et il n'écoute pas vos condamnations...

R - Oui, mais c'est une question intérieure à la Russie, nous constatons que la population russe, aujourd'hui, par les manifestations importantes qui se déroulent en plein hiver exprime son mécontentement. Donc, c'est au président Poutine de prendre les initiatives nécessaires. Mais en même temps, nous voulons garder un lien de dialogue avec la Russie qui soit ferme, mais qui soit réel, parce que la Russie est notre voisin. Donc, on a intérêt à avoir avec la Russie une relation de confiance et de sécurité, mais il faut dire aujourd'hui que le président Poutine ne met pas, ne pose pas les actes nécessaires pour cela.

Q - Mais jusqu'où allez-vous aller, Monsieur le Ministre ? Est-ce que la France fait pression, est-ce qu'elle fait pression pour l'abandon du projet de gazoduc Nord Stream 2 qui doit relier la Russie à l'Allemagne ?

R - Il ne faut pas confondre les sujets. Nous avons, avec les Allemands, une discussion sur Nord Stream, mais qui concerne essentiellement les enjeux de souveraineté énergétique européenne. Nous avons une discussion qui est une discussion sereine, loyale et franche, et la France n'a pas changé d'avis sur ce sujet.

Q - Monsieur Le Drian, il y a un instant, vous me dites qu'il y a une dérive autoritaire en Russie, et là, vous nous dites qu'il y a une discussion sereine sur ce projet ?

R - Avec les Allemands.

Q - Et vous ne faites pas pression sur les Allemands pour qu'ils abandonnent ce projet ?

R - C'est de la responsabilité des Allemands. Moi, je ne vais pas m'immiscer dans les choix énergétiques allemands. Simplement, nous interrogeons les Allemands sur la sécurité énergétique de l'Europe. Tout simplement.

Q - Pourtant, il y a quelques jours...

R - Et il faut que par ailleurs, à l'égard de la Russie, l'Europe ait en permanence une position à la fois ferme et à la fois de discussion pour faire bouger les lignes. Et on fait bouger les lignes en ayant une position ferme et unie des Européens, c'est ce que nous recherchons.

Q - Donc, vous confirmez, ce matin, qu'il n'y pas de pression sur ce projet de gazoduc, contrairement...

R - C'est de la responsabilité des Allemands. Nous avons des discussions sur ce sujet avec eux, mais concernant la souveraineté énergétique de l'Europe et ces discussions, la France n'a pas changé de posture là-dessus.

Q - Contrairement à ce qu'a dit il y a quelques jours le secrétaire d'Etat en charge de l'Europe, qui a affirmé qu'il y avait des doutes sur ce projet.

R - Nous avons toujours la même position.

Q - Angela Merkel, en tous les cas, pragmatique, a confirmé il y a quelques jours la poursuite de ces travaux. Donc, pas de retour sur sa décision, quant à elle, en tous les cas ?

R - C'est de la responsabilité de l'Allemagne de faire les choix et de prendre les décisions nécessaires sur un projet qu'ils ont monté.

Q - La Russie, je le disais, est dans l'actualité, Monsieur Le Drian, puisque la Russie de Poutine fait aussi parler d'elle mais pour son vaccin, Spoutnik. Emmanuel Macron s'est dit favorable à son arrivée en Europe après l'aval, évidemment, de l'agence européenne du médicament. Il n'y a rien qui s'oppose à son arrivée, aucune contingence géopolitique, non plus ?

R - Non. Vous savez, les vaccins n'ont pas de nationalité. L'important, c'est d'avoir un médicament qui marche. Si Spoutnik est validé, homologué par l'agence européenne du médicament, et en France par la haute autorité de santé, il n'y a aucun blocage pour qu'il soit diffusé, s'il correspond aux normes scientifiques et aux exigences de robustesse et de contrôle qui s'imposent en Europe, que l'Europe met en oeuvre. Parce qu'il faut assurer la sécurité de la production et de la diffusion des vaccins.

Q - Vraiment, les vaccins n'ont pas nationalité ? Monsieur le Ministre, des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, la France est désormais la seule à ne pas avoir fabriqué un vaccin anti-Covid. N'est-ce pas le signe d'un déclassement français ?

R - Je pense qu'il ne faut pas caricaturer les choses. Sanofi fait partie des laboratoires qui sont retenus pour fournir aux Européens les doses de vaccin nécessaires.

Q - Quand ? Après la bataille ?

R - Ils ont échoué, mais vous savez, nous ne sommes pas sortis de la longue épopée qui est devant nous pour que l'ensemble de l'humanité soit vaccinée ! Parce qu'on ne va pas se limiter à l'Europe. Et donc, je pense que Sanofi doit poursuivre ses études. Et puis, à un moment donné, ils produiront un vaccin de qualité. Il y avait, au point de départ, la volonté européenne de diversifier ses portefeuilles de laboratoire : faire en sorte qu'il y ait un nombre suffisant, avec des technologies suffisantes. Sanofi a pris une technologie qui apparemment n'a pas marché, on peut imaginer qu'ils sont toujours en train de travailler et je suis sûr qu'ils aboutiront à quelque chose. Moi je ne jette pas l'opprobre.

Q - Oui, mais quelle leçon tirer de cela ? Monsieur le Ministre, est-ce qu'il n'est pas temps de se rendre à l'évidence : la précaution, la bureaucratie ont tué la prise de risque et l'innovation dans notre pays. Est-ce que notre modèle est caduc ?

R - Je trouve qu'il y a eu sur la question des vaccins une initiative européenne exceptionnelle, c'est de dire : on fait tout ça ensemble pour éviter de se battre entre nous.

Q - Pour quel résultat ?

R - Et on se sécurise pour assurer deux milliards trois cents millions de doses qui vont permettre, grâce à différents laboratoires et différentes technologies, de vacciner l'ensemble des Européens.

Q - Avec des retards, des bugs...

R - Oui, mais écoutez : il y a six mois, il n'y avait pas de vaccin. Et il y a moins d'un an, on me disait à moi, ministre des affaires étrangères, ce sera peut-être dans quatre ans, dans cinq ans, etc... Aujourd'hui, il y a des vaccins, plusieurs vaccins, plusieurs technologies.

Q - Mais pas français !

R - Mais j'espère bientôt français !

Q - Mais quels seront les pays qui vont s'imposer après le Covid si ce n'est les pays qui ont un vaccin ?

R - Mais à partir de là, on est dans une logique de production. La production, c'est long. Mais oui, il vaut mieux avoir une production d'un vaccin qui existe, alors qu'il y a six mois, il n'y en avait pas. Et donc, cette logique-là, il faut la poursuivre, y compris en France, et vous le savez, Sanofi produira aussi des vaccins pour Pfizer. Nous sommes dans une accélération de la production qui permettra, je l'espère, de sortir de cette impasse.

Q - Mais en attendant, c'est un soft power redoutable, je le répète, au sein de ce Conseil de sécurité de l'ONU. Nous n'avons pas de vaccin, Monsieur le Ministre, il ne s'agit pas de nous mettre de la cendre sur la tête, mais de constater.

R - Nous avons d'autres compétences et je ne suis pas dans la logique du déclinisme fondamental. Nous sommes présents au Conseil de sécurité, nous prenons des initiatives y compris sur les vaccins pour faire en sorte que la dimension internationale de la production de vaccins et de la diffusion de vaccins puisse avoir lieu. Et dans ce domaine-là, la France est à l'avant-garde. Donc, je ne réduis pas le poids de la France à un échec, à un moment donné, d'un laboratoire qui je l'espère permettra d'avoir des succès bientôt.

Q - Nouveau conseil de défense ce matin autour de la situation sanitaire, conseil bien sûr auquel vous participerez, comme d'habitude, Monsieur Le Drian, après cet entretien. Est-ce que la doctrine du "tout sauf reconfinement" tient la corde ?

R - Moi, je ne fais jamais de commentaire avant les conseils de défense. Les conseils de défense se réunissent toutes les semaines, sous l'autorité du Président de la République, avec le Premier ministre et les ministres directement concernés, et les experts les plus compétents sur les sujets de la diffusion de la pandémie. Il y a un point de la situation et aujourd'hui...

Q - Oui, mais il y a une ligne maintenant qui est assumée, et un pari du président.

R - J'espère que nous pourrons poursuivre. C'est vrai qu'il faut essayer d'éviter le confinement, par différents moyens, y compris ceux qui ont été mis en oeuvre, la semaine dernière. Et à chaque conseil de défense, on fait le point. On travaille en temps réel, parce que le [virus] ne nous dit pas ce qu'il va faire. Donc, à chaque conseil de défense, on apprécie la situation, chacun donne son avis, et à ce moment-là le Président tranche. Et le fait savoir au conseil des ministres qui suit. C'est la raison pour laquelle le conseil restreint est toujours avant le conseil des ministres. Je suis assez surpris, d'ailleurs, de voir que certains pensent que ce conseil de défense est une espèce de cabinet noir. Pas du tout, c'est un lieu de décision.

Q - En tout cas, il y a un manque de transparence.

R - Qu'est-ce qu'on dirait si...

Q - Il y a un manque de transparence sur le processus de décisions, au cours de ce conseil de défense

R - Pas du tout ! Je trouve cela ahurissant que l'on dise ça. On travaille en temps réel. On s'adapte à la situation. Toutes les semaines, il faut faire un point. C'est la responsabilité de l'exécutif de faire le point. Et de prendre les décisions. S'il ne faisait pas, il serait coupable. Il le fait, il s'adapte, en fonction de l'évolution du virus, parce qu'il y a des évolutions diverses, certaines inattendues. On n'attendait pas les variants, ils sont là, il faut s'adapter et éviter de prendre des mesures qui soient trop fermes pour pouvoir s'adapter en permanence.

C'est la raison pour laquelle le Président de la République a souhaité que l'on puisse éviter le confinement. Il faut prendre la dimension sanitaire, la dimension psychologique, la dimension économique. A chaque fois, ce sont des arbitrages. Il faut bien qu'il y ait un lieu.

Q - Oui, mais des arbitrages et une ligne, apparemment, c'est la ligne pragmatique qui l'a emporté.

R - C'est la ligne pragmatique.

Q - Bon, c'est peut-être la vôtre aussi ?

R - Absolument.

Q - Eh bien, voilà.

R - Il faut faire en sorte que le pragmatisme soit au rendez-vous et ne pas se cantonner dans des positions un peu trop dogmatiques, pour faire en sorte que l'on mène le combat contre le virus dans les meilleures conditions.

Q - Justement, pour tenter d'éviter ce reconfinement, de nombreuses mesures sont en vigueur, comme la maîtrise des frontières. Pourquoi avoir tardé avant de changer de doctrine et certains, même, disent d'idéologie, à ce sujet ?

R - Je suis un peu surpris d'entendre ces propos, parce que, comme vous le savez, les frontières hors Europe, hors espace européen, sont fermées depuis le 20 mars de l'année dernière. C'est-à-dire qu'aujourd'hui un Argentin ne peut pas venir en Europe, comme cela, faire ses courses ou autres. Elles étaient et sont fermées, sauf pour les Français et les résidents européens. Autrement, c'était fermé. Je crois que l'on ne le dit pas assez.

Q - Ce qui a changé, c'est votre croyance. Avant, les frontières n'avaient pas d'intérêt scientifique, aujourd'hui, cela en a.

R - Ce qui a changé, c'est que désormais, les Français et les résidents européens devront, s'ils veulent voyager, d'abord faire un test PCR au départ, puis une septaine, puis un test PCR après la septaine, et surtout présenter les raisons de leur déplacement, et seuls des motifs impérieux seront retenus, avec des vérifications aux embarquements divers qui peuvent se passer. C'est vrai pour les Français, c'est vrai aussi pour les résidents européens.

Q - D'accord, donc, pas de changement de doctrine ?

R - Si, les frontières sont fermées, c'est vrai pour le retour,

Q - La France s'est résolue à monter d'un cran.

R - Mais c'est vrai aussi pour aller, c'est-à-dire que les Français ne pourront pas partir à l'étranger, sauf motif impérieux, sanitaire ou familial, avec une liste extrêmement contrainte, pour éviter la diffusion du virus et c'est en ce sens que ces mesures ont été prises. Ça, c'est pour l'espace extra-européen. Et en ce qui concerne l'intra-européen, la nouveauté, c'est que désormais, on ne peut plus voyager, à l'intérieur de l'espace européen, sans avoir l'attestation d'un test négatif, pour que l'on soit plus sécurisé, à l'exception des frontaliers et des routiers. Ça aussi, c'est une nouveauté, c'est toujours le même sujet : éviter la diffusion. Mais le point fort de tout cela, c'est qu'il faut éviter, de toute façon, de voyager, parce que dans le contexte actuel, la sécurité pour tous, la responsabilité partagée, c'est d'éviter la diffusion du [virus], et donc, de ne plus voyager.

Q - Bien loin de nos frontières, Monsieur le Ministre des affaires étrangères, en Birmanie, c'est important, le putsch s'est matérialisé par l'arrestation d'Aung San Suu Kyi et d'autres responsables. Les ministres des affaires étrangères du G7 appellent à leur libération, à sa libération. Mais, là encore, comme pour la Russie, j'allais vous dire, quels moyens d'action ou de pression ?

R - Ce qu'il se passe en Birmanie est grave. Parce que l'arrestation de Mme Aung San Suu Kyi est le symbole de la transition démocratique en Birmanie, qui a une image forte, que j'ai pu rencontrer déjà à plusieurs reprises, et qui est une femme pour laquelle j'ai beaucoup de respect, qui a une volonté et une détermination très forte. Cette arrestation, ainsi que l'arrestation du président Win Myint, sont des actes inqualifiables, d'autant plus que les élections démocratiques venaient de se produire et qu'il faut respecter. Puisque le peuple birman s'est exprimé, il doit être entendu, et c'est la meilleure manière de régler la question de la crise des Rohingyas, c'est l'avancée démocratique en Birmanie qui permettra de régler ces difficultés.

Q - Question des Rohingyas, cette minorité musulmane sur laquelle Aung San Suu Kyi a quand même observé un silence bien étrange, bien coupable.

R - Oui, mais vous savez, la situation en Birmanie est compliquée, au niveau constitutionnel. Le rôle de l'armée est extrêmement fort et Mme Aung San Suu Kyi doit essayer de gérer l'ensemble de cette situation et de faire en sorte que l'avancée démocratique puisse avoir lieu malgré la force et la puissance de l'armée qui, aujourd'hui, vient de faire un coup d'Etat, tout simplement. Donc, à l'égard de cette junte militaire qui a pris le pouvoir, nous avons déjà pris des mesures de sanction contre plusieurs de ses responsables. Mais je pense que si la situation se poursuit, il faudra envisager au niveau européen, nous allons nous réunir, les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne, dans quelques jours, il faudra envisager des mesures supplémentaires, pour marquer, à la fois notre soutien au processus démocratique, mais aussi notre volonté de ne pas laisser ce pays dériver dans la dictature militaire.

Q - Donc, de nouvelles sanctions potentiellement envisagées au niveau de la Birmanie. Merci, Monsieur le Ministre, Jean-Yves Le Drian, d'avoir répondu à nos questions sur ces différents sujets. Au-delà de la crise sanitaire, on voit ce qui se passe dans le monde.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 9 février 2021