Interview de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation à RTL le 22 février 2021, sur l'islamo-gauchisme, la mise en place des tests salivaires dans les universités pour lutter contre l'épidémie du Covid-19 et la vaccination.

Texte intégral

BENJAMIN SPORTOUCH
Bonjour Frédérique VIDAL.

FREDERIQUE VIDAL
Bonjour.

BENJAMIN SPORTOUCH
Merci d'être avec nous ce matin sur RTL. Tout d'abord, c'est quoi l'islamo-gauchisme pour vous ?

FREDERIQUE VIDAL
Ecoutez, je me suis exprimée sur ce sujet longuement dans le JDD, voilà, la société est traversée par des radicalités, je crois que c'est important de le savoir, et c'est important que la recherche retrouve toute la place qui doit être la sienne. Moi je suis universitaire, je défendrai toujours la liberté de la recherche, toujours la liberté académique, et en ce moment toujours les étudiants, puisque c'est eux qui subissent le plus cette crise.

BENJAMIN SPORTOUCH
Mais alors, est-ce que ça gangrène l'université ou est-ce que c'est très minoritaire comme vous le dites vous-mêmes hier dans le JDD ? On ne comprend plus trop. Est-ce que ce n'était pas, est-ce que vos mots ont dépassé votre pensée ?

FREDERIQUE VIDAL
Non, je demande, comme j'en ai des de dizaines par an, à avoir un état des lieux de la recherche sur ces différentes radicalité dans les universités, et c'est ce que j'attends, et voilà, je crois que cette polémique pour 12 secondes, sur 22 minutes d'interview, dans lesquelles je parle pendant plus de 10 minutes des étudiants et plus de 10 minutes de la recherche, ça montre en fait la réalité de ce que je fais tous les jours, c'est-à-dire que je me consacre essentiellement en ce moment aux étudiants et au soutien de la recherche.

BENJAMIN SPORTOUCH
On va y venir, mais c'est important, parce qu'en même temps eh bien ça montre aussi une fracture au sein du gouvernement, vous êtes soutenue par Gérald DARMANIN, vous êtes soutenue par Jean-Michel BLANQUER, beaucoup moins par Gabriel ATTAL hier qui était au Grand Jury et qui parle lui de faits isolés extrêmement marginaux. Donc vous nous dites que vous allez demander cette enquête, ce bilan, alors ça sera pour quand ce bilan, est-ce que vous le rendrez public ?

FREDERIQUE VIDAL
Eh bien écoutez, les choses sont en train de s'organiser, et bien sûr il n'y a aucune raison de ne pas dire quel est l'état des lieux d'une recherche en France, état des lieux demandé par la ministre de la Recherche. Voilà. Il y a vraiment, c'est vraiment une polémique et je crois que c'est surtout ça qui a un peu agacé Gabriel ATTAL, il sait, il voit que chaque jour je travaille, et tout le gouvernement travaille sur la question des étudiants, et c'est là-dessus que nous continuons à travailler. Vendredi on était à Bordeaux avec le Premier ministre pour la question des stages, dans les semaines qui viennent c'est 900 000 stages qu'il va falloir trouver pour les étudiants. Donc voilà, c'est important…

BENJAMIN SPORTOUCH
Mais Frédérique VIDAL, c'est vous-même hier dans le JDD, j'allais dire, qui remettez une pièce dans cette polémique en revenant sur ce sur ce sujet, l'islamo-gauchisme, donc est-ce que ça existe vraiment ou est-ce que vous dites : je regrette un peu, je suis allée un peu trop loin, j'ai eu tort ?

FREDERIQUE VIDAL
Je dis que je veux un état des sur ces sujets, et voilà, et qu'il n'y a pas lieu de faire polémique, quand une ministre de la Recherche demande un état des lieux de la recherche sur un sujet.

BENJAMIN SPORTOUCH
Donc vous n'allez pas présenter votre démission comme le réclament 600 chercheurs et universitaires dans Le Monde, ils estiment que vous mélangez…

FREDERIQUE VIDAL
Si j'avais présenté ma démission chaque fois que j'ai ajouté 25 milliards d'euros pour financer la recherche, chaque fois que j'ai fait en sorte que les étudiants arrêtent d'être tirés au sort pour entrer à l'université, j'aurais démissionné une bonne dizaine de fois depuis mon entrée au gouvernement.

BENJAMIN SPORTOUCH
Mais alors, ça ce sera pour quand ce rapport ? Comme ça, à ce moment là, certainement que la polémique sera close, mais c'est pour quand ?

FREDERIQUE VIDAL
Eh bien écoutez, place au travail pour ce rapport, je ne peux pas vous donner ça à l'avance, je vais le demander dans les prochains jours.

BENJAMIN SPORTOUCH
Au CNRS ou à l'Inspection générale de l'enseignement supérieur ?

FREDERIQUE VIDAL
A l'Inspection générale, alors l'Inspection générale c'est vraiment…

BENJAMIN SPORTOUCH
Parce que le CNRS dit : on n'est pas forcément compétents, on est chercheur, on ne va pas enquêter sur nos collègues. Enfin, vous comprenez, c'est comme un ministre qui pourrait enquêter sur un autre ministre.

FREDERIQUE VIDAL
Ecoutez, le CNRS vient de me rendre une enquête sur la place des sciences humaines et sociales, la recherche en sciences humaines et sociales en période de Covid. Voilà. Le CNRS, l'INED, de m'a rendu un rapport au mois de novembre sur les violences sexistes et sexuelles au sein de l'enseignement supérieur. Comme je vous le dis, des enquêtes il y en a en permanence, ça s'appelle une enquête au sens sociologique du terme, un état des lieux. Et aujourd'hui, ce qui me préoccupe, plus que tout, et ce sur quoi je travaille plus que tout, c'est la question des étudiants.

BENJAMIN SPORTOUCH
Oui, mais vous comprenez aussi que Les Républicains qui demandent inlassablement une mission d'information sur ce sujet à l'Assemblée, c'est difficile de leur refuser désormais, vous êtes d'accord avec cela.

FREDERIQUE VIDAL
Ecoutez, une fois de plus la question n'est pas de mettre de la politique dans ce sujet, la question est de remettre de la rationalité. Personne ne sait de quoi on parle, donc je demande un état des lieux de la recherche sur ce sujet, et c'est tout, et une fois de plus croyez-moi, même si ça a occupé beaucoup de rédactions, beaucoup de journalistes, si ça a déchaîné beaucoup de violence, ça n'est vraiment ni ma priorité, ni celle du gouvernement.

BENJAMIN SPORTOUCH
Est-ce que vous présentez des excuses ce matin aux chercheurs qui se sont sentis blessés ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors, je l'ai dit, il n'y avait vraiment aucun souhait de ma part de blesser qui que ce soit, mais je crois qu'une fois de plus c'est le principe d'une polémique, c'est on prend 12 secondes d'interview, on prend un mot, et puis ensuite on…

BENJAMIN SPORTOUCH
C'est l'occasion ce matin, est-ce que vous leur dites : « Je suis désolée » ?

FREDERIQUE VIDAL
Oui oui, mais je l'ai dit hier dans le JDD.

BENJAMIN SPORTOUCH
Pas clairement. Est-ce que vous leur dites…

FREDERIQUE VIDAL
Absolument, ah si si, très clairement.

BENJAMIN SPORTOUCH
Ah si ? Donc vous le répétez ce matin, Frédérique VIDAL ?

FREDERIQUE VIDAL
Oui, bien sûr. Bien sûr. Mon objectif une fois de plus, en tant qu'universitaire, c'est toujours de préserver la qualité de la recherche, la possibilité de faire de la recherche comme on le souhaite, la liberté académique.

BENJAMIN SPORTOUCH
Vous êtes certaine d'avoir toujours aujourd'hui le soutien du président de la République pour continuer à exercer votre mission ?

FREDERIQUE VIDAL
Ecoutez, comme je vous le dis, l'objet majeur qui nous préoccupe et sur lequel on travaille journellement avec le Premier ministre, avec le président de la République, c'est comment est-ce qu'on fait pour sortir de cette crise, et comment est-ce qu'on fait pour que les étudiants puissent sortir de cette crise, en n'étant pas désespérés. Et je crois que c'est vraiment l'actualité, l'actualité de tous les jours depuis maintenant de nombreux mois.

BENJAMIN SPORTOUCH
Alors, justement, certains étudiants ont découvert votre nom, Frédérique VIDAL, à l'occasion de cette polémique, certains y ont d'ailleurs vu une manoeuvre de diversion par rapport à ce qui est la préoccupation du moment. Vous avez dit le malaise étudiant, malaise étudiant qui se traduit par une détresse psychologique notamment. Vous avez mis en place des chèques psy, depuis le 1er février dernier, chaque étudiant peut bénéficier d'un chèque. Combien ont été demandés, ont été distribués à ce jour ?

FREDERIQUE VIDAL
La première semaine ça a concerné 1 200 étudiants, 2 000 étudiants la semaine suivante et 2 000 étudiants la troisième semaine de février. C'est plus de 840 psychologues de ville qui se sont engagés à nos côtés. L'idée c'est vraiment d'être inscrit dans un parcours de soins, c'est un chèque virtuel, c'est la prise en charge, dans un parcours de soins, d'une détresse psychologique, et le premier travail c'est de faire en sorte que les étudiants expriment cette détresse. Chaque fois que je suis sur le terrain, auprès d'eux, et croyez-moi ils sont très nombreux à me connaître en réalité, ils me disent que la difficulté c'est de dire qu'on va mal quand on a 20 ans. Ce sont des jeunes qui sont extrêmement responsables, qui voient bien que nous devons affronter ensemble quelque chose de très difficile, qui n'osent pas se plaindre parce qu'ils se disent « il doit y avoir plus malheureux que moi, et des gens pour qui c'est plus compliqué ».

BENJAMIN SPORTOUCH
Ils sont, pour certains, déprimés, ils vivent une forme de dépression…

FREDERIQUE VIDAL
C'est pour ça que c'est un parcours de soins, parce que…

BENJAMIN SPORTOUCH
2 000 par semaine, vous dites, 2 000 demandes par semaine depuis le début du mois de février ?

FREDERIQUE VIDAL
C'est ça, et évidemment nous nous sommes mis en place…

BENJAMIN SPORTOUCH
D'accord, donc plus de 5 000 au total.

FREDERIQUE VIDAL
… pour pouvoir répondre à ces demandes. C'est très important parce qu'évidemment la reprise des cours a été un facteur essentiel pour retrouver le moral, si je puis dire.

BENJAMIN SPORTOUCH
Mais alors, cette reprise des cours justement, vous avez annoncé le retour en présentiel à raison d'une journée par semaine par étudiant, est-ce que c'est le cas dans toutes les facs aujourd'hui ? On dit que c'est plus compliqué à mettre en place sur le terrain.

FREDERIQUE VIDAL
Non, en réalité, moi les retours que j'ai de l'ensemble des établissements, c'est que tous les établissements sont en capacités de réaccueillir les étudiants en présentiel, plus de 75 % ont mis en place les nouveaux emplois du temps, il y en a qui sont en congés, donc vous savez que les calendriers universitaires sont glissants, donc tout le monde n'est pas dans le même état au même moment. Ce que l'on observe c'est que sur les étudiants c'est un peu plus de 90 % des étudiants à qui on a proposé ces nouveaux emplois du temps, il y en a 60 % qui reviennent, 40 % qui restent en distanciel. Pour plusieurs raisons, soit parce qu'ils ont peur de contaminer des gens autour d'eux, soit parce qu'ils ont trouvé un équilibre, soit parce qu'ils ont des problèmes de transport, et donc je travaille avec les régions, pour savoir si…

BENJAMIN SPORTOUCH
Parce que d'ici la fin du mois, vous voulez dire, en fait toutes les facs l'auront mis en place, le présentiel ?

FREDERIQUE VIDAL
Oui, absolument, absolument.

BENJAMIN SPORTOUCH
Ça c'est sûr.

FREDERIQUE VIDAL
Tout le monde aura repris et ce sera dans toutes les… alors, non seulement dans toutes les universités, mais j'y tiens aussi, dans toutes les disciplines, parce qu'on a des universités dans lesquelles la reprise peut se faire de manière différente en fonction des facultés.

BENJAMIN SPORTOUCH
Est-ce que vous allez mettre en place des tests salivaires ? Olivier VERAN les avait annoncés, est-ce qu'ils ont déjà été lancés dans les facultés ?

FREDERIQUE VIDAL
Alors, dans les facultés, en réalité on a tout un système de prise en charge, qui pour le moment fonctionne sur la base plutôt de PCR et de prélèvements, donc avec une chaîne qui permet d'avoir les résultats soit très rapidement, avec une technique un peu particulière qu'on appelle PCR LAMP. C'est des résultats en une heure.

BENJAMIN SPORTOUCH
Mais sur les tests, c'est Olivier VERAN qui avait annoncé ça aussi à l'université, est-ce que ce sera le cas dans les jours à venir ?

FREDERIQUE VIDAL
Ce sera ce sera déployé dès que ce sera disponible. La priorité est à l'école, parce qu'évidemment pour les enfants petits, c'est un peu compliqué de faire des prélèvements rhinopharyngés, plus que sur des jeunes adultes. Mais bien sûr, tout ce que nous espérons c'est d'avoir justement ce déploiement de tests salivaires et les plus simples possible, pour qu'on puisse même aller vers des autotests dès que ce sera disponible.

BENJAMIN SPORTOUCH
Frédérique VIDAL, quand viendra la vaccination massive, est-ce que vous personnellement vous souhaitez que les étudiants soient prioritaires, plutôt que les 30/40 ans par exemple ? Pour qu'ils puissent retourner sur les bancs de la fac ?

FREDERIQUE VIDAL
Eh bien là encore je crois que ça dépend de ce qu'on aura en termes de résultats de cette vaccination. Aujourd'hui on sait que la vaccination c'est une protection individuelle, ça évite que l'on tombe malade soi-même. On ne connaît pas encore l'impact de la vaccination sur la transmission d'un individu à l'autre. Et donc en fonction de cette réponse, il faudra qu'on regarde les choses.

BENJAMIN SPORTOUCH
Oui, mais est-ce que vous voulez que ce soit prioritaire ? Est-ce que vous dites : voilà, moi en tant que ministre, je m'engage ? C'est vrai que parfois on a, ils ne ressentent pas votre engagement, les étudiants, Frédérique VIDAL…

FREDERIQUE VIDAL
Non, ce n'est pas vrai.

BENJAMIN SPORTOUCH
Ils ne vous sentent pas à leurs côtés, ils ne sentent pas l'empathie.

FREDERIQUE VIDAL
Non, ce n'est pas vrai.

BENJAMIN SPORTOUCH
C'est ce qui remonte des messages qui nous sont envoyés.

FREDERIQUE VIDAL
Bien sûr. Bien sûr, mais j'entends bien ce qui remonte des messages, mais je vois aussi la réalité de terrain. Je suis entre une et deux fois par semaine sur le terrain, avec des étudiants, avec eux, je leur parle, et c'est comme ça d'ailleurs que j'identifie un à un les sujets, les problèmes sur lesquels il faut qu'on avance. Cette semaine, là, cet après-midi je vois les associations étudiantes, on va prendre en charge la question de la précarité menstruelle. C'est, selon une enquête de la FAGE, plus d'une étudiante sur trois, qui a des difficultés, eh bien moi je crois que c'est une question de dignité, et ça, c'est les remontées de terrain. C'est quant au bout d'une demi-heure, 3/4 d'heure, justement quand la confiance s'est installée, alors on me dit : oui mais vous savez madame, on a aussi un problème avec ça. Et c'est difficile d'en parler, il faut du temps et ça ne se fait pas devant des caméras de parler de ça.

BENJAMIN SPORTOUCH
Oui, mais ils ont un problème aussi de moyens financiers. Alors, ils se disent : pourquoi notre ministre elle ne se bat pour qu'on ait le RSA jeunes, au moins le temps de la crise ?

FREDERIQUE VIDAL
Eh bien là encore, ceux qui sont réellement sur le terrain, ont la réponse à cette question. Avoir doublé les aides, faire en sorte qu'aujourd'hui en un clic sur Internet on puisse obtenir immédiatement 500 €, le temps que le dossier soit examiné pour avoir jusqu'à 5 000 € par an d'aide ponctuelle individuelle, c'est exactement pour répondre à cette problématique, et ça fonctionne, et la seule chose que je tiens à dire à l'ensemble de vos auditeurs, c'est que ça concerne tous les étudiants, les boursiers, les non boursiers, les nationaux, les internationaux, tous les étudiants ont droit instantanément, si je puis dire, ou sous 48 heures, à une aide de 500 €, puis éventuellement on peut aller jusqu'à 5 000 € par an, c'est bien plus que le RSA en réalité.

BENJAMIN SPORTOUCH
Est-ce que, madame VIDAL, à cause cette année en pointillés douloureuse pour certains étudiants, certains demandent une validation automatique du premier semestre ou à défaut un contrôle continu à la place des examens, rapidement, est-ce que vous allez leur donner raison ?

FREDERIQUE VIDAL
Jamais une validation automatique, et je crois qu'ils le comprennent évidemment eux-mêmes, ça veut dire que cette année on n'a pas donné de diplôme, parce que donner un diplôme automatiquement ou ne pas en donner, c'est la même chose, et je crois que là encore…

BENJAMIN SPORTOUCH
Donc, pas de validation automatique, et pas de contrôle continu.

FREDERIQUE VIDAL
Bien sûr que non. Bien sûr que non, c'est… le contrôle continu oui, bien sûr, et ça c'est mis en place dans certains établissements, une validation automatique bien sûr que non.

BENJAMIN SPORTOUCH
On est d'accord. Mais cette polémique, vous le reconnaissez, elle a parasité votre message.

FREDERIQUE VIDAL
Je crois que c'est le rôle d'une polémique de parasiter les messages, et je regrette que ce ça ait été une polémique, parce que mon message il est, jour après jour, toujours pour les étudiants en cette période.

BENJAMIN SPORTOUCH
Merci Frédérique VIDAL, bonne journée à vous.

FREDERIQUE VIDAL
Merci à vous.

YVES CALVI
« La recherche est traversée par des radicalités, je demande un travail sur ces questions et un état des lieux », la ministre qui confirme que le rapport aura bien lieu, il faut de la rationalité dans tout cela, vient de nous dire Frédérique VIDAL. Merci infiniment. Sur le chèque étudiant, eh bien 5 200, si mes calculs sont bons, ont d'ores et déjà été demandés. L'intégralité de l'entretien est à retrouver sur le site RTL.fr.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 février 2021